Critique Médias Le 1 octobre 2019

Vive le retour du dissident.

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Vive le retour du dissident.

Eric Zemmour en 2014 sur i-TELE, devenue CNews.

Plusieurs médias ont rapporté que le polémiste Eric Zemmour bénéficiera prochainement d’une audience quotidienne dans le cadre d’une émission de la chaîne d’information en continu CNews. Bouna Mbaye prend position à la suite de cette annonce et adresse une lettre ouverte au directeur de la chaîne. L’auteur mobilise le registre satirique pour dénoncer le fait que le racisme à l’encontre des noirs et des musulmans demeure « respectable » sur la scène politico-médiatique française.


 

Plaidoyer pour la liberté de dégueuler à volonté sur les noirs et les arabo-musulmans dans les médias français.

 

Cher Monsieur Nedjar,

Face au flot ininterrompu d’indignations aussi bien prévisibles que convenues suscitées par l’annonce du retour – ô combien attendu – de l’excellentissime Eric Zemmour sur la chaîne CNEWS1, je tenais à vous adresser ce plaidoyer afin de vous témoigner mon soutien ainsi que ma plus profonde admiration pour le courage remarquable dont vous avez su faire preuve dans un environnement pourtant redoutablement hostile.

Cette décision vous honore d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte où les libres penseurs qui, comme M. Zemmour, dérogent aux règles de bien-pensance en disant tout haut ce que tout le monde (ou presque) pense tout bas, sont systématiquement stigmatisés, censurés, boycottés, ostracisés, bâillonnés (et peu s’en faut qu’on les embastille !).

En effet, peu nombreux sont les patrons de grands médias qui, à l’heure où les anticonformistes font l’objet d’une impitoyable chasse aux sorcières, auraient le courage de braver les foudres du politiquement correct et les intimidations des Pol-Pot islamo-gauchisants de la pensée unique pour offrir une formidable tribune à un des plus grands dissidents de la France néo-maccarthyste de ce début de XXIe siècle.

Celles et ceux qui en étaient réduits à lire les ouvrages d’Eric Zemmour ou à visualiser ses vidéos clandestinement en raison de la censure intolérable dont l’intellectuel que le monde entier nous envie faisait l’objet, pourront enfin apprécier les imprécations de leur maître à penser quotidiennement sur une des principales chaînes d’info du pays.

Au nom de tous les authentiques défenseurs de la liberté d’expression, (la vraie !), je vous félicite et vous remercie !

Le retour d’Eric Zemmour sur CNews est d’autant plus salutaire qu’il permet de révéler un certain nombre de vérités à peine dicibles qu’il convient de rappeler aux esprits les moins aguerris. Pour ne pas allonger démesurément ce plaidoyer, je me contenterai d’en citer quatre.

 

1. En France, tenir des propos « politiquement incorrects » sur les noirs et les arabo-musulmans est un acte éminemment subversif qui ne saurait freiner l’ascension politico-médiatique de leurs auteurs.

En énonçant des réalités injustement qualifiées de « dérapages » par une clique de censeurs bien-pensants gardiens du système, Eric Zemmour s’inscrit dans la prestigieuse lignée de personnalités aussi renommées que Jacques Chirac, Hélène Carrère d’Encausse ou encore Alain Finkielkraut. En effet, malgré la chape de plomb idéologique imposée par les membres du « Ku Klux Klan de la juste pensée »2, ces personnalités avaient osé dire, dès les début des années 1990, des vérités ô combien dérangeantes sur les noirs et les arabo-musulmans.

Petit florilège :

Le 19 juin 1991, Jacques Chirac, alors président du principal parti d’opposition – le Rassemblement pour la République (RPR) –, déclarait, lors d’un discours prononcé devant plusieurs milliers d’adhérents et sympathisants : « Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des noirs.3 […] Comment voulez-vous que le travailleur français de la Goutte d’Or […] qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales sans naturellement travailler…(applaudissements du public) Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur (rires), eh bien, le travailleur français sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre : si vous y étiez, vous auriez la même réaction. (applaudissements) »4, Et pour se prémunir contre toute mauvaise interprétation de ses propos, Jacques Chirac conclut son envolée lyrique en précisant : « Et ce n’est pas raciste de dire cela ! ».5

 

 

