Société Le 20 août 2017

Plaidoyer pour une mémoire consciente et non sélective

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Plaidoyer pour une mémoire consciente et non sélective

© David Mark


Alors que les États-Unis se déchirent autour des monuments dédiés à la Guerre de Sécession, Jocelyn Daloz se demande si déboulonner les statues de personnages historiques controversés pour des raisons d’ordre moral constitue la bonne manière d’appréhender les heures sombres de notre passé collectif.


 

Les événements tragiques de Charlottesville et la réaction du président états-unien suscitent un tollé dans la sphère médiatique américaine et se relaient sur les réseaux sociaux. On reproche à Donald Trump de ne pas avoir suffisamment condamné les néonazis américains et la nébuleuse alt-right suprématiste blanche, qui a manifesté le week-end passé dans la petite ville de Virginie. Les motivations, les paroles et la violence de la manifestation des nationalistes américains ne sont pas défendues dans cette prise de position, pas plus que la légitimité de la gauche libérale à s’opposer à leurs idéologies racistes et rétrogrades n’est remise en question.

En revanche, cet article propose de s’intéresser à l’événement qui a tout déclenché, c’est-à-dire la décision de la municipalité de Charlottesville de déboulonner la statue du général sécessionniste emblématique, Robert E. Lee1.

La décision de la ville de l’Etat de Virginie suit les mesures prises ou mises en œuvre cette année par plusieurs autres municipalités du sud des Etats-Unis, notamment La Nouvelle-Orléans. Celle-ci a démonté quatre monuments rappelant les temps de l’esclavagisme et de la Confédération. Et là aussi, l’ambiance fut houleuse : des manifestants ont agité des drapeaux sécessionnistes et proféré des insanités racistes, alors qu’une des statues a été également vandalisée2. Entre les partisans de ce type de mesures, qui assurent ne voir dans ces statues que le symbole de l’oppression, et les militants extrémistes qui voient dans leur démantèlement une attaque à leur identité, se trouve un débat plus profond sur la mémoire collective et le passé historique parfois douloureux des états-nations européens et occidentaux.

 

Des reliques encombrantes

En effet, le débat resurgit à chaque fois que des reliques jugées inadéquates à la morale contemporaine sont retirées de leurs emplacements originaux et placés dans des musées. Cachés, confinés aux oubliettes, diront les uns. Exposés avec une explication pédagogique et une contextualisation, diront les autres. Le monde universitaire anglo-saxon est particulièrement riche en exemples de ce genre : des étudiants de Princeton se sont insurgés de l’omniprésence de Woodrow Wilson sur leur campus. Ils estiment que se souvenir de cet homme en tant que président de l’Université et pour avoir créé la Société des Nations à la fin de la Première Guerre mondiale éclipserait le fait que Wilson était ouvertement raciste.

Après la mobilisation « Rhodes Must Fall » à l’Université de Cape Town, en 20153, le Oriel College de Oxford a également eu droit à son mouvement estudiantin appelant à retirer une statue de Cecil Rhodes4, colonialiste anglais qui a donné son nom à la Rhodésie et qui incarne l’emblème par excellence de l’impérialisme anglais. Dans la même veine, une association d’étudiants de la SOAS (School of Oriental and African Studies, constituante de l’Université de Londres) va plus loin, en appelant à une réévaluation totale du curriculum universitaire, l’estimant trop empreint des enseignements occidentaux. Elle appelle à la « décolonisation des études et des esprits », estimant que les philosophes blancs doivent être lus avec précaution, parce que leur philosophie est forcément empreinte de racisme. Leur mouvement suscite un débat complexe sur le choix des penseurs étudiés en sciences sociales et en philosophie5.

Des étudiants du King’s College, eux, se contentent d’un appel à retirer la photo d’un alumnus gênant, l’ancien archevêque de Canterbury George Carey, pour ses prises de position sur le mariage gay qui ont indigné les milieux LGBT6. Sa photo a été retirée, et le King’s College s’est justifié en expliquant que le mur où figurent les alumni ne rendrait pas assez compte de la diversité de la communauté estudiantine. Enfin, le Daily Mail et RT ont également relayé l’information selon laquelle le King’s College se proposait de retirer deux statues de psychologues renommés, jugeant que leur statut d’homme blanc hétéro était trop intimidant7.

