International Le 22 août 2013

Changement climatique : Pourquoi ce problème est-il si difficile à régler?

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Changement climatique : Pourquoi ce problème est-il si difficile à régler?

© Dragan / Getty image

« Le changement climatique global peut être ou ne pas être le problème le plus important auquel nous avons à faire face aujourd’hui, mais c’est quasi certainement le plus difficile à résoudre pour l’humanité. »

– Scott Barret, Professeur à l’Université de Columbia

Alors que l’existence d’un changement climatique global d’origine anthropique semble faire consensus au sein de la communauté scientifique1, l’incertitude règne néanmoins quant à l’ampleur et la nature exactes de ce phénomène. Pourtant, tel n’est pas l’objet de cet article. Nous nous pencherons ici plutôt sur l’extrême difficulté de surmonter ce véritable défi global, lequel est sans doute le plus ardu que le genre humain ait à affronter aujourd’hui, si l’on en croît l’éminent théoricien de la gouvernance climatique globale, Scott Barret. Concrètement, notre démarche vise à offrir quelques éléments théoriques et empiriques simples, permettant de mieux saisir le caractère inextricable du problème d’un point de vue politico-économique. Comme nous le verrons, le diable gît essentiellement dans un fait naturel aux implications redoutables :  la lenteur des processus biologiques et chimiques qui éliminent l’excédent de gaz à effet de serre de l’atmosphère ou, en d’autres termes, la longue durée de vie de ces gaz une fois émis2.


Profondeur du problème

Un premier élément intuitif pour appréhender l’arduité de la lutte contre le changement climatique réside simplement dans l’ampleur titanesque de la tâche. L’élimination naturelle des gaz à effet de serre (GES) rejetés dans l’atmosphère opérant à une cadence très modérée, ces derniers ont tendance à rapidement s’accumuler. Ainsi, afin d’éviter une augmentation trop dramatique de la température moyenne au niveau mondial, des réductions proprement drastiques des émissions de GES devraient être entreprises. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), limiter la hausse des températures globales à moins de 2 degrés celsius commanderait de réduire les émissions mondiales de GES d’environ 50% d’ici 2050, par rapport à l’année de base 19903. Un tel objectif est absolument colossal.

© A. Greenberg

© A. Greenberg

On entend souvent dire que l’énergie est « le sang de l’économie »4, et c’est le recours massif aux énergies fossiles qui a permis l’incroyable développement économique que le monde a connu depuis la révolution industrielle. Encore aujourd’hui, l’économie mondiale dépend cruellement de ces mêmes ressources énergétiques, dont la combustion libère inévitablement d’énormes quantités de GES, et plus particulièrement de dioxyde de carbone (CO2), dans l’atmosphère. Dès lors, pour remédier au problème climatique, une transition rapide vers une économie décarbonée est requise, ce qui implique une restructuration radicale et profonde des systèmes énergétiques et économiques actuels. Une mutation de cette envergure s’avère toutefois d’une difficulté inouïe, en raison de l’inertie dont font généralement preuve ces mêmes systèmes. C’est précisément ce que Gregory Unruh, expert à la renommée mondiale s’intéressant au rôle de l’innovation technologique dans les problématiques environnementales, met en exergue avec le concept de Carbon Lock-In5. Passer de l’ère fossile – ou thermo-industrielle pour reprendre les termes du spécialiste Jacques Grinevald6 – à l’ère du renouvelable n’est donc pas une mince affaire, loin s’en faut.


Conception classique de la structure du problème

Le changement climatique est fréquemment considéré comme un problème de surexploitation d’une ressource commune. On peut faire remonter une telle vision à l’article séminal de Garrett Hardin, The Tragedy of the Commons, publié en 1968 dans la revue de référence Science7. L’altération du climat global constituerait ainsi une version moderne de la tragédie des biens communs à l’échelle planétaire, du fait de la diffusion véritablement globale des GES découlant de leur durée de vie conséquente dans l’atmosphère. Dans cette conception, l’atmosphère est une ressource commune excessivement exploitée par des États dont l’intérêt économique les conduit à émettre de grandes quantités de GES et qui n’ont aucune incitation unilatérale à réduire ces mêmes émissions. Pareille réduction leur coûterait, en effet, individuellement bien plus que le bénéfice environnemental limité, voire insignifiant, qu’ils en retireraient8. On s’attend donc à ce qu’aucun État ne s’engage spontanément en faveur de la protection du climat. Cette approche aboutit ainsi à une application à grande échelle de la logique du dilemme du prisonnier9 – une affinité avec la théorie des jeux qui confère d’ailleurs une force logique supplémentaire au raisonnement de Hardin10.

