Critique Médias Le 7 mai 2013

20min.ch, le pire du journalisme 2.0

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20min.ch, le pire du journalisme 2.0

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Comme je l’avais mentionné ici il y a quelques jours, le 20 Minutes est friand de non-information et de vacuité intellectuelle. Mais cette parodie de journal n’a pas encore touché le fond et parvient à mettre la barre toujours plus bas. On croirait presque lire une version helvétique de The Onion… Occupons-nous ici plus particulièrement de l’évolution des formes d’interaction entre la presse et le public. En effet, le paysage médiatique et la pratique du journalisme sont aujourd’hui en pleine mutation, notamment grâce à l’évolution des technologies de l’information. Les réseaux sociaux et le journalisme participatif prennent une place de plus en plus importante dans la diffusion de l’information, pour le meilleur et pour le pire. Et évidemment, sur le site du 20 Minutes, on a droit au pire.

Voici deux exemples concrets trouvés le 1er mai 2013 sur le site du quotidien le plus lu de Suisse, et illustrant deux catégories d’interactions entre le média et le public.

Catégorie numéro 1 : « infos » signalées par le public

« Mardi, un restaurant [McDonald’s] à Kreuzlingen (TG) a diffusé de la pub érotique sur ses écrans. Les employés avaient oublié de changer de chaîne de télévision. »

Un « lecteur-reporter » (comme on dit chez 20 Minutes) a envoyé cette « info » absolument capitale, que le site du quotidien de Tamedia s’est ensuite empressé de relayer au plus grand nombre. Car en effet, ce serait dommage de passer à côté de ce scoop aux implications géopolitiques et existentielles proprement vertigineuses.

Certes, de nos jours, le rôle de témoin direct est de plus en plus dévolu au public, grâce à la prolifération des téléphones portables équipés de caméras et connectés à Internet, mais le rôle du journaliste n’en demeure pas moins important : il doit en premier lieu trier les informations, puis mettre en forme les plus pertinentes, les expliquer et les replacer dans leur contexte. De toute évidence, 20 Minutes a beaucoup de mal à juger ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas.

Et comment pourrait-il être autrement ? Dès la page de présentation du concept de « lecteur-reporter », le principe est clair: « Si vous assistez à un accident de la route, à la naissance d’un léopard ou si vous croisez une personnalité faisant sa balade du dimanche en rollers, faites-le nous savoir […] ». Sans commentaire.

Dans la même catégorie, on trouvera par exemple les « infos » suivantes : une voiture qui percute des vélos, un cygne blessé ou un joli lever de soleil.

Catégorie numéro 2 : « infos » qui circulent sur les réseaux sociaux

« La vidéo d’un créneau laborieux d’une automobiliste est devenue un véritable buzz sur Internet avec plus d’un million de clics en seulement cinq jours. »

On notera qu’ici, « l’info » n’est pas le créneau laborieux (ni même le film de ce créneau), mais le fait que la vidéo ait été vue des millions de fois sur Youtube. Le « buzz » permet ainsi de parler de tout et (surtout) de n’importe quoi, sous prétexte que les gens en parlent sur les réseaux sociaux. Cela dénote à mon sens une extrême paresse intellectuelle et journalistique. On ne transmet plus une information en fonction de son contenu, mais purement en fonction de son taux de transmission observé, ce qui offre l’avantage au journaliste de ne pas avoir à réfléchir. Car en effet, « le buzz a remplacé le bouche à oreille en le vidant de sa substance. Ce qui était important, dans le bouche à oreille, c’était le fond du message […]. Dans le buzz, ce qui compte, c’est le buzz en lui-même indépendamment de ce qui l’a généré […] ».1

Le buzz est un cas extrême de circulation circulaire de l’information, virant à la prophétie auto-réalisatrice. On en parle parce que tout le monde en parle, et du coup, tout le monde en parle. En plus, le buzz est maintenant « légitimé » par une entreprise de presse (apparemment) tout à fait sérieuse, ce qui va encore augmenter le nombre de personnes qui en parlent, et ainsi de suite, jusqu’à saturation. Puis le buzz suivant prend le relais en effaçant le précédent de la mémoire collective, et on recommence.