 

Les héros suisses d’un jour tombés dans la disgrâce

La Suisse elle-même n’est pas exempte de ce genre de polémiques : un article du Temps tenait à rappeler cet été la part d’ombre du grand industriel Alfred Escher, fondateur de Credit Suisse, grand instigateur de la construction de chemins de fer et à qui on doit également le financement d’une des plus prestigieuses universités suisses, l’EPFL8. L’article rappelle qu’une partie de la fortune colossale du politicien et homme d’affaires proviendrait de revenus générés par une plantation à Cuba où étaient employés des esclaves. Il s’agirait dès lors de revisiter notre précieux mythe national et de ne surtout pas oublier ses parts d’ombre. Enfin, l’alpiniste Reinhold Messner s’est récemment indigné que le sommet Agassizhorn, dans l’Oberland bernois, du nom du glaciologue Louis Agassiz, dont les idées nauséabondes en ont fait un des fers de lance du racisme scientifique à la fin du 19ème siècle, n’ait pas encore été renommé9.

Les exemples se multipliant, on ne peut s’empêcher de se poser des questions au sujet des revendications de rayer de nos monuments ou de nos espaces publics des pans de notre Histoire pour des questions de morale. Les virulents opposants à ces pratiques accusent assez vite les pétitionnaires de tous les maux, les assimilant à la Gestapo ou au stalinisme. Toute comparaison serait évidemment un peu hasardeuse et exagérée ; après tout, les bustes ne sont pas détruits, le nom de Cecil Rhodes n’est pas rayé des livres d’histoire, pas plus que ceux de Jefferson Davis ou de Robert Lee. Mais la démarche ressemble quand même à une tentative de modifier la façon dont nous nous souvenons du passé et d’apporter un jugement prétendument moral à notre histoire.

Si les défenseurs des droits humains se positionnent au nom de la morale, ils se rendent inattaquables : ils sont contre Cecil Rhodes ou Agassiz parce qu’ils étaient racistes, et ceux qui s’opposent à eux se discréditent, soit parce qu’ils militent sans complexe pour la préservation de la mémoire d’hommes voués aux gémonies, soit puisqu’ils se voient endosser la position, peu confortable mais plus intelligente, de la nuance et de la réflexion non dogmatique. En effet, se baser sur des principes moraux pour justifier une action symbolique dans la sphère publique implique de créer un cercle de valeurs qu’on estime universelles à l’aune desquels on jugera non seulement nos contemporains, mais encore nos ancêtres. Dès lors, on se propose non pas simplement de compléter l’histoire pour rendre compte de faits négligés par les historiens, entreprise qui serait légitime et enrichirait nos livres d’histoire, mais également de décider quelles figures historiques sont dignes de notre admiration et donc de figurer au-dessus des porches de nos bâtiments.

Le caractère sélectif de ces attaques est également problématique. Le fait d’avoir été raciste, d’avoir soutenu une entreprise coloniale ou de s’être investi dans la lutte contre l’Union et les abolitionnistes devient la seule facette de leur personne digne de réflexion. Le reste de leurs accomplissements ou de leurs actes est éclipsé, puisque de bonnes actions, ou tout simplement des accomplissements indépendants de leurs opinions politiques, ne sauraient justifier les mauvaises. Louis-Ferdinand Céline ne serait plus un génie parce que son antisémitisme le rend si antipathique que son œuvre est discréditée ; les opéras de Wagner ne peuvent pas être beaux puisque ses opinions politiques ne l’étaient pas. Clint Eastwood est un réalisateur médiocre puisqu’il a soutenu Mitt Romney et que ses films véhiculent une image conservatrice de la virilité.