Quatre années plus tard, le 7 mai 1995, Jacques Chirac, élu à la Présidence de la République, fit son entrée au Palais de l’Elysée, loin des bruits et des odeurs qui demeurent un cauchemar quotidien pour le travailleur français.6

Dans le même registre, l’historienne spécialiste de la Russie et secrétaire perpétuelle de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, livrait en novembre 2005, une des analyses les plus pertinentes sur les émeutes ayant embrasé les banlieues françaises à l’automne 2005. Interrogée par une chaîne de télévision russe sur sa vision des évènements, notre académicienne déclara : « Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d’Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s’étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l’école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C’est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues. »7

Aux dernières nouvelles, Hélène Carrère d’Encausse est toujours académicienne et continue de faire des passages remarqués et remarquables sur des chaînes de télévision françaises8 ; une télévision dont elle avait pourtant dénoncé la censure et la tyrannie du politiquement correct.9

Toujours en novembre 2005, le grand philosophe Alain Finkielkraut – autre cible privilégiée des inquisiteurs bien-pensants de la mouvance islamo-gauchiste – expliquait, dans le cadre d’une interview mémorable accordée au quotidien israélien Hareetz : « En France, on a tendance à réduire ces émeutes à leur dimension sociale, de les voir comme une révolte des jeunes des banlieues contre leur situation […]. Le problème, c’est que la plupart de ces jeunes sont des noirs ou des arabes avec une identité musulmane. »10 Faisant preuve d’un trait d’humour (noir) à peine perceptible, le philosophe ajouta, goguenard : « les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est « black-blanc-beur ». En réalité, l’équipe nationale est aujourd’hui « black-black-black », ce qui en fait la risée de toute l’Europe. »11 (mdr)

Onze ans plus tard, en janvier 2016, Alain Finkielkraut, infatigable invité des plateaux de télévision, fit son entrée à l’Académie française où il rejoignait, entre autres immortels, une certaine Hélène Carrère d’Encausse…

A défaut de défendre efficacement la langue française via une prestigieuse institution à propos de laquelle des esprits effrontés et malintentionnés osent affirmer qu’elle « constitue une assemblée majoritairement incompétente qui se distingue surtout par sa pensée politique particulièrement réactionnaire »12 et qui ne sert strictement à rien sinon à « recycler confortablement des personnalités grâce à un patrimoine exorbitant et des finances opaques »13, nos deux académiciens pourront librement philosopher sur le destin de la société française et en particulier sur une équipe de France dans laquelle les Africains sont hélas encore (trop) nombreux.

On peut aisément imaginer la discussion du tandem d’académiciens sous la coupole au lendemain de la finale de la Coupe du monde en juillet 2018 au cours de laquelle Alain, s’inspirant de l’humour de l’excellent Brice Hortefeux14, susurre à l’oreille de Hélène, sur un ton caustique :

  • « On m’a dit que c’est la France qui a gagné la Coupe du monde mais en réalité c’est une équipe africaine qui a gagné ! Tu sais Hélène, les Africains, c’est comme les Auvergnats… » (jajaja)

Et Hélène, hilare, de s’esclaffer en ajoutant aussitôt :

  • « Quand y en a un ça va, c’est quand y en a beaucoup que… TMTC ! » (kiekiekiekiekie)

 

2. Le racisme, c’est mal mais ça dépend… Il ne faut quand même pas tout confondre !

Se croyant malins, certains esprits malveillants et confusionnistes pointeront du doigt une supposée inégalité de traitement entre des personnalités condamnées pour des propos antisémites et ceux qui, comme le valeureux combattant Zemmour, ont été condamnés pour des propos bien moins graves (il faut le préciser !) car visant les noirs, et les arabo-musulmans.

Pourquoi, demanderont ces complotistes de bas étage, les premiers sont unanimement condamnés par la classe politique et des médias, font l’objet d’interdiction au nom de la défense de l’ordre public et de la dignité humaine tandis qu’Eric Zemmour continue à bénéficier, il est vrai, d’une assez grande couverture médiatique15, notamment, lorsqu’il publie chez un des plus grands éditeurs français (Albin Michel16), un de ses nombreux brûlots. Le soldat Zemmour est également invité à « débattre » par des leaders de partis politiques de premier plan17 et anime même une émission de télévision (Zemmour et Naulleau) sur une chaîne du groupe M6 qui n’est pas tout à fait clandestine…18 Le 28 septembre 2019, les admirateurs d’Eric Zemmour ont même eu le privilège de suivre, en direct et en intégralité sur la chaîne LCI, un prodigieux discours dans lequel leur héros lâcha, entre autres pépites : « Tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam. »19

 

Couverture de l’hebdomadaire « le Nouvel Observateur », 9 janvier 2014.