Parfois, il ne s’agit même que d’une simple vidéo. Il y a donc en Suisse des journalistes dont le job consiste à relayer des vidéos « qui font rire ou pleurer » (dixit le site du 20 Minutes), tel un vulgaire forward de bureau. A quand les Powerpoints rigolos et les dernières blagues à la mode ?

Dans la même catégorie, on trouvera par exemple les « infos » suivantes : des vidéos de chats qui font du fitness, Nabilla qui porte un t-shirt gris, ou carrément le « dossier Harlem Shake » (il est vrai que ça méritait bien un dossier spécial, comme pour Fukushima ou les élections américaines).

 

Notes

Pour en savoir plus sur l’évolution du journalisme et de ses interactions avec le public, lire « Post-Industrial Journalism: Adapting to the Present« ,  de C.W. Anderson, Emily Bell et Clay Shirky.

1Stéphane Rose, Défense du poil, cité dans Beauté Fatale, de Mona Chollet.

Commentaires

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K. Maerks

Pour Adriano....Ces tabloides...20Minuten, LeMatin, etc.......Leurs "journaleux" n'apprécient guère les commentaires sur leur façon de faire leur métier.....Je me demande pourquoi....…

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Nicolas

La question que je me posais en lisant votre article dont je partage parfaitement le point de vue, c'est pourquoi…

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Adriano Brigante

Prenons deux informations: a) la dernière frasque de Lindsay Lohan b) la dernière frasque de la troïka européenne…

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K. Maerks

Pour Adriano….Ces tabloides…20Minuten, LeMatin, etc…….Leurs « journaleux » n’apprécient guère les commentaires sur leur façon de faire leur métier…..Je me demande pourquoi….
Bon….c’est gratuit et il suffit de 2 fois 10 minutes pour tout lire, enregistrer et effacer des mémoires….De plus, leur lecture peut favoriser la digestion d’un bon petit déjeuner…tôt la « mattina », sur une terrasse ensoleillée….au sud de la méditerranée….où les gens, bienheureux, ignorent tout des turpitudes et autres racontars malveillants

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Nicolas

La question que je me posais en lisant votre article dont je partage parfaitement le point de vue, c’est pourquoi nécessairement se focaliser sur le 20 minutes alors que Le Matin ne fait guère mieux me semble-t-il. Et pour cause, ce sont tous les deux des quotidiens. Peut-on vraiment imprimer d’autres infos TOUS les jours que le chat mort au coin de la rue ? C’est vrai que le monde bouge vite et qu’il s’y passe beaucoup de choses, mais de là à ce qu’il y ait une info pertinente chaque matin permettant de remplir un minimum de pages, je reste sceptique.

La deuxième chose que j’ai noté dans l’article mais qui n’est pas d’actualité et que je partage complètement, c’est la tyrannie du buzz qui dirige les foules… ou bien est dirigée par elles ? Car pour reprendre votre citation : « La faute n’est donc pas au public, qui demande des sot­tises, mais à ceux qui ne savent pas lui ser­vir autre chose. » En effet, le journaliste pourrait décider de s’émanciper des envies de son public par soucis d’éthique professionnelle, mais jusqu’où irait-il si pour finir, ce public finissait par se désintéresser du contenu qu’il offre ?
C’est au public de faire un travail sur soi-même en faisant les bons choix de lecture. C’est la seule manière pour tuer la « mauvaise presse ».
Par exemple, je ne pense pas que ce soit la faute des journalistes quand je vois la liste des propositions google (lorsque je tape les première lettres de mes recherches) qui reflète les recherches les plus courantes et qui sont d’une désolation consternante dans certains cas.

