Jet d'ancre sur Le 22 août 2015

Mobilité douce accessible au plus grand nombre : l’exemple de Neuchâtel

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Mobilité douce accessible au plus grand nombre : l’exemple de Neuchâtel

© Crédits photo Line Magnanelli Moret

Les villes de Suisse voient de plus en plus fleurir des services de location de vélo, mis en place grâce à des politiques volontaristes en faveur de la mobilité douce.
Dans notre société où la possession est un must, qui sont les utilisateurs de ce genre de services ? Comment se développent-ils ? Comment sont-ils perçus par la population ?

Par un après-midi ensoleillé, je me suis rendue à l’antenne neuchâteloise de vélos de location, NeuchâtelRoule de son petit nom. Un rapide coup d’œil permet de se rendre compte qu’une foule hétéroclite se presse au guichet où sont employés un civiliste, des requérants d’asile ou encore des personnes bénéficiant de l’aide sociale.

Avant d’arriver à cette station, je pensais qu’il s’agissait du même concept que les bien connus « Vélib' » parisiens. Je fus vite détrompée en apprenant que la durée de location était de dix heures lorsqu’on possède un abonnement ou de quatre heures pour la modique somme de deux francs, sans abonnement1. C’est là qu’on comprend qu’en plus de mobilité douce, NeuchâtelRoule souhaite instaurer une vraie mentalité de la balade à vélo, rendue plus pratique par la mise à disposition de casques, de charrettes pour jeunes enfants ou encore de vélos équipés de sièges pour bébés. Une incitation à la rêverie sur deux roues en quelque sorte.
Le guichet est idéalement situé au Port de Neuchâtel, ce qui donne l’occasion immédiate de se lancer sur une des nombreuses pistes cyclables du bord du lac. Plusieurs stations étant installées dans la ville et désormais sur tout le littoral, et ce à des points intéressants (hôpital, université, en bas des funiculaires), les gens utilisent aussi ce service en remplacement d’un vélo personnel tout au long de l’année. (Par exemple, pour aller au travail ou à la fac). Mais à la belle saison, on observe plutôt des désirs de balades familiales ; des habitants des villages alentours et même de la Chaux-de-Fonds possèdent un abonnement. En enlevant la contrainte du porte-vélo sur la porte du coffre de la voiture ou dans le train, le service de location offre la possibilité de grandes flâneries lacustres. La spontanéité est ainsi encouragée ; pas besoin d’abonnement pour louer, caution peu élevée, matériel de bonne qualité, disponible sans réservation. Pour les usagers réguliers, un seul abonnement (d’un prix de 60 francs) permet de louer des vélos toute l’année, pour dix heures à la fois et pour toute la famille ou tout un groupe. Pour deux francs de plus, il est également possible d’essayer un vélo électrique, moyen de locomotion de plus en plus plébiscité mais encore relativement inaccessible.

© Crédits photo Line Magnanelli Moret

© Crédits photo Line Magnanelli Moret

Le guichet se trouve dans un petit cube arborisé qui attire le regard (voir photo ci-dessus). Des promeneurs qui n’auraient pas forcément l’intention de louer entrent par curiosité. On parle sécurité (casques), bons plans de promenades, etc. Et on voit toutes sortes de personnes, du touriste qui désire voir la ville en un clin d’œil aux parents qui souhaitent promener leur progéniture en charrette. Certaines personnes en profitent même pour embarquer leur chien dans le panier à l’arrière de la bicyclette. Plus étonnant encore, des personnes qui semblent a priori ne jurer que par la voiture souscrivent des abonnements. Une dame en Ferrari aurait même été aperçue, parquant son bolide à deux pas, prendre un abonnement!

Évidemment, il faut signaler les petites déprédations et manques de respect habituels auxquels ce genre de service doit faire face. Cependant, ils ne sont jamais d’ampleur trop importante pour immobiliser le parc de cycles et on peut être certain de toujours tomber sur un vélo de qualité, que ce soit à la station principale ou dans les autres points de location en libre-service de la ville. Et bien que la ville de Neuchâtel soit connue pour ses pentes, il est toujours possible d’embarquer le vélo dans un des trois funiculaires que compte la cité pour ensuite descendre à toute vitesse les petites ruelles sinueuses jusqu’aux rives du lac.

Neuchâtel réussit ainsi un double pari ; miser sur la facilité d’accès à la mobilité douce pour y sensibiliser la population et employer des personnes à l’aide sociale ou requérantes d’asile, afin de les intégrer dans cette même population.

Ces quelques heures passées en compagnie des employés de NeuchâtelRoule m’ont convaincue : je laisse mon vélo au garage et profiterai désormais des superbes vélos vert pomme du service, entretenus à ma place, pour me rendre à l’université!

© Crédits photo Line Magnanelli Moret

© Crédits photo Line Magnanelli Moret

 


Quelques informations utiles :

Site internet : http://www.neuchatelroule.ch/accueil/

Matériel disponible en libre service (7/7 jours et 24h/24) – avec abonnement

109 citybikes Merida et Simpel, roues 26 » et 28 »

Matériel disponible à la journée depuis la station du Port pendant la saison (dates et horaires) – avec ou sans abonnement

32 citybikes T-Bikes destinés aux groupes, roues 26 »

6 vélos électriques

17 vélos pour enfant (3-12 ans)

10 sièges pour enfant

3 citybikes 28 » équipés de remorques

Casques de protection (taille adulte et enfant)

Pour les tarifs et abonnements :

http://www.neuchatelroule.ch/fonctionnement/tarifs-abonnements/


 

1. NB : une demi-heure gratuite dans la plupart des grandes villes européennes puis payant, parfois à tarif dégressif.

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