La sélection se fait également dans les cibles. Évidemment, celles-ci sont les emblèmes les plus apparents de nos heures sombres ; mais derrière Cecil Rhodes se cachent des centaines de milliers d’autres Britanniques qui ont également participé à l’entreprise coloniale, des centaines d’autres personnalités dont les statues se dressent encore dans les villes britanniques, tels que Winston Churchill, la reine Victoria, Rudyard Kipling, Benjamin Disraeli, etc. Robert E. Lee, qui choque surtout par son action politique d’après-guerre pour s’être opposé aux Républicains et au vote des esclaves libérés, a été général dans une armée de centaines de milliers de soldats qui se sont battus, non pas parce qu’ils étaient fanatiquement racistes (du moins pas exclusivement), mais parce qu’on leur en donnait l’ordre.

Et si on veut bien creuser un peu, on trouvera toujours des cadavres dans le placard d’autrui. Si Louis Agassiz et Alfred Escher sont aujourd’hui attaqués, qui oserait réclamer la destitution d’Henri Dunant, dont la figure est aussi l’objet d’un mythe, celui du philanthrope désintéressé et passionné ? En effet, le fondateur de la Croix-Rouge a également été un homme d’affaires aventureux qui a trempé dans l’entreprise coloniale suisse en Algérie10. Certains libéraux américains eux-mêmes n’ont pas la même sévérité de jugement en ce qui concerne le président Woodrow Wilson, comme l’ont rappelé les étudiants de Princeton. Les livres d’histoire se souviennent du président originaire de Virginie comme d’un héros du parti démocrate, celui qui a suscité, en évoquant dans un de ses discours le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’espoir qu’enfin, peut-être, les dirigeants des grandes puissances montreraient de la compréhension face aux revendications d’autonomie des peuples coloniaux. Mais ils oublient le fait qu’il a également été un des présidents les plus interventionnistes de l’histoire : outre le corps expéditionnaire en Europe contre l’Allemagne, il s’est également ingéré dans les révolutions mexicaine et russe en envoyant des troupes combattre pour les seuls intérêts américains. Et si, en ces heures où le président des États-Unis tweete des idioties depuis un terrain de golf, il nous prend de nous rappeler avec nostalgie de Barack Obama, nous ne devons pas oublier que son bilan concernant le renvoi de migrants est mitigé11, qu’il a fait pleuvoir plus de bombes sur le Pakistan ou le Yémen que son prédécesseur12, que c’est sous son mandat que l’affaire Snowden a éclaboussé les services de renseignements américains, ou encore que la prison de Guantanamo est encore fonctionnelle. Ici, ses bonnes actions, ou le symbole positif qu’il représente, tendent à éclipser ses méfaits.

 

Qui peut-on encore mettre sur un piédestal ?

A revisiter notre histoire ainsi, il ne resterait plus grand monde digne de notre admiration, hormis quelques penseurs progressistes et en avance sur leur temps, comme Alexander von Humboldt, qui a non seulement été un grand scientifique mais également un militant contre le racisme face aux Amérindiens et un abolitionniste convaincu13.

Mais pour une exception comme celle-ci, combien de figures emblématiques à abattre ? Aujourd’hui, tout le monde a droit à un article traînant son nom dans la boue. Le Mahatma Ghandi était, semble-t-il, violemment raciste envers les Noirs, du temps où il habitait encore en Afrique du Sud14. Et même Mère Teresa a subi une révision de son mythe : il apparaîtrait qu’elle n’est que le produit d’une vaste opération de communication de l’Eglise catholique visant à redorer son blason, et rien de moins qu’une fanatique religieuse fondamentaliste15.

Alors, quelles statues, quels noms de rue, de montagnes, de stations de métros devrions-nous réviser ? Où est-ce que l’on trace la frontière, celle qui sépare le bon, du mauvais côté de l’histoire ? Ceux qui prêchent à l’envi, et avec raison, qu’il ne faut pas oublier les crimes et les heures sombres du passé, à grand coup de slogans du type « plus jamais cela » et avec un goût pour l’autoflagellation se rapprochant du masochisme, sont paradoxalement les mêmes qui veulent déboulonner les statues et faire tomber dans l’oubli ces figures ambivalentes de notre histoire. Alors que toute l’ambiguïté, toute la complexité de la mémoire collective sont gravées dans les traits de marbre d’un homme comme Cecil Rhodes ou Robert E. Lee.

