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International Le 9 décembre 2015

Entretien avec l’ambassadeur de Suisse en Haïti

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Entretien avec l’ambassadeur de Suisse en Haïti

Jean-Luc Virchaux, ambassadeur de Suisse en Haïti © Coopération suisse en Haïti

Entre les deux tours de l’élection présidentielle en Haïti, l’ambassadeur de Suisse à Port-au-Prince Jean-Luc Virchaux m’a reçu chez lui pour un entretien sans langue de bois. Nous avons abordé le processus électoral, l’aide au développement mais aussi le rôle des élites et la place de la mémoire en Haïti.


Parcours

 

Vous êtes à la fois ambassadeur et chef de coopération en Haïti. Quel est votre parcours ?

Jean-Luc Virchaux : J’ai appris un métier qui me destinait à devenir coopérant puisque j’ai étudié l’agronomie à l’École polytechnique de Zurich. Je me suis spécialisé en économie. Après mes études, je suis devenu consultant auprès des Nations unies au Burkina Faso, puis j’ai travaillé comme consultant indépendant. Ma volonté était d’avoir une analyse poussée des politiques agricoles mais il me manquait de l’expérience de terrain, je n’avais qu’un bagage académique. La Confédération m’a demandé un jour d’évaluer un projet de développement au Burkina Faso, c’est ainsi que je suis entré au département de la Coopération comme coordonnateur adjoint. J’ai ensuite continué de me former à Berne avant de devenir responsable au Mali de quelques dossiers de nature politique. À la base, ce n’est pas la tâche des coopérants, mais en l’absence d’ambassadeur sur place, il fallait prendre des initiatives. J’ai notamment géré plusieurs prises d’otages au Mali. L’essentiel dans ces cas-là est d’avoir une ligne et un discours forts.


La Coopération suisse en Haïti

 

Quels sont les défis de la Coopération suisse en Haïti ? Quelle attitude adopter pour les relever ?

Premièrement, la bonne gouvernance et l’État de droit. Deuxièmement, l’agriculture et la sécurité alimentaire, et enfin la prévention et la gestion des risques et des catastrophes. Pour relever ces défis, il ne s’agit pas simplement de dépenser de l’argent, mais bien de le faire de façon intelligente. De manière à obtenir des résultats durables. On cherche à permettre aux institutions de se construire. Haïti est un pays très complexe et la difficulté est de mieux comprendre, de mieux s’inscrire dans ce que les Haïtiens veulent. Tout cela prend du temps. Nous n’avons pas encore toute l’ampleur que nous souhaitons mais nous travaillons par étapes, tant avec l’État qu’avec la société civile. Les niveaux de gestion ne sont souvent pas adéquats et la corruption est élevée. Nous sommes donc prudents.

Élections à Port-au-Prince © Youri Hanne

Élections à Port-au-Prince © Youri Hanne

Expliquez-nous votre politique d’accompagnement.

Accompagner, c’est être ni devant, ni derrière, mais aux côtés de l’autre. L’aider à construire des autonomies. En termes de durabilité et en termes institutionnels. Le développement et la coopération ne se décrètent pas. Dans un pays comme Haïti où l’État est quasi inexistant, il faut miser autant que possible sur la responsabilité des acteurs politiques, sociaux, comme les organisations régionales, paysannes, les associations de femmes. Ces acteurs ont une légitimité politique. Nous ne sommes pas là pour penser à leur place les solutions à leurs problèmes, mais pour les aider à mettre en place les conditions de rêver à un changement. Les conditions pour agir en sachant ce que les actes impliquent concrètement. Malheureusement, tout l’appareil de l’aide internationale traîne derrière lui un monde d’expertise. C’est un véritable business. L’expertise finit par retirer des capacités de solutions locales. On oublie toute idée de bricolage qu’on pourrait faire avec les moyens du bord. L’aide fonctionne à rebours du bon sens et finit par trouver des problèmes à ses propres solutions. La difficulté, c’est que nous sommes en permanence sous la contrainte du résultat. Notre société et notre pensée gestionnaire nous l’imposent. Mais le renforcement de capacités n’est pas un processus que l’on peut chiffrer. On peut compter le nombre de trous que l’on creuse pour trouver de l’eau, mais ce n’est pas un processus durable. Le durable, c’est la construction sociale et politique.