 

Suivant ce raisonnement aussi spécieux que cynique, certains se demanderont par exemple pourquoi, parmi les trois personnalités condamnées à de multiples reprises pour des propos racistes, censées incarner la « haine des autres » et auxquelles l’Observateur consacra un dossier en janvier 201420, un seul, en l’occurrence le dissident Zemmour continue à avoir un accès privilégié aux médias.

Pour couper court à ce genre de théories conspirationnistes (non mais allô quoi ?!), il convient de rappeler que si toutes les formes de racisme sont effectivement condamnables, certains racismes sont cependant plus « respectables »21 que d’autres dans les médias français.

Partant de ce constat accablant, il faut donc avoir l’esprit vraiment tordu pour voir une once de contradiction dans le discours du journaliste Philippe Tesson qui, à quelques jours d’intervalle, peut déclarer, à propos d’un humoriste condamné à plusieurs reprises pour des propos antisémites : « Ce type, sa mort par exécution par un peloton de soldats me réjouirait profondément. Je peux aller jusque-là. Pour moi, c’est une bête immonde, donc on le supprime et c’est tout » (9 janvier 2014, sur radio Classique22) avant de dénoncer les atteintes répétées à la laïcité dans des termes rompant radicalement avec la doxa bien-pensiste : « Ce qui a créé le problème, ça n’est quand même pas… c’est pas les Français. […] D’où vient le problème ? D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité sinon des musulmans ? On le dit ça ? […] C’est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd’hui ? Il faut le dire quoi ! » (sur Europe 1, le 13 janvier 201423). Peine de mort pour les antisémites et liberté de ton totale sur les musulmans : les deux piliers de la jurisprudence Tesson ont vocation à être adoptés dans les médias français.

Le « deux poids deux mesures » que les spécialistes de la victimisation larmoyante se plaisent à dénoncer à propos de la lutte antiraciste n’est qu’un mythe ; un subterfuge rhétorique forgé par des experts en manipulation pour obstruer la parole libre. Non mais allô, quoi !

Est-il besoin de rappeler que le terme « islamophobie » – inventé par les Mollah iraniens dans les années 1970 pour empêcher toute critique de l’islam24 – est, comme l’avait si bien indiqué un ancien Premier ministre « le cheval de Troie des Salafistes »25 ?!?

 

3. Celles et ceux qui prétendent être scandalisés du retour en force d’Eric Zemmour sont à ranger dans quatre catégories26(de manipulateurs).

Les islamo-gauchistes27 :

Téléguides depuis Moscou (comme une bonne partie des gilets jaunes) et Téhéran (n’y voyez aucun complot !), ils qualifient de « raciste »/« discriminant » toute critique pourtant légitime d’une religion et du mode de vie de certaines populations qui « amènent la merde » en France. Les islamo-gauchistes sont en revanche étonnamment silencieux sur les effets dévastateurs d’une immigration de masse dont une des conséquences les plus visibles est le « Grand Remplacement ».

Les racialistes :

Spécialistes de la victimisation larmoyante et de la dénonciation obsessionnelle d’un racisme (souvent fantasmatique) dont ils seraient la cible, ils n’analysent la société qu’à travers des catégories raciales. Les racialistes sont les principaux agents de la compétition victimaire qui gangrène la société française.

Les communautaristes :

Issus des « territoires perdus de la République »28, ils ne défendent que les intérêts de leur dite « communauté » et n’hésitent pas à réclamer des dérogations qui contreviennent aux valeurs de la société française. De par leur militantisme, ils renforcent la division de la communauté nationale selon des lignes ethnico-religieuses. Les communautaristes sont par ailleurs les principaux vecteurs du « nouvel antisémitisme »29, qui n’est qu’un prolongement de leur francophobie. Promus par des médias complaisants et soutenus par une certaine intelligentsia bobo-gauchisante, leurs actions nuisent gravement à la santé de certains principes fondamentaux de la République tels que la laïcité, l’égalité homme-femme, etc.

