Monsieur Décaillet,

Vous semblez pêcher par excès de bonne volonté. Votre détermination à confondre la presse libérale-progressiste (en particulier européenne et francophone) vous pousse à une défense en bonne et due forme du nouvellement installé Président Trump.

D’autres angles s’offrent à vous. Vous pourriez, par exemple, citer l’hypocrisie médiatique qui a consisté à favoriser l’ascension de ce trublion, pour ensuite pousser des cris d’orfraie quand celui-ci parvient sur le trône en bonne partie grâce à leur propre soutien. Vous pourriez aussi mentionner que l’histoire ne se répète pas, que M. Trump semble malléable et plus pragmatique qu’idéologue, que ces excès de parole ne sont souvent que de la rhétorique. À la place, vous affirmez bien clairement que tous les critiques de Trump qui se font entendre sous nos cieux constituent des « forces [] très précises », hystériques et inféodées « aux forces de l’Argent ».

Et vous reprochez à ces derniers de grossir le trait en ce qui concerne le nouveau président états-unien ?

Enfin, venons-en à un point précis. Vous vous en êtes pris – à raison – au manque de critique substantielle concernant Trump, dont on n’aurait mentionné que « la couleur de ses cheveux ». Pourquoi donc tomber dans la même ornière en ce qui concerne son prédécesseur ? On comprend le procédé stylistique qui vise à tourner en dérision l’adoration médiatique de Barack Obama, le gendre parfait qui nous a été servi ces huit dernières années. Mais votre propos donne l’impression hélas de verser là dans une certaine condescendance.
À vous lire (et je me réfère également à d’autres de vos textes), Obama se réduirait politiquement à la doxa du parti démocrate. Soit. Pour le resteI, il serait de plus qu’un « charmant » homme (je ne peux voir ici autre chose que de la condescendance), un « danseur » (sous-entendu: il est sans substance grise, dans l’apparence pure), et finalement pas vraiment un homme, mais plutôt un « félidé » (vous voulez dire brillant par sa férocité et sa ruse ? on peine à comprendre exactement).
Un simple porte-parole de parti beau gosse ce Barack Obama ? On peine donc à comprendre le reproche fait à vos collègues – à raison, répétons-le – de rester à la surface concernant Donald Trump.

Pour ma part, vous n’avez pas besoin de vous faire défenseur d’un Donald Trump (ou Nigel Farage, que sais-je) pour critiquer de manière incisive les partis pris de notre presse d’opinion. Chacun peut critiquer Trump tout en reconnaissant des convergences entre ses opinions politiques et les siennes. Ce ne serait pas hypocrite; clairvoyant plutôt.
Allez, on nous vous attendons sur ce terrain M. Décaillet ! Je suis sûr par exemple, que vous déplorez les attaques généralisées du président Trump et de son administration sur la presse, ou après votre billet, sur la justice et la séparation des pouvoirs.

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Un jeune romand partisan de la diversité d’opinion

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