Après le séisme en Haïti, la mobilisation de fonds a été phénoménale. L’aide internationale a débarqué dans un no man’s land avec l’obligation d’agir, alors que toutes les structures haïtiennes étaient effondrées. Pour exemple, les ministères des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale ont disparu avec l’ensemble de leurs cadres. Il aurait fallu reconstruire des éléments de l’État pour qu’il pense et prenne en main la reconstruction. Or ça n’a pas été le cas. C’était d’ailleurs plus facile pour l’aide internationale. Cela a terriblement marqué l’évolution du pays et entretenu l’absence de volonté des acteurs politiques haïtiens. Lorsqu’on coopère, on est évidemment dans des rapports de force. Or, il existe en Haïti un réel problème d’appropriation. L’aide est présente depuis des décennies et pourtant, la confrontation existe peu.

 

Accompagner repose sur la volonté d’être accompagné…

En effet, c’est un apprivoisement mutuel qui implique un rapport de confiance. La complexité de notre rôle vient notamment du fait que nous avons le devoir d’engager de l’argent. Passer une année sans engager de l’argent serait incompréhensible par nos députés, surtout après le déballage médiatique concernant Haïti. Il faut aussi de l’aide d’urgence. Le défi est de passer de l’urgence au durable sans détruire définitivement le système à travers l’obligation de résultat. J’ai davantage une trajectoire d’aide au développement et moins d’aide humanitaire. J’ai été formé pour penser le moyen et le long terme. C’est sans doute pour cela que je suis à ce poste. D’une part comme ambassadeur « extraordinaire et plénipotentiaire », qui implique une lourde responsabilité : quand je parle, c’est la Suisse qui parle. D’autre part, j’ai un budget de 20 millions de francs à engager par année, ce qui n’est pas le cas d’un ambassadeur « ordinaire ».

 

En matière de développement, peut-on parler de bénéficiaires ?

C’est un biais inacceptable. Si l’on octroie un crédit à un paysan à un taux de 3% par mois sur sa production, comment peut-il être considéré comme bénéficiaire ? Il est soit acteur responsable, soit victime. Si on parle de bénéficiaires, comment responsabiliser les gens ? Et l’État ? Il y a effectivement des gens qui profitent d’une aide, mais ils demeurent des acteurs capables de faire des choix. Si je suis acteur, j’assume mes choix et le système me reconnaît par rapport à ce que je fais. Le langage impose toujours des schémas.

© Coopération suisse en Haïti

© Coopération suisse en Haïti

Quels sont les enjeux pour la Suisse ?

La Suisse n’a pas beaucoup d’enjeux politiques avec Haïti. Le secteur privé suisse est très peu présent ici. L’essentiel réside dans la coopération. Nous travaillons à améliorer la concertation entre l’ensemble des partenaires techniques et financiers présents en Haïti. La coordination actuelle de l’aide, qui est l’affaire de l’État, est malheureusement très faible à l’image des institutions étatiques. Notre mission est d’accompagner l’État haïtien à occuper cet espace de la coordination et d’œuvrer à le renforcer. Depuis cinq ans, Haïti s’est reconstruit en partie. Il faut saluer le travail qui a été fait mais ce n’est pas suffisant, en particulier au niveau du renforcement des institutions. On a l’impression que Haïti s’enfonce depuis trente ans et son PIB par habitant diminue depuis des décennies. Le rapport à l’économie est compliqué. Il ne suffit pas de décréter le partenariat public-privé (PPP) pour que le secteur privé puisse se développer. Le coût des facteurs eau, électricité, formation professionnelle, foncier est beaucoup trop élevé pour que le PPP fonctionne. Et cette illusion qui veut que la solution réside dans le PPP vient aussi de chez nous. Or, le privé —dans sa dimension d’investisseur — et l’État ont chacun leurs logiques. Tant que l’on n’arrivera pas à les thématiser, à poser nos différences, à dégager des intérêts communs, ce partenariat éprouvera des difficultés à produire des résultats durables.

