International Le 16 avril 2013

La Tunisie et son Forum, mais un Forum pour quelle Tunisie?

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La Tunisie et son Forum, mais un Forum pour quelle Tunisie?

Forum Social Mondial 2013 : Marche d’ouverture sur l’Avenue Habib Bourguiba à Tunis le 26 mars 2013.

Alors que le Forum Social Mondial 2013 vient de s’achever en Tunisie, un réel espoir en ressort tout en laissant en suspens des questions légitimes par rapport au développement post-Révolution. Quoi de mieux pour la Tunisie que d’organiser un forum d’une telle envergure qui porte des valeurs allant à l’encontre du système. Ce même système qui a maintenu un certain Ben Ali au pouvoir pendant 23 ans.      

Mais voilà, depuis la Révolution du Jasmin, tous les voyants sont au rouge : une insécurité grandissante, un chômage des diplômés dans l’ensemble du pays qui s’élève à 33.2%1 officiellement, alors que certaines régions (dont celle du berceau de la révolution, Sidi Bouzid) présentent un pourcentage plus élevé que la moyenne nationale, et une inflation moyenne de 6.5% pour le premier trimestre de 2013 (dont une inflation de 8.8% pour les produits alimentaires2). Il n’y a presque pas un seul jour sans que le pays connaisse une grève ; le 3 avril, les marchands de Sidi Bou Saïd se plaignaient du manque de touristes ; un jour plus tard, ce sont les avocats du pays qui se plaignaient de la partialité du juge chargé de l’affaire du meurtre du martyr Chokri Belaïd. De l’avis de tous durant ce FSM 2013, la Tunisie a été un exemple de révolution démocratique avec une conduite irréprochable de la société civile durant le processus de transition, prenant en compte toutes les voix et imposant tous les moyens possibles pour la mise en place d’un débat national touchant tous les thèmes : religion, économie, affaires sociales, politique, etc. D’ailleurs, nul ne met en doute l’élection du parti au pouvoir depuis octobre 2011, « Haraket Ennahda » (Mouvement de la renaissance), mais des voix se sont élevées pendant le forum, pour remettre en cause leurs pratiques politiques, leur gestion de l’Etat et de la crise après un an et demi sans résultat.

© nawaat.org

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Avant d’aborder les problèmes économiques et sociaux, cette Révolution du Jasmin a surtout fait émerger des problèmes identitaires. Les élites du pays, pensant que la population avait intégré pleinement le sécularisme de Bourguiba, ont été choquées par les résultats des premières élections démocratiques de l’histoire tunisienne. Les médias et les gouvernements occidentaux parlent d’Ennahda comme étant un parti « islamiste », le mettant dans la même catégorie que les « Frères musulmans » en Egypte ou que le « Parti de la Justice et du Développement » au Maroc. Ces mêmes gouvernements et ces mêmes lobbies aimeraient faire admettre un débat entre laïcs et islamistes en Tunisie.

Cependant, il n’en est rien, la question religieuse dans ce pays à tradition séculariste est bien plus complexe et reste tout de même loin des extrêmes dont on voudrait l’accuser. Tout d’abord, Ennahda, à l’image de l’UMP en France, est composé de membres allant du centre jusqu’à l’extrême droite (que ce soit pour les questions économiques ou religieuses). Deuxièmement, même si certains de ses membres aimeraient revenir sur les acquis de la Tunisie comme le Code du Statut Personnel (un code civil datant de 1956 instaurant des droits de la femme parmi les plus avancés du monde arabe et des pays en développement) en proposant par exemple une référence à la « complémentarité homme-femme »3 dans la prochaine Constitution, la société civile restait et continue de rester vigilante en descendant dans la rue pour refuser ces extrémismes; alors que les élus nahdhaouis ont finalement accepté de revenir sur ce projet de loi. D’un autre côté, la France et ses médias ne se plaindraient pas de voir un projet de Constitution complètement laïc « à la française » confirmant la soi-disant universalité de la laïcité du pays « des droits de l’Homme ». Que ce soit dans le code civil de 1862 sous le beylicat, la Constitution de 1957 ou le Code du Statut Personnel de la même année, aucun d’entre eux ne cite expressément le terme de « laïcité » et ce pour une bonne raison. Un pays musulman ne peut, de par sa réalité sociologique et religieuse, appliquer une laïcité de fait « à la française » avec une absence complète de religion dans toutes les institutions de l’Etat et de ses agents. N’en déplaise à l’ex puissance coloniale, depuis Bourguiba, la Tunisie a appris à développer « un Islam tunisien » et un processus de sécularisation de l’Etat qui n’entre pas en contradiction avec les préceptes musulmans.