Ils sont parmi nous, en nous. Comme le mur de Berlin et les barbelés d’Auschwitz, ils nous rappellent que le passé n’est pas si lointain, que l’histoire, sans se répéter, n’est jamais complètement finie, qu’elle est faite par des humains faillibles, complexes, parfois grandioses, parfois vils et cruels, parfois tout cela à la fois. Vouloir confiner nos personnages historiques les plus sombres à des musées, c’est les aliéner de nous, tandis que cela maintient l’apparence que ceux qui ne sont pas publiquement houspillés auraient les mains forcément propres.

Enfin, si nous restons libres de nos jugements personnels, et qu’aucun raisonnement distancé de l’histoire ne peut nous empêcher d’éprouver de la répulsion pour certaines personnes et de l’admiration pour d’autres, gardons-nous de juger en place publique les morts, quand nous avons déjà tant de peine à juger les vivants, selon des critères moraux mal définis. Car ainsi, nous transformons nos sphères médiatiques en autels de l’Inquisition, et la traque sans fin d’éléments impurs prendra alors des allures de chasse aux sorcières, tandis que les cibles se verront méprisées par des personnes qui, malgré leurs airs supérieurs d’apôtres moraux, ressembleront alors à la plèbe qui suivait les condamnés jusqu’à la place de Grève pour se repaître de leur supplice.

 


Références

1. Sheryl Gay Stolberg and Brian M. Rosenthal, “Man Charged After White Nationalist Rally in Charlottesville Ends in Deadly Violence,” The New York Times, August 12, 2017, sec. U.S., https://www.nytimes.com/2017/08/12/us/charlottesville-protest-white-nationalist.html.

2. Richard Fausset, “Tempers Flare Over Removal of Confederate Statues in New Orleans,” The New York Times, May 7, 2017, sec. U.S., https://www.nytimes.com/2017/05/07/us/new-orleans-monuments.html Les villes de St. Louis et de Frédérick Ville ont également enlevé des statues de personnalités marquantes de l’esclavagisme: Celeste Bott, “Remaining Pieces of Confederate Monument Removed from Forest Park,” Stltoday.com, accessed August 13, 2017, http://www.stltoday.com/news/local/govt-and-politics/remaining-pieces-of-confederate-monument-removed-from-forest-park/article_84765940-97bf-5e2c-ac18-8038c224a38a.html; “Taney Statue Is Moved from Outside Frederick City Hall,” Baltimoresun.com, accessed August 13, 2017, http://www.baltimoresun.com/news/maryland/bs-md-ci-frederick-statues-20170318-story.html

3. Wabantu Hlophe Apr 01 and 2015, “HLOPHE: Rhodes Must Fall Everywhere,” accessed August 13, 2017, http://yaledailynews.com/blog/2015/04/01/rhodes-must-fall-everywhere/; Martin Hall, “The Symbolic Statue Dividing a South African University,” BBC News, March 25, 2015, sec. Business, http://www.bbc.com/news/business-31945680.

4. Nadia Khomami, “Oxford Students Step up Campaign to Remove Cecil Rhodes Statue,” The Guardian, December 22, 2015, sec. Education, http://www.theguardian.com/education/2015/dec/22/oxford-students-campaign-cecil-rhodes-statue-oriel-college; ibid.

5. Kenan Malik, “Are Soas Students Right to ‘decolonise’ Their Minds from Western Philosophers?,” The Observer, February 19, 2017, sec. Education, http://www.theguardian.com/education/2017/feb/19/soas-philosopy-decolonise-our-minds-enlightenment-white-european-kenan-malik; Camilla Turner, “University Students Demand Philosophers such as Plato and Kant Are Removed from Syllabus Because They Are White,” The Telegraph, January 8, 2017, http://www.telegraph.co.uk/education/2017/01/08/university-students-demand-philosophers-including-plato-kant/.

