Société Le 12 octobre 2014

(Une) recette du bonheur : A Do It Yourself proposal

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(Une) recette du bonheur : A Do It Yourself proposal

Cette proposition de recette du bonheur est issue d’un ensemble de conversations, de rencontres et d’expériences ayant eu lieu au cours de ces quatre dernières années. Le postulat qui soutient cette proposition est que le bonheur est un état d’esprit, un travail, une approche à la vie, et non un produit fini, un ensemble de conditions, un état à atteindre et conserver. Ceci est une œuvre collaborative et en constante évolution, votre apport est le bienvenu !

 

La première action est de s’asseoir une heure ou deux en méditation afin d’établir pour vous et en vous, de manière logique, rationnelle, qu’il est souhaitable et désirable d’être heureux. En effet, le bonheur est pour beaucoup un état d’esprit avant d’être un ensemble de conditions, une paire de lunettes colorées avant d’être une réalité tangible: les mêmes conditions (logement, vie sentimentale, travail, loisirs, météo…) combleront de bonheur certains et laisseront indifférents d’autres, il nous revient de choisir ! Devant un jour pluvieux, on peut maudire la météo ou mettre ses bottes pour mieux sauter dans les flaques. Comme le dit Dale Carnegie, le bonheur ne dépend pas des conditions extérieures, il est régi par notre attitude mentale. Il est souhaitable de développer une volonté d’être heureux, car cela va influencer nos décisions de manière positive, nous donner une base cognitive pour mettre de côté les éléments négatifs de la vie en nous concentrant sur le positif, et nous permettre d’entrer dans un cercle vertueux. À l’issue de cette réflexion, on pourra se dire « Je suis déterminé à être joyeux et heureux dans n’importe quelle situation où je me trouve. Car j’ai compris que la plus grande partie de notre misère, ou le malheur, n’est pas déterminée par notre situation, mais par notre disposition ».

Le second élément consiste à vivre dans le présent, plutôt que dans le passé ou le futur. Le malheur naît d’un côté du regret d’être passé à côté ou d’avoir perdu quelque chose, et de l’autre de l’inquiétude voire de l’angoisse d’un futur inconnu. En résumé : Qui craint de souffrir souffre déjà de ce qu’il craint. Se concentrer sur le présent, sur ce qui est et non pas ce qui était ou sera, vous permettra d’éviter beaucoup de souffrance non nécessaire d’être vécue. Concrètement, il faut porter attention aux phrases mentales ou orales que l’on formule, telles que « mais si j’avais fait ça…si j’habitais là-bas…si je n’avais pas dit ça… » : elles démontrent une orientation de nos pensées loin de ce qui est vivant à cet instant, ici, maintenant. Il faut chercher à assumer ses choix, ce qui est fait est fait, il ne sert à rien de revenir dessus : heureux est l’Homme qui a brisé les chaînes qui blessent l’esprit, et a renoncé au souci une fois pour toutes. Éviter de se replier dans le passé donne plus d’énergie pour affronter les conséquences vécues au présent. De plus, il faut savoir lâcher prise sur ce que l’on ne peut pas contrôler. Comme le dit Epictète : il n’y a qu’un chemin vers le bonheur et c’est de cesser de s’inquiéter des choses qui sont au-delà de la puissance de notre volonté.

La troisième action est liée à la seconde. On peut chercher à se concentrer sur les phrases que l’on formule pour identifier les jugements figés tels que « je suis comme ça, je suis paresseux, je suis désorganisé, je suis débile… ».  Il faut repérer ces jugements, les écouter avec empathie, et chercher à les transformer en désirs pour le futur, ou alors en situant dans le temps et l’espace ce qui nous a déçu de nos actions : « Quand il s’est passé ça, à ce moment T, j’ai réagi comme ça pour telle ou telle raison et cela a créé tel sentiment désagréable. À l’avenir, j’aimerai agir ainsi ».

La quatrième action est déterminante : Célébrer ! Ce n’est pas ce que nous avons ou vivons, mais combien nous apprécions ceux-ci, qui fait le bonheur. Comme le dit William Feather, beaucoup de gens passent à côté de leur part de bonheur, non pas parce qu’ils ne l’ont jamais trouvé, mais parce qu’ils ne se sont pas arrêtés pour en profiter. Il est bénéfique de prendre un petit temps chaque jour pour donner une réponse à la question « Qu’est-ce qui était beau aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a embelli ma vie ? » La réponse à cette question peut être autant un rayon de soleil, un sourire dans la rue, un dessert délicieux que la naissance d’un enfant. Développez une approche positive, mettant l’accent sur ce qui s’est bien passé, faire une danse de la joie à chaque petite réussite, de l’envoie d’un email à l’obtention d’un travail. La solution au bonheur est en chacun d’entre nous disait Aristote, et il nous revient la responsabilité, une fois que l’on a décidé d’être heureux, de trouver nos méthodes mentales et pratiques qui vont nous permettre de l’être. Personnellement, quand je suis malheureux, je mange un magnum double caramel. Ainsi, même si le reste de ma vie semble sombre, ce magnum est toujours bon, quoi qu’il arrive, et je parviens toujours à apporter de la lumière dans ma vie en célébrant son bon goût. Après quoi je vais utiliser ce petit rayon de lumière pour y voir plus clair, pour rassembler mes forces et faire face à mes déboires. Ce petit remède m’est personnel, mais chacun devrait développer son propre remède, son propre ressort interne pour rebondir sur les problèmes de la vie. Ces ressources peuvent être développées consciemment par chacun d’entre nous.