Les incitations individuelles ne poussant pas à agir unilatéralement, il devient alors nécessaire de les altérer de quelque façon, afin d’engager les diverses politiques nationales sur la voie d’une réponse sérieuse au défi climatique. En l’absence d’une autorité internationale – un Léviathan mondial – capable d’imposer aux États un comportement climatiquement responsable, une telle entreprise devrait inévitablement passer par la coopération au niveau interétatique11. Ce même contexte d’anarchie internationale – entendez ici la non-existence d’un gouvernement planétaire, garant d’un accord potentiel – rend cependant la tâche particulièrement ardue, si l’on s’en tient à la théorie classique de l’action collective développée par Mancur Olson, une autre œuvre maîtresse en sciences sociales12.

Photo prise à la conférence de Copenhague de 2009 sur le climat The Official White House Photostream / White House (Pete Souza)

Photo prise à la conférence de Copenhague de 2009 sur le climat
The Official White House Photostream / White House (Pete Souza)

Au-delà de la prédiction déjà soulignée d’une inaction individuelle, la logique olsonienne met en évidence l’extrême difficulté d’atteindre un résultat optimal du point de vue général par la collaboration. Dans le cadre de la problématique climatique, les coûts d’une réduction des émissions de GES sont concentrés sur l’État s’y attelant, alors que les bénéfices sont distribués de manière diffuse et globale; cet État ne peut ainsi en capturer qu’une infime partie, alors que les autres jouissent en définitive autant que lui de sa propre action. Les incitations des différents États les poussent à laisser les autres agir à leur place, à resquiller, ce qu’on appelle communément le problème du passager clandestin. Il est donc très compliqué, pour des acteurs rationnels, maximisant leurs intérêts matériels à court terme, de parvenir à une solution globalement optimale. D’ailleurs, quand bien même ils arriveraient à négocier et ratifier un accord climatique global satisfaisant, aucune source d’autorité supérieure aux États ne pourrait les contraindre à le respecter, comme illustré par le sort du Protocole de Kyoto13.


Discordance des horizons temporels

L’ampleur monumentale de la tâche à accomplir en termes de réduction des émissions ainsi que la structure du problème représentent deux écueils importants qui, une fois cumulés, rendent le défi climatique extrêmement difficile à relever. Mais ce n’est pas tout. Un troisième élément vient ombrager davantage ce tableau déjà bien obscur : la discordance des horizons temporels entre le problème qui doit être réglé et les préoccupations des acteurs devant s’en occuper. Celle-ci vient encore aggraver la donne, si bien que selon l’expert en éthique environnementale Stephen Gardiner, la problématique climatique se révèle encore plus dure à résoudre que la tragédie des biens communs dans sa forme traditionnelle14.

Cet obstacle supplémentaire prend à nouveau sa source dans le simple fait que les processus naturels éliminant l’excédent de GES dans l’atmosphère fonctionnent à un rythme lent. Par conséquent, même si toutes les émissions cessaient immédiatement – ce qui impliquerait des coûts tout à fait substantiels dans le court terme –, les bénéfices pour le climat ne se ressentiraient qu’à long terme. Or, comme le brillant et très fécond professeur David Victor le souligne, les systèmes politiques ont généralement tendance à favoriser des politiques exactement inverses, c’est-à-dire des mesures qui déploient rapidement des effets tangibles tout en échelonnant les coûts dans le futur15. On se retrouve donc face à ce que politologues et économistes qualifient d’inconsistance temporelle.