6. Press Association, “King’s College Removes Photo of Ex-Archbishop Opposed to Gay Marriage,” The Guardian, December 21, 2016, sec. Education, http://www.theguardian.com/education/2016/dec/21/kings-college-removes-photo-of-ex-archbishop-opposed-to-gay-marriage.

7. By Xantha Leatham For The Daily Mail, “King’s College to ‘Replace Busts of Founding Fathers,’” Mail Online, July 15, 2017, http://www.dailymail.co.uk/~/article-4698422/index.html; “Le King’s College va Ôter Des Bustes de Fondateurs Blancs Qui «intimident Les Minorités Ethniques»,” RT En Français, accessed August 13, 2017, https://francais.rt.com/international/41070-kings-college-va-oter-bustes-intimident-minorit%C3%A9s-ethniques.

8. “La Suisse Moderne et La Sueur Des Esclaves,” accessed August 13, 2017, https://www.letemps.ch/suisse/2017/07/27/suisse-moderne-sueur-esclaves.

9. “Faut-Il Débaptiser Le Pic Agassiz?,” accessed August 13, 2017, https://www.letemps.ch/suisse/2017/08/10/lalpiniste-reinhold-messner-critique-club-alpin-suisse.

10. Jacques Pous and Henri Guillemin, Henry Dunant l’Algérien: ou le Mirage colonial (éd. Grounauer, 1979).

11. “Were More People Deported Under the Obama Administration Than Any Other?,” Snopes.com, October 20, 2016, http://www.snopes.com/obama-deported-more-people/; Marisa Franco and Carlos Garcia, “The Deportation Machine Obama Built for President Trump,” The Nation, June 27, 2016, https://www.thenation.com/article/the-deportation-machine-obama-built-for-president-trump/.

12. Stephen Collinson CNN, “Obama Confronts ‘Cruel’ Reality of His Drone War – CNNPolitics,” CNN, accessed August 13, 2017, http://www.cnn.com/2015/04/23/politics/obama-drone-warren-weinstein-hostages/index.html; “Obama’s Covert Drone War in Numbers: Ten Times More Strikes than Bush,” The Bureau of Investigative Journalism, accessed August 13, 2017, https://www.thebureauinvestigates.com/stories/2017-01-17/obamas-covert-drone-war-in-numbers-ten-times-more-strikes-than-bush; “Obama’s Drone War Is a Shameful Part of His Legacy,” Washington Post, accessed August 13, 2017, https://www.washingtonpost.com/opinions/obamas-drone-war-is-a-shameful-part-of-his-legacy/2016/05/05/a727eea8-12ea-11e6-8967-7ac733c56f12_story.html.

13. “Humboldt in the New World,” National Endowment for the Humanities, accessed August 13, 2017, https://www.neh.gov/humanities/2012/novemberdecember/feature/humboldt-in-the-new-world.

14. Soutik Biswas, “Was Mahatma Gandhi a Racist?,” BBC News, September 17, 2015, sec. India, http://www.bbc.com/news/world-asia-india-34265882.

15. Ron Dicker, “Mother Teresa Humanitarian Image A ‘Myth,’ New Study Says,” Huffington Post, March 4, 2013, sec. Religion, http://www.huffingtonpost.com/2013/03/04/mother-teresa-myth_n_2805697.html; Christopher Hitchens and Osita Nwanevu, “Mommie Dearest,” Slate, October 20, 2003, http://www.slate.com/articles/news_and_politics/fighting_words/2003/10/mommie_dearest.html; ADRIANA BARTON, “Mother Teresa Was ‘Anything but a Saint,’ Canadian Study Says,” March 5, 2013, sec. blog, https://www.theglobeandmail.com/life/the-hot-button/mother-teresa-was-anything-but-a-saint-new-canadian-study-claims/article9317551/?utm_source=facebook.com&utm_medium=Referrer%3A+Social+Network+%2F+Media&utm_campaign=Shared+Web+Article+Links.

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