 

Concernant l’agriculture, que fait la Coopération suisse ?

Nous travaillons notamment sur les filières cacao et igname ainsi que le crédit agricole. Le crédit agricole est un secteur dans lequel les systèmes bancaires sont peu proactifs. Aussi nous cherchons à former le personnel des systèmes bancaires aux logiques de la production agricole. Mais on n’invente rien, nous ne cherchons pas à mettre en place de nouvelles structures, nous travaillons avec l’existant. Nous demeurons très interrogatifs sur le coût du prêt. Dans la production agricole on ne peut pas se permettre des taux d’intérêt trop élevés. C’est sur la base des résultats que nous déciderons de continuer notre appui dans ce sens ou pas. Parmi les cibles les plus pauvres que nous visons se trouvent les exploitations paysannes dirigées par des femmes. Ainsi nous soutenons l’ONG Fonkose qui travaille à l’amélioration de l’éducation de leurs enfants, aux techniques culturales et à leur accès à la terre. L’agriculture en Haïti est un domaine qui nous amène à revoir notre vision des choses. On parle rarement des paysans comme étant des acteurs. Ils ne sont pas pris en considération comme les autres travailleurs. C’est le pays « en dehors ». Nous ne sommes pas en phase avec ce milieu. Il n’existe ni reconnaissance du statut de paysan, ni de la propriété foncière. La paysannerie n’est pas prise en compte dans la capacité productrice du pays. Elle représente pourtant la moitié de la population et de la production nationale. Sans la prise en compte de ses aspirations, il sera difficile d’élaborer des politiques agricoles qui devraient à terme changer les systèmes de production de l’agriculture familiale paysanne. Ceci ne remet pas en cause la place de l’agrobusiness ni les évolutions vers davantage de logique entrepreneuriale. Notre coopération cherchera à l’avenir à relever ce défi avec les autorités.


Élites et État haïtien

 

Parlons de décentralisation…

Un débat est fortement souhaitable sur la question de la décentralisation. La décentralisation n’a jamais vraiment été mise en œuvre en Haïti. Prenons les élections locales. Depuis la chute du régime des Duvalier, elles sont le parent pauvre du système électoral haïtien. Cette année, les locales ont déjà été repoussées en décembre. On peut se demander si elles auront bien lieu. D’ailleurs les contributions aux partis politiques sont essentiellement dévolues aux présidentielles et aux législatives ainsi qu’aux mairies. L’État est donc faible voire inexistant au niveau local. Les mairies n’ont pas suffisamment de moyens pour agir ou se retrouvent dans des logiques de captation des ressources. On se reporte sur les élus du peuple pour exécuter un certain nombre de choses, or ce n’est pas leur rôle. Bien souvent, les députés et les sénateurs semblent se substituer aux élus locaux. Notre rôle serait d’accompagner les collectivités locales. De soutenir la mise en place de mécanismes pour améliorer les services publics des municipalités. Comme le dit l’adage, c’est la République de Port-au-Prince. Cette centralisation extrême empêche de construire un État local et, du coup, le sentiment de citoyenneté. L’État central ne met pas la priorité sur le niveau local afin d’y développer les compétences nécessaires pour garantir un service public minimum : eau, électricité, services sociaux et d’état civil. Mais construire des institutions légitimes ne peut pas se faire uniquement par le haut. Malgré deux siècles d’indépendance, Haïti n’a pas produit de réflexion sur la rupture avec le système dominant, celui de la métropole. On est confronté à un État centralisé et assisté depuis longtemps.