© Chappatte

« Oh, et une chose que nous avons oublié de mentionner : le changement climatique… » © Chappatte

De surcroît, si d’autres domaines de politiques publiques, tels que les systèmes de retraites, sont également en proie à cette discordance temporelle, le cas du changement climatique semble encore plus délicat. En effet, les bénéfices découlant de la lutte contre le réchauffement climatique sont particulièrement peu aisés à entrevoir. Il existe une longue chaîne causale reliant les émissions de GES aux conséquences potentiellement délétères de ces dernières pour les humains et les écosystèmes dont ils dépendent. Chaque maillon de cette chaîne est imprégné d’incertitude, et plus on avance dans le cheminement causal, plus l’incertitude grandit. Il est difficile de se représenter la gravité des impacts du changement climatique car, de fait, l’humanité n’a encore jamais vu le système complexe que constitue le climat global à tel point mis sous pression.

C’est toutefois précisément de ce caractère incertain des conséquences du dérèglement climatique que pourrait sourdre le meilleur espoir de voir une action soutenue et coordonnée pour la protection du climat se déployer. Il y a en effet une chance, certes petite mais non moins réelle, que l’altération du climat global puisse avoir des effets tout à fait catastrophiques pour la planète. Et lorsqu’on connaît l’aversion au risque, c’est-à-dire le besoin de sécurité, dont l’Homme fait généralement preuve, on est tenté de penser qu’il ne saurait laisser ce petit jeu de « roulette russe climatique »16 se prolonger fort longtemps. Ainsi, l’incertitude évoquée, couplée à l’aversion au risque, serait susceptible de contenir les germes d’une véritable prise de conscience climatique. Néanmoins, David Victor a tôt fait de tempérer cet optimisme: « Le risque de catastrophe pourrait bien contribuer à éveiller davantage les consciences parce que la psyché humaine est ainsi faite qu’elle cherche à éviter les pertes, mais le caractère purement abstrait, diffus et incertain des bénéfices pouvant découler d’un réchauffement [climatique] moins important constitue une forte incitation à l’inaction politique. »17

© Horsey

« C’est réglé… Nous sommes d’accord de signer un engagement à tenir une autre conférence afin d’envisager de changer de cap à une date qu’il reste à déterminer. » © Horsey

Dans cet article, nous avons cherché à offrir quelques clés de compréhension générales permettant de mieux appréhender la complexité intrinsèque à la problématique globale du changement climatique. Nous ne prétendons toutefois pas avoir dressé ici un panorama exhaustif des difficultés propres à cet incroyable défi. À dessein, un pan crucial de la question a en particulier été éludé: les disparités « Nord-Sud » et les complications supplémentaires qu’elles engendrent pour la résolution du problème. C’est spécifiquement sur cet aspect que nous nous pencherons prochainement.

 


[1] John Cook et al, “Quantifying the consensus on anthropogenic global warming in the scientific literature”, Environmental Research Science, vol. 8, n° 2, 2013, pp. 1-7. http://iopscience.iop.org/1748-9326/8/2/024024/article

[2] VICTOR, David, Global Warming Gridlock : Creating More Effective Strategies for Protecting the Planet, Cambridge University Press, Cambridge, 2011, pp. 39-41.

[3] INTERGOVERNMENTAL PANEL ON CLIMATE CHANGE (IPCC), ed. METZ et al., Climate Change 2007 : Mitigating Climate Change, Contribution of Working Group III to the Fourth Assessment Report of the IPCC, Cambridge University Press, Cambridge, 2007.

INTERNATIONAL ENERGY AGENCY (IEA), World Energy Outlook, Paris, 2007.

[4] Voir : ROMERIO, Franco, “Analyse et gestion du risque dans le secteur de l’énergie”, La Vie économique, vol. 3, 2006, p. 25.

[5] UNRUH, Gregory, “Understanding Carbon Lock-In“, Energy Policy, vol. 28, n° 12, octobre 2000, pp..
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0301421500000707.
UNRUH, Gregory, “Escaping Carbon Lock-in”, Energy Policy, vol. 30, n° 4, mars 2002, pp. 317-325.
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0301421501000982
Le concept de Carbon Lock-In peut être traduit ainsi en français : situation de verrouillage technologique liée aux combustibles fossiles.

[6] GRINEVALD, Jacques,  “L’effet de serre et la civilisation thermo-industrielle“, Revue Européenne des Sciences Sociales, n° 108, 1997, pp.141-146.

[7] HARDIN, Garrett,  “The Tragedy of the Commons“, Science, Vol. 162, N° 3859 (1968), pp. 1243-1248.