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Adriano Brigante

Le 7 mai 2013 à 19 h 27 min, Benjamin Keller a dit :
« Certes. Enfin si le MD ou Le Temps, pour reprendre ces exemples, perdent du lec­to­rat, c’est aussi parce qu’ils sont inca­pables de se renou­ve­ler… Facile d’accuser le 20 Minutes sans se remettre en ques­tion. Mais c’est un autre débat. Sur ce… »

Se renouveler? Mais pourquoi faire? Pour moi, le Diplo est ce qui rapproche le plus de la perfection en matière de journal. Ne faut-il pas plutôt « renouveler » le public? Ou plutôt renouveler chez lui le goût de s’informer correctement (goût qu’il a tendance à perdre, grâce en grande partie aux gratuits). A l’ère de l’information et d’internet, c’est plus que jamais nécessaire.

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Benjamin Keller

@ Adriano Brigante

(En réponse à votre dernier message)

Vous avez raison. Dans un monde idéal, ce serait probablement bénéfique. Malheureusement, la théorie seule ne suffit pas. Et dans une économie libérale comme celle de la Suisse, je vous souhaite bonne chance pour contrer les logiques commerciales qui prévalent dans le système médiatique…

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Adriano Brigante

C’est exactement pour ça que dans la pratique, il faut que les gens comprennent que le modèle ultra-libéral est néfaste, et pour ça, il faut des médias qui en parlent. C’est la condition préliminaire à tout changement en profondeur du modèle. Et c’est exactement pour ça que j’ai écrit cet article et que je critique ces faits divers. La boucle est bouclée.

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Adriano Brigante

Je crois que vous avez bien formulé le coeur du problème:
– Si le modèle libéral implique des logiques commerciales dans les médias
– Et si les logiques commerciales dans les médias impliquent une baisse de la qualité de l’information
– Et si une baisse de la qualité de l’information implique une baisse de la qualité de la démocratie,
– Alors le modèle libéral implique une baisse de la qualité de la démocratie.

Le problème est évidement que la première prémisse « verrouille » le système: pour changer le modèle libéral, il faut changer les médias, mais pour changer les médias, il faut changer le modèle libéral. A mon avis, le plus simple est de court-circuiter la boucle en s’attaquant à la deuxième prémisse. Chaque progrès, aussi petit soit-il, dans la qualité de l’information implique une amélioration de la qualité de la démocratie, et in fine, une remise en cause du modèle libéral, ce qui réduira les logiques commerciales dans les médias, améliorant la qualité de l’information, et ainsi de suite.

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Benjamin Keller

Permettez-moi de clarifier mes propos. Le système libéral et les logiques commerciales qui le sous-tendent ne résultent pas forcément sur une information de mauvaise qualité, de mon point de vue.

Le fait qu’un quotidien fasse dans le divertissement n’empêche pas l’existence de journaux « sérieux ». D’ailleurs, l’accès à une information de qualité n’a jamais été aussi grand qu’aujourd’hui. Mais il est clair que pour vivre, un journal doit être viable économiquement. Cela a toujours été le cas. Aux journaux sérieux de trouver des moyens d’y parvenir.

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Adriano Brigante

« Mais il est clair que pour vivre, un jour­nal doit être viable écono­mi­que­ment. Cela a tou­jours été le cas. »

Autrefois, un journal se contentait d’être rentable, avec un petit bénéfice pour investir un peu. Aujourd’hui, les actionnaires demandent des rendements de 10 ou 15%, absolument impossibles à atteindre sans gravement compromettre la qualité de l’information (cf. Tamedia)

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Adriano Brigante

« Il figure dans pra­ti­que­ment tous les jour­naux et n’empêche pas la pré­sence, à ses côtés, d’articles de fonds. »

Quand un journaliste passe son temps à pondre des articles sur des faits divers insignifiants, il ne le passe pas à travailler sur des articles de fond. Dans une économie où la presse doit se serrer la ceinture, cela empêche de facto la présence d’articles de fond.

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Benjamin Keller

Savez-vous combien coûte un article de fond par rapport à un fait divers? Si le journal 20 Minutes ne contenait que des articles de fond (ou s’il en contenait tout court), il ne serait pas gratuit.

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Adriano Brigante

Alors peut-être qu’un journal comme le 20 Minutes n’a pas de raison d’être. Dans le domaine du journalisme, un travail mal fait peut s’avérer dangereux pour la démocratie. Peut-être que pas de quotidien gratuit vaut mieux qu’un quotidien gratuit mal fait.