D’une certaine manière, le parti au pouvoir joue le jeu de la démocratie quand il s’agit des questions de la « Femme tunisienne » ; par contre, quand il s’agit des questions d’identité nationale et de religion, son discours et ses pratiques deviennent soudainement plus questionnables. Il y a tout d’abord « l’affaire Chokri Belaïd », un politicien appartenant au parti du Front Populaire (une coalition regroupant 12 partis politiques, associations, nationalistes et écologistes de gauche dirigé par le leader Hamma Hammami). Cet homme a été assassiné par deux inconnus au matin du 6 février 2013 à la sortie de son immeuble ; une affaire d’autant plus trouble que le juge en charge du dossier a refusé de prendre en compte des preuves démontrant que la plaque d’immatriculation du véhicule dans lequel se sont enfuis les auteurs du meurtre appartiendrait à une société qatari en Tunisie dont le gérant n’est autre qu’un membre du parti Ennahda4.

La justice, sous le gouvernement Ennahda, a été étonnamment tendancieuse lorsque le ministère public s’est permis de mettre en place des procès accusant les « coupables » de toucher à la morale publique (avec une forte connotation religieuse), chose qui ne s’était jamais vue dans le pays auparavant ; « l’Affaire Persepolis »5 (où le patron d’une chaîne de télévision a été forcé de payer une amende parce qu’il a diffusé un film qui montre une image d’Allah personnifié, touchant ainsi au sacré), « l’Affaire du couple en position immorale »6 (où un couple a été arrêté pour position immorale alors qu’ils étaient dans leur voiture sur le chemin du retour chez eux ; après quoi, la femme a été violée à deux reprises par les policiers en charge de l’arrestation alors qu’au même moment le jeune homme s’est fait extorquer de l’argent par un troisième policier présent) et enfin, « l’Affaire El Abdeliya »7 (où des artistes, après une exposition au cours de laquelle ils se sont faits attaquer par des salafistes, ont été accusés d’atteinte à l’ordre public en publiant des œuvres remettant soi-disant en cause l’ordre du sacré alors que des 17 salafistes criminels ayant attaqué la galerie de l’exposition, 14 ont été relâchés).

D’un autre côté, avec le nombre d’affrontements et de vandalismes de locaux de partis politiques ou d’organisations à tendance laïque, tels que Nidaa Tounes (un parti qui a les faveurs des derniers sondages comme étant le prochain leader politique du pays) ou l’UGTT (le syndicat national tunisien), par des criminels ayant des tendances pro nahdhaouis ou salafistes, la justice ne s’est que rarement saisie sérieusement de ces affaires. Jusqu’ici, très peu de condamnations ont été prononcées! Aujourd’hui en Tunisie, nous avons l’impression d’avoir à faire face à un système de justice à deux niveaux, la justice pour les laïcs et les opposants et celle pour ceux qui « défendraient la morale publique et religieuse ».

Dans ce contexte, la venue d’un Forum Social Mondial a été plus que bien accueillie par une certaine partie des opposants d’Ennahda, dans le sens où cette réunion représentait un moyen de discuter librement de laïcité et que surtout, dans la plupart des ateliers, nous allions être témoins d’une déferlante de critiques à l’égard des politiques de la Troïka en place, que ce soit au niveau social, économique ou politique.

Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que même si ce Forum a été la plupart du temps bien perçu par la population tunisienne (qui n’a été informée que très tardivement de la tenue de cet évènement mondial et des possibles retombées économiques pour les commerçants, les hôteliers et les transporteurs qui subissent une crise aigüe du tourisme depuis la Révolution), certaines voix se sont élevées pour dire tout d’abord que seuls les cols blancs ne représentant que minoritairement l’ensemble des Tunisiens et des Tunisiennes y seraient présents. Ensuite, il a également été mis en avant le fait qu’il aurait été plus démocratisant d’organiser cet évènement dans le sud du pays où les problématiques du FSM sont plus que présentes depuis la chute de Ben Ali (voir même bien avant).

Même si l’argument de la relocalisation du forum est valable, il faut avouer que lors de ce sommet mondial, il nous a été possible de côtoyer toutes sortes d’associations et d’ONG locales (l’association Shems « un toit pour tous », l’association « Doustourna » pour une constitution citoyenne, l’association « bus citoyen » travaillant à la politisation des populations pauvres les plus éloignées du centre et bien d’autres associations travaillant dans les régions les plus défavorisées du pays, composées de travailleurs sociaux en contact direct avec ces populations ou venant souvent de ces mêmes bassins de population). Enfin, même si certains partis politiques d’opposition étaient présents, nous n’avons pas eu l’opportunité de voir un membre du gouvernement participer ou organiser un atelier durant cette manifestation, ce qui est plus que dommage dans une optique de dialogue national et international.

En termes économiques, ce Forum représente un instrument de critique efficace pour démontrer les défaillances de la finance et de la libéralisation actuelle, et encore ici, Ennahda est victime d’attaques virulentes par rapport à ses politiques économiques. En effet, les principales politiques de relance économique consistent en la libéralisation des systèmes de crédit et d’investissement poussant l’endettement des particuliers et l’accaparement de l’économie locale par des investisseurs étrangers.

(17 juillet 2012, signature d’accords entre la Tunisie et le Qatar, Hamadi Jebali (à droite : ex-premier ministre tunisien) et le prince héritier de l'Etat du Qatar (à gauche), Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani. © businessnews.com

(17 juillet 2012, signature d’accords entre la Tunisie et le Qatar, Hamadi Jebali (à droite : ex-premier ministre tunisien) et le prince héritier de l’Etat du Qatar (à gauche), Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani. © businessnews.com

Par exemple, les élus nahdhaouis misent sur la fiscalité (réductions d’impôt généralisées pour les investisseurs importants), la capitalisation des entreprises via les introductions en bourse et la libéralisation du dinar tunisien8 qui n’était pas convertible jusque-là (une mesure qui date du gouvernement de Bourguiba afin de contrôler l’inflation). Il est alors évident qu’une création d’entreprise sera d’avantage stimulée, mais à quel prix ? Avec l’inflation déjà en cours en Tunisie (sans dinar convertible !), la paupérisation de certains secteurs comme l’agriculture, le textile et les services (comme les centres d’appel qui représentent le travail de nombreuses PME en Tunisie), les politiques économiques voulues par le gouvernement en place ne pourront, à long terme, qu’aliéner un peu plus les travailleurs tunisiens à qui on a donné du pain et du travail sous-payé pendant plus de 23 ans mais qui n’avaient pas le droit, en contrepartie, de réclamer l’amélioration de leurs conditions.

Si la Troïka au pouvoir veut remettre le pays sur la bonne voie, il s’agit de prendre les bonnes mesures dès le départ, ne pas se plier aux exigences libérales des bailleurs de fonds censés jouer le rôle de pompier par rapport aux finances du pays depuis la révolution. Malheureusement, c’est le cas aujourd’hui avec le Fond Monétaire International, puisque Chedly Ayari (directeur de la Banque Centrale Tunisienne) a envoyé une lettre d’intention signifiant les engagements du pays pour un prêt de cautionnement de 2.7 milliards de dinars (1.3 mia euros) afin d’assurer les caisses de l’Etat. Cette lettre engage le pays sur la voie des politiques du FMI qui ont fait bien du mal à d’autres pays comme la Malaisie ou l’Argentine ; augmentation du prix du carburant, facilitation du crédit bancaire, réforme des banques publiques poussant à la privatisation (l’exemple islandais dans le domaine représente un vrai cri d’alarme), baisse du taux d’imposition pour les entreprises (dont les entreprises offshore), réformes d’entreprises nationales productrices d’énergie orientées vers la vente à des multinationales spécialisées, abandon des systèmes de compensation (régimes de retraite et d’assurance de la fonction publique)9, etc.