[8] HARRISON, Kathryn, et McINTOSH SUNDSTROM, Lisa, « The Comparative Politics of Climate Change », Global Environmental Politics, Vol. 7, n° 4, 2007, p. 1.

[9] Voir: SOROOS, Marvin, « Global Change, Environmental Security, and the Prisoner’s Dilemma », Journal of Peace Research, vol. 31, n° 3 (1994), pp. 317-322.

[10] OSTROM, Elinor, “A Polycentric Approch for Coping with Climate Change”, World Bank Policy Research Working Paper n° 5095, octobre 2009.
http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1494833&

[11] Pour Hardin, l’unique solution à la tragédie des biens communs réside dans ce qu’il qualifie de coercition mutuelle mutuellement consentie entre les différents acteurs.

[12] OLSON, Mancur, The Logic of Collective Action : Public Goods and the Theory of Groups, Harvard University Press, 1965.

[13] Nous n’entendons pas ici que le Protocole de Kyoto est un accord satisfaisant, mais plutôt qu’il constitue à certains égards un bon exemple des risques de non-respect des engagements internationaux en matière de protection du climat.

[14] GARDINER, Stephen, « Ethics and Global Climate Change », Ethics, vol. 114 (avril 2004), pp. 555–600. Disponible sur : http://www.nature.com/scitable/knowledge/library/ethicsandglobalclimatechange-84226631 (consulté le 14 juin 2013).

[15] VICTOR, David, op. cit.  p. 42.

[16] Pour le premier usage du terme, voir : BROECKER, Wallace, “Unpleasant Suprises in the Greenhouse?”, Nature, n° 328, 1987, pp. 123-126.
http://www.nature.com/nature/journal/v328/n6126/abs/328123a0.html

[17] VICTOR; David, op. cit., p. 41.

Commentaires

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Tristan Irschlinger

Certes, mais l'article n'en est pas moins totalement pertinent. Statistiquement, 10 ans c'est rien. Les données pour le siècle passé…

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Richard Golay

Lien vers les données mises en graphiques d'un des 3 laboratoires de référence. http://www.metoffice.gov.uk/hadobs/hadcrut3/diagnostics/global/nh%2Bsh/index.html…

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Tristan Irschlinger

Cher Monsieur Golay, Tout à fait! Les évolutions de la science du climat dans un futur proche…

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Richard Golay

Lien vers les données mises en graphiques d’un des 3 laboratoires de référence.

http://www.metoffice.gov.uk/hadobs/hadcrut3/diagnostics/global/nh%2Bsh/index.html

L’article de Gleick date de plus d’un an et demi et ce Monsieur a dû s’excuser et se mettre en retrait suite à une affaire peu glorieuse. http://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Gleick

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Tristan Irschlinger

Certes, mais l’article n’en est pas moins totalement pertinent. Statistiquement, 10 ans c’est rien. Les données pour le siècle passé montrent à quel point cet horizon temporel d’une décennie peut être trompeur.

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Richard Golay

Cher Mon­sieur Irschlin­ger,

J’ai lu votre article plusieurs fois et je ne suis pas un imbécile ! 🙁

Vous avez visiblement de la peine à admettre que les modèles auxquels les profs d’économie ou de sciences politiques font référence et que vous citez sont aujourd’hui objectivement remis en question par les observations, les faits !

Certains scientifiques honnêtes reconnaissent même, comme je vous l’ai montré, que ces même modèles risquent d’être invalidés si la tendance reste la même cette prochaine décennie.

Quand à dire maintenant que vos propos ne sont pas alarmistes, franchement, on croit rêver ! Je vous cite (je me limite, votre texte en contient à foison) :

– « Une muta­tion (ndlr vers une société décarbonnée) de cette enver­gure s’avère tou­te­fois d’une dif­fi­culté inouïe, en rai­son de l’inertie dont font géné­ra­le­ment preuve ces mêmes sys­tèmes. »

– « L’ampleur monu­men­tale de la tâche à accom­plir en termes de réduc­tion des émis­sions ainsi que la struc­ture du pro­blème repré­sentent deux écueils impor­tants qui, une fois cumu­lés, rendent le défi cli­ma­tique extrê­me­ment dif­fi­cile à rele­ver. »