Les ennemis de la liberté d’expression :

Catégorie renfermant les trois premières et qui rassemble celles et ceux qui s’opposent aux discours anticonformistes dont Eric Zemmour est un des plus brillants porte-paroles.

 

4. La prochaine fois que votre chaîne, CNews, organisera un débat sur le racisme et/ou les discriminations, les téléspectateurs sauront à quel type de prestation s’attendre : au mieux un foutage de gueule en bande organisée voire, au pire, un dîner de cons !

De quoi la chaîne CNews aurait-elle l’air – s’interrogeront inévitablement les esprits malhonnêtes – si elle organisait des émissions dénonçant le racisme alors qu’elle offre, EN MÊME TEMPS, une tribune quotidienne à une personnalité condamnée plusieurs fois pour provocation à la haine raciale et religieuse ?

 

Epilogue : Proposition de débat pour la première émission du grand « come-back »

Pour finir cette si longue lettre, je souhaiterais vous suggérer, en guise d’inauguration de la nouvelle émission du plus médiatique des dissidents30, une proposition originale : inviter, dans le cadre d’un débat contradictoire une des proies favorites de la propagande antiraciste, l’écrivain Renaud Camus. A tout hasard, le thème du premier débat pourrait être, par exemple : « le Grand Remplacement : mythe ou réalité ? ».

Mais attention !  Il faut scrupuleusement veiller à inviter le bon Renaud Camus, à savoir celui qui a théorisé le « Grand Remplacement » (démographique) par le bas, de la population blanche européenne autochtone et judéo-chrétienne, par une horde d’arabo-musulmans étrangers à nos valeurs. Ce dernier n’a évidemment rien à voir avec le Renaud Camus du début des années 2000 ; l’auteur aux relents antisémites, qui avait jadis esquissé, avant de se raviser (il faut le rappeler !), une autre théorie ; celle d’un « Grand Remplacement » (culturel cette fois-ci) qui s’effectuait par le haut, notamment à Radio France : « les collaborateurs juifs de Panorama de France Culture, écrit Renaud Camus dans Campagne de France en 2000, exagèrent un peu tout de même : d’une part ils sont à peu près quatre sur cinq à chaque émission, ou quatre sur six ou cinq sur sept, ce qui, sur un poste national ou presque officiel, constitue une nette surreprésentation d’un groupe ethnique ou religieux donné ; d’autre part, ils font en sorte qu’une émission par semaine au moins soit consacrée à la culture juive, à la religion juive, à des écrivains juifs, à l’État d’Israël et à sa politique, à la vie des juifs en France et de par le monde, aujourd’hui ou à travers les siècles. »31 Anticipant les accusations de racisme dont il ferait l’objet, Renaud Camus s’empressa de préciser : « Et non, je ne suis pas antisémite… Qu’on nous fiche la paix avec le terrorisme qui ne permet pas d’ouvrir la bouche sur des questions de ce genre ! »32

Il est naturellement hors de question d’inviter ce Renaud Camus là, pas plus qu’il ne serait acceptable d’inviter, pour débattre avec Zemmour, le Renaud Camus qui, le 25 octobre 2017, déclarait sur son compte Twitter : « Le génocide des juifs était sans doute plus criminel mais paraît tout de même un peu petit bras auprès du remplacisme global. »33

L’attachement viscéral à la liberté d’expression ne saurait nous empêcher de nous prémunir contre certains excès.

En effet, dans la défense de la liberté d’expression comme dans toute chose, il faut tout de même savoir raison garder !

 

En vous renouvelant mes encouragements et en vous remerciant de l’intérêt porté à ma lettre, je vous prie d’agréer, Monsieur, mon mépris le plus profond.

Conchieusement vôtre.

 

Bouna Chames Eddine Mbaye

 


Références:

[1] « Eric Zemmour en route pour CNews ? », Le Parisien, 22 septembre 2019.

http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/eric-zemmour-en-route-pour-cnews-22-09-2019-8157174.php

« Sur CNews, Eric Zemmour aura bien son émission quotidienne », Huffingtonpost, 24 septembre 2019.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/sur-cnews-eric-zemmour-aura-son-emission-quotidienne_fr_5d8a42a4e4b0c2a85cb1ff0b

Une pétition a déjà été lancée par SOS Racisme : http://nonazemmoursurcnews.wesign.it/fr.