Dans l’état actuel des choses, il s’agit donc d’être compréhensif mais attentif, que ce soit au niveau du nouveau visage identitaire que voudrait donner ce gouvernement à cette nouvelle Tunisie, au niveau de la justice qui a encore trop tendance à être à double vitesse et surtout au niveau économique où le pays prend des engagements risqués et dommageables qui ont déjà causé des dégâts dans d’autres pays en développement. Il est clair qu’avec l’insécurité, le chômage montant, la fatigue des Tunisiens pour la chose politique et l’absence de perspectives d’avenir, ce pays court un grand danger. Néanmoins, durant ce Forum, nous avons appris une chose : les acquis de la Révolution ne demeurent pas encore dans le travail et la richesse, mais il n’empêche que les Tunisiens ont goûté à la démocratie, à la liberté d’expression et au devoir de redevance de leurs gouvernements successifs depuis 2011.

Ces derniers apprentissages ne satisfont pas encore les aspirations du peuple. Mais à ceux qui regretteraient l’époque de Ben Ali ou encore celle de Bourguiba, nous répondons une chose : « La Tunisie est maintenant pleinement consciente des réalités du pays et son peuple décidera clairement de son destin via les urnes, la démocratie et la rue ». En effet, que ce soit sous l’ère Bourguiba ou sous l’ère Ben Ali, d’aucuns diraient que nous avions pleinement conscience des réalités économiques, sociales et politiques du pays tellement le mensonge et la manipulation étaient ancrés dans le système. De plus, seules les élites en faveur du régime (dont la famille de la première dame de Tunisie, les Trabelsi qui possédaient quelques 60% de richesses du pays selon les dires) avaient leur voix au chapitre, condamnant les aspirations des populations les plus pauvres, surtout celles vivant dans le centre du pays. Finalement, le signe le plus rassurant pour l’avenir reste la mobilisation de la rue. De Tataouine, en passant par Sidi Bouzid, Gafsa ou Kasserine, les voix ne se taisent plus et Tunis doit enfin rendre des comptes au reste du pays. Si les Tunisiens arrivent à organiser des élections démocratiques d’ici fin 2013, si la Constitution (malgré les nombreuses critiques) est adoptée au plus vite pour éviter le pire (c’est-à-dire une autre période de vide institutionnel de deux ou trois ans), et enfin si le peuple peut suffisamment faire pression sur le gouvernement pour qu’il assure une transition digne, justiciable et équitable pour toutEs et pour touS, alors, la Tunisie aura rempli son devoir. Celui de réussir une Révolution à l’image du Forum Social Mondial qu’elle a accueilli en mars 2013 : antilibérale, démocratique, égalitaire, séculaire et garante de dignité pour tous les Tunisiens et toutes les Tunisiennes !

Omar Azzabi (étudiant en maitrise à l’Université du Québec à Montréal)


[1] Radio France Internationale, « Tunisie : les diplômés chômeurs délaissés par la classe politique », disponible [en ligne] : http://www.rfi.fr/afrique/20130214-tunisie-diplomes-chomeurs-ch%C3%B4mage-delaisses-classe-politique (consulté le  04/01/13)

[2] Business News Tunisie, « Tunisie – L’inflation passe à 6,5% en glissement annuel pour ce mois de mars 2013, selon l’INS », disponible [en ligne] : http://www.businessnews.com.tn/Tunisie-%E2%80%93-L%E2%80%99inflation-passe-%C3%A0-6,5-en-glissement-annuel-pour-ce-mois-de-mars-2013,-selon-l%E2%80%99INS,520,37284,3 (consulté le 04/01/2013)

[3] Slate Afrique, « En Tunisie, des femmes descendent dans la rue  pour défendre leur droit », disponible [en ligne] : http://www.slateafrique.com/95117/tunisie-la-complementarite-homme-femme-mise-au-placard (Consulté le 04/04/2013)