– « Il est dif­fi­cile de se repré­sen­ter la gra­vité des impacts du chan­ge­ment cli­ma­tique car, de fait, l’humanité n’a encore jamais vu le sys­tème com­plexe que consti­tue le cli­mat glo­bal à tel point mis sous pression. »

Merci néanmoins pour ces échanges

P.S. J’étais aller voir 2x le film d’Al Gore et je l’ai acheté en DVD. Tout le monde peut se tromper ! Ma meilleure source sur le sujet : http://www.pensee-unique.fr/

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Tristan Irschlinger

Cher Monsieur Golay,

Je sens à nouveau le besoin de vous repréciser le propos de l’article. En résumé, le voici : indépendamment de la gravité du problème (question que nous évacuons explicitement d’entrée), le changement climatique est par sa nature très difficile à régler, particulièrement en raison de trois facteurs : 1) l’ampleur énorme de la tâche si l’on compte réellement diminuer nos émissions de GES, ces dernières étant consubstantielles à nos systèmes économiques et énergétiques actuels 2) la structure des incitations auxquelles sont soumis des États rationnels dans un monde sans source d’autorité internationale digne de ce nom 3) le problème de discordance temporelle entre les logiques de court terme propres à nos systèmes politiques et les logiques de long terme propres au changement climatique.

Rien de tout cela n’est remis en question par les discussions quant à l’ampleur ou la nature exactes du phénomène. Notre article s’intéresse à la nature du problème ainsi qu’aux difficultés que cela crée, et il ne dépend en aucun cas de l’intensité du problème. Si problème il y a, alors il est par nature excessivement difficile à régler, indépendamment de sa gravité (que certains tentent de minimiser). Et même si l’on admettait que le problème soit moins grave que ce que la communauté scientifique a longtemps pensé, cela ne changerait strictement rien à la difficulté de la tâche à l’heure de le régler. Cela ne remettrait aucunement en question notre analyse car cela ne changerait pas le moins du monde la nature du problème et des difficultés que nous soulignons. Notre analyse est indépendante de la gravité exacte du problème, mais elle trouve son origine dans le constat qu’il y a effectivement un problème. Par conséquent, seule une certitude totale qu’il n’existe aucun changement climatique d’origine anthropique saurait la remettre en question. Mais vous n’aurez tout de même pas l’audace de prétendre qu’une telle certitude existe. D’ailleurs, s’il était un jour prouvé que l’humain n’est responsable d’aucun changement climatique, notre analyse n’en deviendrait pas fausse, mais simplement inutile. On en est toutefois très loin.

Quant aux citations de l’article que vous reprenez, elles constituent simplement des états de fait. Les deux premières veulent simplement dire qu’en raison de l’inertie des systèmes énergétiques actuels, diminuer substantiellement les émissions de GES est une tâche colossale. Le troisième signifie que l’être humain n’a jamais vu le système climatique similairement mis sous pression. Il est strictement impossible de nier la véracité de ces assertions, ce sont des faits. Ils n’ont par ailleurs rien d’alarmiste car ils ne concernent pas du tout les conséquences du changement climatique. Vous conviendrez qu’il est difficile de s’alarmer de quelque chose sans parler de ses conséquences.

Merci encore pour votre retour et bon après-midi.

Tristan Irschlinger

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Richard Golay

Cher Mon­sieur Irschlinger,

OK le découplage entre les émissions de GES et le développement économique mondial est un défi.

Mais devoir effectuer cet effort sur une plage de temps de 10 ans ou de 50 ans change radicalement la donne.

C’est là l’info importante que nous donne les climatologues : plus de temps à disposition (relisez Knutti dans Le Temps).

Le doublage de la concentration en CO2 implique un réchauffement estimé à 1°C. C’est la physique qui nous le dit. Mais ce sont les rétroactions induites qui font débat (« the science is not settled »). La question n’est pas entre l’impact oui ou non des GES sur le climat mais bien sur la sensibilité du climat aux émissions de GES.