[2] Formidable expression que j’emprunte à la brillantissime journaliste et résistante au système Natacha Polony : « Leonarda, Ku Klux Klan de la juste pensée », Arrêts sur images, 12 novembre 2013.  https://www.arretsurimages.net/articles/leonarda-ku-klux-klan-de-la-juste-pensee-polony-marianne (Consulté le 25 septembre 2019).

[3] Hélas, on ne saura jamais si, dans l’esprit de Jacques Chirac, cette catégorie incluait également les populations (noires pour une bonne partie d’entre elles) des territoires d’Outre-mer qui sont français depuis plusieurs siècles et qui ne sauraient donc être considérés comme des immigres, y compris en France métropolitaine.

[4] Sébastien Fontenelle. Les briseurs de tabous. Intellectuels et journalistes « anticonformistes » au service de l’ordre dominant. Paris, Éd. La Découverte, coll. Cahiers libres, Paris, 2012, 180 p. Les « dérapages » de Renaud Camus, Hélène Carrère d’Encausse et Finkielkraut sur lesquels nous revenons ci-dessous sont également cités dans l’ouvrage de Sébastien Fontenelle.

[5] La vidéo des déclarations « très fermes » de Jacques Chirac est disponible en ligne à l’adresse suivante :

https://www.youtube.com/watch?v=1XjvrWqhqZs 0 : 20-1 :16 (consulté le 26 septembre 2019)

[6]  Rappelons qu’en 2005, l’Assemblée nationale française a voté une loi qui imposait aux programmes scolaires de « reconnaitre le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Les articles les plus controversés de cette loi, votée aussi bien par des députés de gauche que de droite, ont été abrogés par le président de la République de l’époque : un certain Jacques Chirac… Et on le comprend ! La persistance du bruit et des odeurs chez les travailleurs africains immigrés en France plusieurs décennies après les indépendances ne suffisait-elle pas à démontrer l’échec cuisant de la « mission civilisatrice » ? Sur la loi de 2005 et les débats qu’elle a suscités, voir Catherine Coquery-Vidtrovitch Enjeux politiques de l’histoire coloniale. Agone. 2009, 192p. ou encore Enzo Traverso, L’Histoire comme champ de bataille. La Decouverte, 2012.

[7] « Beaucoup de ces africains sont polygames », Libération, 15 novembre 2005. https://www.liberation.fr/evenement/2005/11/15/beaucoup-de-ces-africains-sont-polygames_539018 (consulté en ligne le 24 septembre 2019 )

[8] Certains téléspectateurs de Public Senat ont ainsi eu le privilège de visionner en mars 2018, une émission à laquelle participait notre académicienne à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. ‘’Hélène Carrère d’Encausse & Delphine Horvilleur : Femme académicien et femme rabbin’’ https://www.publicsenat.fr/emission/livres-vous/helene-carrere-d-encausse-delphine-horvilleur-femme-academicien-et-femme-rabbin  (consulté en ligne le 24 septembre 2019)

[9] « Nous avons des lois qui auraient pu être imaginées par Staline.(…) Le politiquement correct de notre télévision est presque comme la censure des médias en Russie. » https://www.liberation.fr/evenement/2005/11/15/beaucoup-de-ces-africains-sont-polygames_539018

[10] « Finkielkraut, les « noirs » et les « arabes » », l’Observateur, 24 novembre 2005. https://www.nouvelobs.com/societe/20051123.OBS6303/finkielkraut-les-noirs-et-les-arabes.html (consulte le 24 septembre 2019)

[11] Ibid.

[12] Maria CANDEA, Laélia VÉRON. Le français est à nous ! Petit manuel d’émancipation linguistique. La Découverte, 2019.

 [13] Ibid

[14] Ministre de l’intérieur de juin 2009 à février 2011.