 

Quid des élites ?

Pour l’essentiel, les élites sont totalement déconnectées de la réalité du peuple, essentiellement paysan. Elles envoient leurs enfants dans des écoles privées américaines ou françaises et se projettent sur Miami, Montréal ou Paris. Leur ambition n’est jamais le village haïtien. Elle n’est pas de transformer le village d’où elles sont issues en un lieu qui a accès aux services publics, au savoir, à l’éducation. Or, on est dans l’incapacité de poser ce problème sur la table dans un dialogue politique.

Manifestations à Port-au-Prince © Youri Hanne

Manifestations à Port-au-Prince © Youri Hanne

La mémoire du peuple et la conscience de son histoire dépendent-elles des institutions publiques ?

La mémoire dépend surtout de la reconnaissance sociale commune. Haïti est un pays d’esclaves arrivés de toutes parts. Ils ont été systématiquement placés en situation d’humiliation et de non-existence. On ne s’imagine pas ce qu’a pu être l’esclavage ici. Haïti a payé les frais de l’indépendance des pays d’Amérique latine, elle a aidé les États-Unis dans leur guerre de Sécession, et la Grèce dans son indépendance à la fin du 19ème siècle. Il est fascinant que ce pays d’esclaves qui a réussi à faire une révolution, à subir des embargos, des invasions, et des dettes ignobles n’ait pas eu la capacité d’intérioriser sa propre histoire. Haïti a produit quantité de littérature et de cinéma, mais ces produits ne sont pas partagés socialement. Il existe de nombreuses associations de la société civile qui se battent tragiquement contre des moulins à vent. C’est une tragédie au sens don quichottesque. Et en général, ces associations sont pilotées par les élites, pas par des petits paysans. Or la paysannerie est la classe qui a le plus souffert de la dictature duvaliériste.

 

La jeunesse haïtienne a-t-elle conscience de la richesse culturelle du pays?

Non, car rien n’est capitalisé, tout se fait dans des bulles. Il n’y a quasiment aucun partage social. Pourtant, je n’ai jamais vu une culture aussi intégrée dans la population, mais cela reste l’apanage de minorités. La jeunesse n’a pas de réelle conscience sociale. Il n’y a pas non plus de volonté politique de la part de l’État de développer cette conscience, de travailler sur le devoir de mémoire et sur l’impunité qui prévaut concernant la période de la dictature. On la protège et on la tait. Or, à cette époque s’est fait l’affaiblissement radical de l’État et sa déconstruction à tous les niveaux.

 

Vous êtes chargé de la restitution des fonds illicites de Jean-Claude Duvalier, déposés sur des comptes suisses et récupérés par la Confédération. Le devoir de mémoire est-il une condition de cette restitution vers Haïti ?

Au niveau de la société civile haïtienne, il existe de nombreuses initiatives pour faire un travail de mémoire au niveau des droits humains, à commencer par les Taïnos et l’esclavage, et sur le passé sombre de la période des Duvalier. La Suisse a effectivement proposé d’allouer une petite partie des fonds, 6.25 millions de dollars au total, au devoir de mémoire. C’est en négociation avec le gouvernement qui souhaite davantage d’investissement dans le secteur de la justice. Je suis certain que nous trouverons une voie commune. Le peuple haïtien s’est battu de manière exemplaire pour ses droits. Cependant, si vous demandez à un jeune haïtien ce qui s’est passé sous Papa Doc (François Duvalier, père de Jean-Claude, NdA), il aura les plus grandes difficultés à vous répondre. « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ». À côté des initiatives citoyennes, il faut une volonté politique pour capitaliser sur la mémoire, malheureusement ce n’est pas toujours une priorité. Pourquoi n’y a-t-il pas par exemple de volonté politique de travailler sur le système d’alphabétisation créole ? C’est à se demander si les élites ne veulent pas maintenir le peuple dans un état d’ignorance.