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Tristan Irschlinger

Cher Monsieur Golay,

Tout à fait! Les évolutions de la science du climat dans un futur proche détermineront le rythme approprié et la profondeur exactes des réductions nécessaires. Mais comme nous l’avons déjà tout deux souligné, ces réductions en valent certainement la peine car en plus du climat, elles recèlent d’autres bénéfices tangibles (pollution de l’air, sécurité énergétique, etc.)

Par contre, je vous avoue être particulièrement sceptique (pour ne pas dire plus) quant à ce que certains qualifient d’un « coup d’arrêt » du réchauffement climatique. Il s’agit uniquement d’un ralentissement, et nombre de facteurs convaincants sont évoqués pour l’expliquer, dont notamment la simple variabilité naturelle du climat global. Une décade, à l’échelle temporelle du système climatique, c’est très court.

Je vous conseille un article, qui démontre parfaitement comment de mauvaises conclusions pourraient être tirées de séries statistiques trop courtes.
http://www.forbes.com/sites/petergleick/2012/02/05/global-warming-has-stopped-how-to-fool-people-using-cherry-picked-climate-data/

Je vous souhaite un excellent après-midi.

Tristan Irschlinger

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Richard Golay

Plutôt que d’étaler des concepts sociologiques (forcément subjectifs), il convient plutôt de rappeler la distinction qu’il existe entre une observation (le réchauffement climatique) et des modèles théoriques (prédictifs) basés sur l’état de nos connaissances. Ceux-ci décrivent une hausse importante de la température à l’horizon 2100 aux conséquences potentiellement catastrophique pour l’Humanité. Problème : depuis 15 ans, le réchauffement climatique marque une pause alors que la concentration en CO2 a continué d’augmenter. Des scientifiques du GIEC, dont Reto Knutti, prof. à l’Institut des sciences de l’atmosphère et du climat de l’EPFZ, se questionne dans Le Temps au mois d’avril 2013 sur une possible surestimation de l’influence des GES sur le climat(*). Quand saurons-nous si les théories actuellement majoritairement acceptées sont erronées ? D’ici 5 à 10 ans si la température globale continue de stagner.
Hans Von Storch est Professeur à l’Institut de Météorologie de l’Université de Hambourg. Il est membre du comité de rédaction du Journal of Climate et Annals of Geophysics » et bénéficiaire de diverses récompenses. : « (…) Si les choses continuent comme elles l’ont fait, dans cinq ans, au plus tard, nous devrons reconnaître qu’il y a quelque chose de fondamentalement faux dans nos modèles climatiques. Une pause de 20 ans du réchauffement n’existe dans aucun modèle climatique. Mais même aujourd’hui, nous trouvons très difficile de réconcilier la tendance actuelle de la température avec nos prévisions. (…) la plus grande erreur des climatologues a été de donner l’impression qu’ils détiennent la vérité absolue (…) Ce faisant, ils ont joué avec et perdu la chose la plus importante qui soit pour des scientifiques : la confiance du public (…) »
http://www.spiegel.de/international/world/interview-hans-von-storch-on-problems-with-climate-change-models-a-906721.html
(*) http://www.iac.ethz.ch/people/knuttir/presentations/letemps_apr13.pdf

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Tristan Irschlinger

Cher Monsieur Golay,

Un grand merci pour votre longue réaction à cette publication.

Tout d’abord, il convient de noter qu’aucun mot de votre commentaire ne va à l’encontre d’une quelconque assertion contenue dans notre article. Nous y écrivons : « Alors que l’existence d’un changement climatique global d’origine anthropique semble faire consensus au sein de la communauté scientifique, l’incertitude règne néanmoins quant à l’ampleur et la nature exactes de ce phénomène ». C’est bien là ce que discute votre source, Hans von Storch, à savoir la nature et l’ampleur du phénomène.

Ensuite, il paraît en effet indiscutable que l’étude du changement climatique est presque par définition empreinte d’incertitude, tant le système climatique global est complexe. En comparaison avec d’autres thématiques environnementales plus limitées, les décideurs de notre monde sont donc condamnés à devoir faire face à une part de doute relativement plus élevée. Cela veut-il dire que, en raison de l’incertitude caractérisant cette science complexe, aucune action ne doit être entreprise ? Certainement pas.