[15] « Le Zemmour tour, édition 2018 », Acrimed, 1er octobre 2018 (consulté le 24 septembre 2019)

https://www.acrimed.org/Le-Zemmour-Tour-edition-2018

[16] Sur le site de l’éditeur qui a publié cinq ouvrage d’Eric Zemmour entre 2012 et 2018, l’essayiste y est sobrement décrit comme « un des journalistes français les plus redoutés, les plus lus et les plus écoutés (RTL, Le Figaro magazine et Le Figaro). » https://www.albin-michel.fr/auteurs/eric-zemmour-17141

[17] « Eric Zemmour, invité vedette de Laurent Wauquiez chez Les Républicains », Le Monde, 31 janvier 2019. https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/31/eric-zemmour-invite-vedette-de-laurent-wauquiez-chez-les-republicains_5417137_823448.html

[18] Voir le site internet de l’émission https://www.6play.fr/zemmour-naulleau-p_875 (consulté le 24 septembre 2019)

[19] « Critiquée pour avoir diffusé en direct un discours islamophobe d’Eric Zemmour, LCI reconnait que « le format » n’était pas « approprié ». », France Info, 29 septembre 2019.  https://www.francetvinfo.fr/economie/medias/critiquee-pour-avoir-diffuse-en-direct-un-discours-islamophobe-d-eric-zemmour-la-chaine-lci-reconnait-que-le-format-n-etait-pas-approprie_3637409.html (consulté le 30 septembre 2019).

[20] « Dieudonné, Soral, Zemmour et la haine des autres », le Nouvel Observateur, 9 janvier 2014. https://www.nouvelobs.com/societe/20140109.OBS1837/dieudonne-soral-zemmour-et-la-haine-des-autres.html

[21] Voir Saïd Bouamama. L’affaire du foulard islamique. La production d’un racisme respectable. Editions Le Geai Bleu, 2004, 180 p.

[22] « Contre Dieudonné, l’édiocrate Philippe Tesson rétablit la peine de mort », Acrimed, 21 janvier 2014. https://www.acrimed.org/Contre-Dieudonne-l-editocrate-Philippe-Tesson-retablit-la-peine-de-mort (consulté le 24 septembre 2019)

« Tesson favorable à la peine de mort pour Dieudonné », CNews, 14 janvier 2014.

https://www.cnews.fr/media/2014-01-14/tesson-favorable-la-peine-de-mort-pour-dieudonne-649059

[23] « Tesson, les musulmans et la merde. (Europe 1) », Arrêts sur images, 14 janvier 2015.  https://www.arretsurimages.net/articles/tesson-les-musulmans-et-la-merde-europe-1 (consulté le 29 septembre 2019).

[24] Vérité unanimement admise sauf par quelques dénégateurs tels que Marwann Muhammad et Abdellali Hajjat, auteurs du livre Islamophobie. Comment les élites françaises produisent le « problème musulman » qui proposent une toute autre explication sur l’origine du terme islamophobie.

[25] Manuel Valls : « L’islamophobie est le cheval de Troie des salafistes », le Nouvel Observateur, 31 juillet 2013. https://www.nouvelobs.com/politique/20130731.OBS1612/manuel-valls-l-islamophobie-est-le-cheval-de-troie-des-salafistes.html. Certains esprits malveillants se sont amusés à relever, de manière faussement ironique, la prétendue contradiction qu’il y aurait dans les propos de Manuel Valls, pourfendeur du conspirationniste ayant recours à des théories complotistes (cheval de Troie), pour retracer la genèse, ainsi que l’imposition dans le débat public français, du terme « islamophobie ».

[26] Il s’agit bien évidemment d’une liste non exhaustive que nous aurions pu affiner en ajoutant les thuramistes, les anti-chalgoumistes, certains droits-de-l’hommistes, les indigénistes (de la République), les mehdi-meklatistes et autres soralo-dieudonnistes.

[27] Les complotistes y décèleront une expression calquée sur celle de « judeo-bolchevisme » dont les ravages, au siècle dernier, ne sont plus à démontrer.

[28] Formule popularisée par Emmanuel Brenner, pseudonyme de l’historien Georges Bensoussan, auteur de Les territoires perdus de la République. Antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire. Editions mille et une nuits. 2002.