[4] Afrik.com, « Affaire Chorki Belaïd : de nouvelles preuves accusent Ennahda et le Qatar », disponible [en ligne] : http://www.afrik.com/affaire-chokri-belaid-de-nouvelles-preuves-accusent-ennahda-et-le-qatar (consulté le 8 avril 2013)

[5] Radio France Internationale, « Affaire «Persépolis»: le patron de Nessma TV condamné à payer une amende », disponible [en ligne] : http://www.rfi.fr/afrique/20120503-le-patron-nessma-tv-amende-tunis-persepolis-religion-liberte-presse (consulté le 8 avril 2013

[6] Le Monde, « Violée par des policiers, une Tunisienne risque d’être jugée pour « atteinte à la pudeur » », disponible [en ligne] : http://www.lemonde.fr/tunisie/article/2012/10/02/violee-par-des-policiers-une-tunisienne-risque-d-etre-jugee-pour-atteinte-a-la-pudeur_1768888_1466522.html (consulté le 8 avril 2013)

[7] Web Manager Center (site d’information tunisien), « Tunisie – Affaire El-Abdellia: 16 accusés condamnés à un mois de prison », disponible [en ligne] : http://directinfo.webmanagercenter.com/2013/01/16/tunisie-affaire-el-abdellia-16-accuses-condamnes-a-un-mois-de-prison/ (consulté le 8 avril 2013

[8] Réalités Online (hebdomadaire tunisien en ligne), « Le programme économique d’Ennahda : Une réplique « augmentée du modèle néolibérale », disponible [en ligne] : http://www.realites.com.tn/le-programme-aconomique-daennahdha-une-raplique-aaugmentaea-du-modale-naolibaral,157,26974,1

[9] Nawaat (blog alimenté par la société civile tunisienne), « Analyse de la lettre d’intention de la Tunisie envers le FMI : Dernière étape avant la décolonisation », disponible [en ligne] : http://nawaat.org/portail/2013/03/29/analyse-de-la-lettre-dintention-de-la-tunisie-envers-le-fmi-derniere-etape-avant-la-colonisation/ (consulté le 9 avril 2013)

Commentaires

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Andrea

Bel article même si personnellement j'ai du mal à saisir le message que tu tentes de faire passer certainement pas…

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Andrea

Bel article même si personnellement j’ai du mal à saisir le message que tu tentes de faire passer certainement pas manque de connaissance du sujet j’en conviens. Toutefois si j’ai bien compris tu regrettes la lecture simpliste d’une bataille entre laïcs et islamistes souvent relayées en Occident et tu souhaites que la Tunisie puisse faire sa révolution en paix qui, ne peut se faire s’en Ennahda à la vue de sa forte représentativité?

Toutefois, ce parti qui souhaitent mentionner la Charia au sein de la constitution, de complémentarité au détriment de l’égalité hommes-femmes même si je sais qu’officiellement ils y ont renoncé, certains élus s’y agrippent visiblement, la mascarade du procès Chokri Belaïd ou même l’occupation de certaines universités tunisiennes par les salafistes m’amène à me questionner sur leur réel projet de société

En effet, n’est-il pas entrain de se tourner vers les masses religieuses? Si c’est le cas, descendre dans la rue n’est-il pas la meilleure arme pour dire « ni Ben Ali ni Ghannouchi » (c’est surtout pour la rime)

On me dit souvent que Ennahda se diffère des frères musulmans mais j’avoue que j’ai du mal à voir en quoi. De plus, ces partis historiques d’opposition ont du mal à se mettre à l’heure du pouvoir en parlant de démocratie suite à un scrutin mais refuse totalement de prendre en considération ceux qui représenterait l’ancien régime ( Nida Tounes dont les suffrages les donnent 15%)

Enfin tout ça pour dire et maintenant qu’est ce qu’ont fait ?
crois-tu en cette Troika? Ne doit-elle pas être élargie? comment sortir de cette impasse?

Aucune idée si j’ai été claire mais je suis fatigué 😛
bonne nuit jet d’encre

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