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Benjamin Keller

Et pour ceux qui autrement ne liraient pas le journal? Vous ne pouvez nier que le 20 Minutes comporte tout de même de nombreuses informations factuelles reprises de dépêches d’agence. Faudrait-il en priver ces personnes?

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Adriano Brigante

Vous utilisez là le sophisme du faux dilemme, c’est-à-dire laisser entendre qu’il n’y a que deux options: (A) avoir des gratuits de mauvaises qualités, ou (B) se retrouver avec 60% de la population qui ne lit pas le journal. Il existe d’autres variantes possibles: faire en sorte que les gratuits soient de meilleures qualité (mais plus court, par exemple), ou faire en sorte que les gens aient une autre approche de l’information et se mettent à lire davantage (et mieux).

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Benjamin Keller

Les valises volées ne sont pas nées avec le 20 Minutes. Le fait divers est le premier genre journalistique. Il date du XVIe siècle et a été développé dans la presse populaire dès le XIXe siècle (lire à ce sujet l’excellent livre d’Annik Dubied et Marc Lits). Le fait divers intrigue et fait lire, que cela vous plaise ou non. Il figure dans pratiquement tous les journaux et n’empêche pas la présence, à ses côtés, d’articles de fonds.

« De toute évidence, 20 Minutes a beau­coup de mal à juger ce qui est per­ti­nent et ce qui ne l’est pas. »

De toute évidence, vous êtes apte à juger ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas. Partagez donc votre savoir universel, je suis sûr que de nombreux internautes vous en seront gré.

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Adriano Brigante

Il existe un large spectre de faits divers, du crash aérien à la dame âgée qui glisse dans sa douche. Ce que je constate ici est un glissement indéniable en direction du futile et de l’insignifiant, autrement dit du non-pertinent, alors qu’en parallèle, les enjeux et les mécanismes qui régissent le monde et nos sociétés sont de plus en plus complexes et méritent d’autant plus que les journalistes y consacrent du temps et de l’énergie (surtout que dans un contexte de crise économique dans la presse).

Quand au partage de ce que VOUS appelez mon « savoir universel », c’est justement le but de mes écrits.
Et je déduis de votre message que vous n’êtes pas d’accord avec mes critères de pertinence de l’information. Vous trouvez donc que les « informations » que je cite ici méritent leur place dans le quotidien le plus lu de Suisse? Etes-vous journaliste?

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Benjamin Keller

Ce qui est insignifiant, futile ou non-pertinent pour vous ne l’est pas forcément pour tout le monde. Chaque publication possède son lectorat propre. Les différents journaux cohabitent et cela ne me pose personnellement pas de problème.

Je m’inquiéterais surtout si Le Temps se mettait à relater l’exemple du McDonald’s, ce qui n’a pas été le cas (je m’inquiéterais pour Le Temps, moi je peux changer de journal).

« Vous trou­vez donc que les “infor­ma­tions” que je cite ici méritent leur place dans le quo­ti­dien le plus lu de Suisse? »

Je ne sais pas si elles le méritent, car je ne sais pas ce que vous entendez par mérite. Mais je constate que ni Le Temps, ni Jet d’Encre ne parviennent à distribuer un magazine gratuit tous les matins. Je lis personnellement le 20 Minutes régulièrement, plutôt comme un divertissement il est vrai.

Je ne suis pas en train de défendre ce quotidien, mais votre critique est facile et faite de jugements de valeur. Vous qui prônez l’objectivité – qui n’existe pas -, pourquoi ne pas essayer d’y tendre?

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Adriano Brigante

« Mais je constate que ni Le Temps, ni Jet d’Encre ne par­viennent à dis­tri­buer un maga­zine gra­tuit tous les matins. »

Pour commencer, les « gratuits » ne sont pas gratuits. Ils sont payés par les acheteurs des produits dont les publicités garnissent les pages, avec tous les problèmes d’indépendance financière (et donc éditoriale) que cela implique.