La cinquième et dernière action est tournée vers le monde qui nous entoure. Nous avons tous de nombreux besoins insatisfaits. Notre malheur se développe autour de ceux-ci, on se focalise sur ce manque, et on demande et attend que d’autres les satisfassent. Et si plutôt que de demander, vous donniez ? Tu as besoin d’amour, alors aime. Tu veux recevoir alors donne. Un cercle vertueux va se former dont les fruits vous surprendront. Essayez de rendre au moins une personne heureuse chaque jour. Si vous ne pouvez pas faire une bonne action, dites un mot gentil. Si vous ne pouvez pas dire un mot gentil, formulez une pensée positive. Une méthode très concrète se rattachant à ce point est d’essayer chaque jour d’exprimer de la gratitude pour ceux qui vous entourent dans votre vie, de manière totalement gratuite et inattendue : une lettre à votre mère pour lui exprimer la joie de l’avoir eue à vos côtés toute votre enfance, un merci sincère au conducteur de votre bus matinal… En vous livrant à cet exercice, vous prendrez conscience de la joie que cela va faire naître en vous, indépendamment de la réponse que vous recevrez. Le bonheur est comme un baiser. Vous devez le partager pour en profiter pleinement. Observez votre entourage : les personnes les plus heureuses de votre entourage ne sont pas celles qui reçoivent le plus, mais bien celles qui donnent le plus.

Et sur ce, je vous souhaite une excellente journée pleine de bonheur en petite monnaie !

 


Toutes les références faites dans ce texte à des auteurs et penseurs sont issues des deux premières pages de ce site internet rassemblant des citations.

Commentaires

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Vincent Verzat

Merci Sybille de me faire redécouvrir mon commentaire ! Je le trouve juste, encore aujourd'hui : de l'importance de la…

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Sybille

Je me demandais, "Mais qui as donc écrit un commentaire si plein de sagesse?", et voir ton nom associé à…

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Vincent Verzat

Je ne crois pas que l'ignorance est une voie au bonheur, et je ne pense pas non plus que savoir…

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Sarahcarabin

Chouette article !

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Sophie

Alors, heureux?

Merci pour cette petite ébauche d’apprentissage du bonheur 🙂

Cependant, j’ai une question: comment faire quand l’image que l’on me renvoie de l’état du monde actuel me rend malheureuse? J’éteins la télé, je coupe la radio, je ferme le journal et je décide de ne plus être informée ou je fais comment? Je ne peux pas ne plus être informée. Travaillant avec des migrants, je me sens assez ignorante de leur situation que ne plus utiliser les moyens qui me sont donnés pour m’enquérir de ce qu’ils pourraient traverser serait pour moi de l’indifférence. Par exemple, quand un Irakien de la communauté yézidis a vu toute mon ignorance quand il me parlait du début des massacres en Irak de ses propres frères, je me suis sentie mal à l’aise, même si j’ai pu m’en excuser et lui demander de m’informer.

Bref, le bonheur individuel, ok, mais à quand celui de tous et surtout comment? Grande question. Je n’attends pas forcément LA réponse, mais un début, ce serait déjà pas mal…

Une bonne soirée à vous!

Sophie

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Vincent Verzat

Je ne crois pas que l’ignorance est une voie au bonheur, et je ne pense pas non plus que savoir ce qui va mal dans notre monde va nécessairement nous paralyser. Pour moi c’est tout le contraire, je ne peux pas rester passif devant le malheur. Cultiver mes propres ressources et ainsi être heureux me permet de me lancer dans des défis aussi énormes que de travailler à établir des infrastructures pour la paix. C’est un transfert d’énergie qui a lieu de ma personne vers le monde. Être heureux est une état d’esprit dans lequel je me sens mieux que l’état d’esprit malheureux, et le malheur ne me décourage pas puisque j’y travaille. Je puise dans mon bonheur pour travailler sur le malheur, mais mon bonheur ne dépend pas du malheur qui m’entoure, il est le fruit de mes propres ressources. Je trouve mon bonheur ailleurs, comme je le décris dans mon article, mais ce bonheur est pour moi une ressource pour faire face au malheur. Je me révolte, je m’indigne contre les injustices de ce monde! Mais au-delà de l’indignation, c’est l’engagement qui me fait avancer! Je pense que faire quelque chose qui a du sens contribue énormément au bonheur. Je ne me décourage pas du fait que je ne puisse pas tout régler d’un coup de baguette magique, je prends conscience que je marche au moins sur le bon chemin, celui qui a pour objectif de mettre fin à cette souffrance de manière durable. D’une manière je m’encourage à continuer en prenant conscience d’être sur le bon chemin, et j’ai autour de moi beaucoup de soutien, qui eux aussi m’encouragent. Je dois être fort et heureux pour être utile, car découragé ou malheureux, je ne serai jamais à même de changer les choses. Si dans le Candide, on lit « il faut cultiver notre jardin », il s’agit pour moi d’y cultiver des fruits que je peux ensuite distribuer autour de moi, ou que je peux emporter avec moi comme nourriture en vue d’un grand voyage.

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Sybille

Je me demandais, « Mais qui as donc écrit un commentaire si plein de sagesse? », et voir ton nom associé à ces belles paroles ne m’a pas étonnée 🙂 Est-ce que aujourd’hui tu laisserais le même commentaire ou ta vision des choses a encore évolué?

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Vincent Verzat

Merci Sybille de me faire redécouvrir mon commentaire ! Je le trouve juste, encore aujourd’hui : de l’importance de la célébration, du partage, du système de soutien.

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