L’ONU en Haïti

 

Quel regard portez-vous sur la présence des Nations unies en Haïti ? Peut-on parler d’occupation ?

Haïti est un pays indépendant, pas un pays occupé. Il a accepté de fait une puissance annexe pour régler certains problèmes qu’il ne parvenait pas à régler seul. La présence de la MINUSTAH (Mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti) interroge sur la capacité d’occupation des espaces de responsabilité par les leaders politiques haïtiens. En plus d’une décennie de présence en Haïti, les Nations unies y ont déjà investi quelques 8,5 milliards de dollars. Mais pour quels résultats ? La question est difficile à poser pour les Nations unies qui viennent de renouveler le mandat de la MINUSTAH pour un an. L’ensemble des leaders politiques haïtiens doit s’interroger sur l’acceptation d’une puissance comme celle-ci. Cette situation ne va pas dans le sens de la responsabilisation des acteurs haïtiens. La communauté internationale a largement financé le processus électoral en cours. La formule consacrée « ce n’est pas de ma faute » que l’on entend ici ne tient pas. Haïti ne peut pas faire l’économie d’un travail d’introspection pour sortir de cette logique. Chacun doit être partie prenante, acteur de sa société, que ce soit en tant que responsable politique, en tant que paysan ou en tant que ménagère.

Un soldat des Casques bleus de la MINUSTAH © Thibaut Monnier

Un soldat des Casques bleus de la MINUSTAH © Thibaut Monnier


Élections

 

Quel regard portez-vous sur le processus électoral en cours ?

J’ai une grosse interrogation sur l’ensemble du processus électoral. Il est le résultat de l’absence de toute une série de décisions politiques et d’élections qui devaient avoir lieu ces cinq dernières années. La Constitution haïtienne est très complexe et prévoit de fréquents renouvellements des mandats au Parlement. Les sénateurs, par exemple, sont élus pour six ans mais leurs mandats sont renouvelés par tiers tous les deux ans. C’est un processus très lourd de convier des élections, surtout dans un pays qui manque cruellement d’infrastructures. Résultat : le pays est sans Parlement depuis le mois de janvier. Le président est tout puissant et gouverne par décrets. La communauté internationale est omniprésente depuis 2010. Le mandat de la MINUSTAH a été reconduit pour une année supplémentaire, mais sur la base de quel bilan ? Après dix ans de présence et 8, 5 milliards investis pour la stabilité, la paix et le fonctionnement global des institutions, on peut s’interroger sur le résultat obtenu. Le processus électoral en cours a été financé à plus de 75 % par la communauté internationale, or la souveraineté d’un pays est d’abord liée à ses ressources économiques. Pourtant, Haïti reste un cas d’école de l’échec de l’aide. Par ailleurs, la communauté internationale n’a pas posé comme exigence quelconque révision de la Constitution pour permettre un fonctionnement plus souple des institutions démocratiques, mieux adapté à la capacité de financement interne et à l’autonomie du pays. La finalité pour la communauté internationale est simplement d’avoir des élections pour se convaincre d’aller dans le sens de la démocratie qu’on prétend universaliste. Nous devons nous interroger là-dessus et chercher à mener un dialogue politique pour amener les autorités et les élites à prendre leurs responsabilités. Il faut pour cela sortir des logiques de drapeaux et favoriser le dialogue entre les bailleurs de l’aide internationale.

 

Le second tour des élections présidentielles en Haïti est prévu pour le 27 décembre 2015. Pour l’heure, les résultats préliminaires du premier tour sont entachés de plusieurs cas de fraude et ont fait descendre une partie de la population dans la rue. La Communauté internationale s’est toutefois décerné un auto satisfecit.

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