Et oui, je fais des « jugements de valeur », car j’estime qu’on pourrait objectivement mesurer l’importance (le terme « pertinence » est peut-être ambigu en cela qu’il implique également une adéquation avec le public cible) de telle ou telle information (en fonction du nombre de personnes affectées, de la portée de l’événement, etc.).

Le but du journalisme est de faire connaître une vérité la plus objective possible. Or l’épistémologie permet de distinguer ce qui est objectivement important et de ce qui est anecdotique. C’est parfaitement applicable à l’information, et le fait que les lecteurs en soient friands ou que le média qui la diffuse est « gratuit » ne change absolument rien à l’affaire. Vu sous cet angle, on dirait que c’est en fait vous qui faites un jugement de valeur excessivement positif des faits divers.

Je suis convaincu que le monde se porterait mieux et que les gens auraient une meilleure compréhension du monde si chacun passait 20 minutes chaque matin à lire un seul article du Monde Diplomatique, plutôt que de survoler un exemplaire complet du 20 Minutes. Mais peut-être qu’un jour pas si lointain, plus personne ne pourra lire le Monde Diplomatique qui aura mis la clé sous la porte, à cause notamment de la concurrence des « gratuits » qui se seront contentés de donner au public ce qu’il demande (soi-disant, ça reste à prouver). Vous saisissez en quoi le fait divers tel qu’il est pratiqué est non seulement parfaitement inutile, mais également dangereux ?

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Benjamin Keller

Certes. Enfin si le MD ou Le Temps, pour reprendre ces exemples, perdent du lectorat, c’est aussi parce qu’ils sont incapables de se renouveler… Facile d’accuser le 20 Minutes sans se remettre en question. Mais c’est un autre débat. Sur ce…

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Astérix

Bel article dont je partage l’opinion. Néanmoins, je pense que la pertinence de l’information réside dans l’intérêt qu’elle suscite ou suscitera auprès des lecteurs. Une grande partie de la population d’aujourd’hui recherchent malheureusement souvent ce type d’information. Les attentes ne doivent pas être les mêmes selon le journal que l’on a entre les mains. Le 20 minutes même si c’est désolant à dire réussi très bien dans ce qu’il entreprend, son titre reflète ce qui est recherché : avoir un journal bref et conscis.
Joli travail de jet d’encre en tout cas bonne continuation!

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Adriano Brigante

« La faute n’est donc pas au public, qui demande des sottises, mais à ceux qui ne savent pas lui servir autre chose. »

« L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche », Miguel de Cervantès (1605)

Selon moi, la pertinence de l’information est indépendante du lectorat. Et le travail de journaliste consiste justement à fournir des informations objectivement pertinentes. Si le public savait vraiment de quelle genre d’information il a besoin, le métier de journaliste n’aurait pas de raison d’être : tout le monde serait sont propre journaliste.

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Astérix

J’ai du mal à comprendre comment la pertinence d’une information peut être indépendante du lectorat. Les médias sortent des informations qui leurs semblent le plus pertinent possible justement vis à vis de ce lectorat. Quel intérêt pour vous d’informer vos lecteurs du dernier fait divers de Lindsay Lohan ? Comment jugez vous cela non pertinent sans prendre en compte votre lectorat ? En quoi les articles relatifs au sport sont-ils pertinent selon jet d’encre ? Enfin, comment un journaliste peut il savoir de quelles informations a besoin le public ?

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Adriano Brigante

Prenons deux informations:
a) la dernière frasque de Lindsay Lohan
b) la dernière frasque de la troïka européenne
Je maintiens qu’indépendamment du lectorat, la deuxième information est plus pertinente que la deuxième. Même en imaginant que 99% de la population s’intéressait plus à la première qu’à la deuxième, ça ne changerait rien à la portée réelle de chacun de ces deux événements dans la vie du lecteur. Autrement dit, l’importance de l’information, et donc la pertinence de sa diffusion, est indépendante de l’importance subjective que lui accorde le lecteur.

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Stefano Gennai

Une belle plume pertinante.
le Teletexte a tous les avantages du 20 minutes sans en avoir les inconvénients

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