Le 10 octobre 2015, dans le cadre de l’émission Répliques animée par un certain Alain Finkielkraut, Georges Bensoussan déclarait : « Nous sommes un présence d’un autre peuple au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs qui nous ont portés. […]  C’est une honte que de maintenir ce tabou à savoir que dans les familles arabes en France et tout le monde le sait et personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère. » Poursuivi par plusieurs associations antiracistes pour « incitation à la haine raciale », Georges Bensoussan a été définitivement relaxé en septembre 2019. Voir le compte rendu dithyrambique de l’historienne Barbara Lefebvre, par ailleurs co-auteur de Les Territoires perdus de la République, dans le Figaro : « Georges Bensoussan relaxé : une victoire de la liberté d’expression. » http://www.lefigaro.fr/vox/societe/georges-bensoussan-relaxe-une-victoire-pour-la-liberte-d-expression-20190919. (consulté le 30 Septembre 2019)

Malgré la relaxe de Bensoussan, cette affaire aura provoqué beaucoup de remous dans les milieux antiracistes, notamment au sein de la Ligue Internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) avec la démission du journaliste Mohamed Sifaoui. Dans un message publié sur sa page Facebook le 6 septembre 2017, il dénonçait une association « largement noyautée par des individus, des femmes et des hommes, qui n’ont strictement rien à faire dans des organisations antiracistes » ; des individus qui selon Sifaoui, sont « nourris pour la plupart, d’un communautarisme abject. » https://www.facebook.com/MOHAMEDSIFAOUIJOURNALISTE/posts/1432162753541478/. Voir aussi, sur le site de l’hebdomadaire Marianne, la réponse de Mohamed Sifaoui aux critiques de la journaliste Martine Gozlan ; une réponse dans laquelle le journaliste interroge ses détracteurs : « ‘’Courageux’’ donc lorsque je dénonce les affres de l’islam politique et ‘’étrange’’ quand je condamne des propos racistes, sans nuances ni distinction, dirigés contre les musulmans ? […] Comment peut-on venir aujourd’hui sur les colonnes du journal qui -je le pensais- connait le mieux mon parcours et mes combats laisser entendre que je serais lié, d’une manière ou d’une autre, à ceux que je combats et qui me menacent de mort ? ». Avant de conclure : « Contrairement à mes nouveaux détracteurs, je ne crois pas que l’antiracisme peut être crédible quand il est à géométrie variable. » https://www.marianne.net/debattons/idees/proces-bensoussan-la-reponse-de-mohamed-sifaoui (consulté le 30 septembre 2019).

[29] N’en déplaise à des « intellectuels » comme Ivan Segré, auteur de La Réaction philosémite ou la trahison des clercs, (Editions Lignes, 2009, 264p.), ouvrage dans lequel l’auteur affirme que certaines enquêtes sociologiques sur les Territoires perdus de la République, auraient été truquées…

[30] Ceux qui sont tentés de croire que ce sobriquet est légèrement excessif pour Eric Zemmour n’ont qu’à se référer à cette anecdote rapportée, en 2010, par le principal intéressé : « Au salon du livre, une lectrice m’a dit : ‘’Je suis d’origine russe et j’ai retrouvé dans votre affaire ce qu’on vivait en URSS, ou on ne savait jamais ce qu’on pouvait dire avec qui.’’ ». Cité par Sébastien Fontenelle. Les briseurs de tabous. Op. cit

[31] « Renaud Camus pris en flagrant délit d’antisémitisme », L’Humanité, 20 avril 2000. https://www.humanite.fr/node/226104

[32] « France Culture accuse l’écrivain Renaud Camus d’antisémitisme », Le Temps, 25 avril 2000. https://www.letemps.ch/culture/france-culture-accuse-lecrivain-renaud-camus-dantisemitisme (consulte le 26 septembre 2000).

[33] « Alain Finkielkraut reprend à son compte la théorie du « grand remplacement »de Renaud Camus », Les Inrockuptibles, 30 octobre 2017.  https://www.lesinrocks.com/2017/10/30/actualite/politique/alain-finkielkraut-reprend-son-compte-la-theorie-du-grand-remplacement-de-renaud-camus/ (consulté le 25 septembre 2019)

Commentaires

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Romy Lucas

Bonjour Bouna, Merci pour cet article et cette perspective intéressante et satirique, dans un style disons...néo-voltérien !…

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Romy Lucas

Bonjour Bouna,
Merci pour cet article et cette perspective intéressante et satirique, dans un style disons…néo-voltérien !
Je ne pense pas que l’espace commentaire ne soit le lieu idéal pour discuter votre article, mais je serai ravi de pouvoir débattre/discuter avec vous sur ce sujet… pour nuancer le fond.
Lucas R

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