L’état actuel de la science – un consensus quant à la très haute probabilité d’un changement climatique d’origine anthropique parmi l’écrasante majorité des scientifiques sérieux – commande, selon moi et beaucoup d’autres, une prise en compte responsable du changement climatique, plutôt que d’attendre une certitude totale qui n’arrivera certainement jamais. Cela relève selon moi du devoir moral. Tous les plus éminents analystes de la gouvernance environnementale globale s’accordent sur un point : la prise de décision dans ce contexte d’incertitude relative constitue la marque distinctive de la problématique climatique, et cela représente un défi considérable pour nos dirigeants. Toutefois, en se penchant sur les analyses scientifiques les plus sérieuses quant au changement climatique, mais également quant à ses impacts potentiels, toute personne responsable devrait conclure qu’une action rapide est requise. Et ce d’autant plus qu’une telle action est tout à fait réaliste, pouvant même receler de nombreuses opportunités d’un point de vue économique, et de nombreux bénéfices collatéraux, en termes de pollution de l’air ou de sécurité énergétique par exemple.

Enfin, j’aimerais vous mettre en garde face aux impressions erronées que peut donner la présentation tronquée de cette thématique qui est parfois faite dans les médias. D’un point de vue de l’audience, tout média a grand intérêt à offrir sa tribune aux soi-disant « climato-sceptiques », surreprésentant ainsi de manière grossière l’importance de points de vue scientifiquement marginaux. Si c’est Hans van Storch qui est interviewé par le Spiegel, et non l’un(e) des centaines de climatologues qui ne sont point en accord avec lui, ce n’est pas un hasard. Je me permets ici de vous conseiller le brillant ouvrage de Naomi Oreskes, intitulé « Merchants of Doubt ». Cette dernière y démontre de quelle façon une poignée de personnalités soutenue par de puissants lobbies ont réussi, avec le concours des médias, à donner l’impression aux USA qu’un véritable débat scientifique existe quant à l’existence d’un changement climatique d’origine anthropique, alors que ce n’est pas réellement le cas.

Je vous reformule mes remerciements pour votre réaction, il est toujours intéressant de discuter de thématiques aussi passionnantes !

Tristan Irschlinger

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Richard Golay

Monsieur Irschlinger,
Pas sérieux le prof. en climatologie de l’EPFZ Reto Knutti ? Pour rappel membre du Groupe 1 (physique du climat) du GIEC… Aucun commentaire de votre part sur ses déclarations dans le Temps.
Quand au prof. von Storch, spécialiste de la modélisation du climat depuis 30 ans, un marginal, un climatosceptique ? C’est bien court, jeune homme !
Je crois tout simplement que vous venez d’apprendre comme la majorité des lecteurs de ce blog que le réchauffement climatique est en pause depuis 15 ans et que les scientifiques honnêtes reconnaissent maintenant qu’ils ont sous-estimé la part du réchauffement dévolue aux fluctuations naturelles du climat.
Sur le reste, je partage la conclusion du prof. Knutti qui invite fermement nos sociétés à diminuer leurs émissions de CO2. C’est plus prudent et c’est justifié par plein de bonnes raisons (crise des ressources et surconsommation, dépendance de nos sociétés envers les énergies fossiles, etc.)
L’objet de mon commentaire (trop long ou bien trop dérangeant ?) et de vous apprendre que l’analyse de ce prof. d’économie (Scott Barret) ne repose tout simplement pas sur les données observationnelles – la pause du réchauffement – et donc la réalité. L’alarmisme qui en découle est tout simplement excessif.
Enfin, renseignez-vous, Knutti et von Storsch ne sont nullement seuls. Pour preuve cette traduction d’une partie d’un récent article paru dans Nature Climate Change (revue climatosceptique ?). http://objectifterre.over-blog.org/article-le-rechauffement-global-ete-largement-surestime-depuis-20-ans-publication-dans-la-revue-nature-clim-119756533.html

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Tristan Irschlinger

Cher Monsieur Golay,

Vous n’avez pas encore saisi ni le propos de l’article, ni celui de ma réponse.

Comme déjà mentionné dans ma réponse, aucun (ou quasi aucun) scientifique sérieux ne remet vraiment en compte l’EXISTENCE d’un changement climatique d’origine anthropique. Cela comprend d’ailleurs visiblement Knutti et Hans von Storch. Ces derniers discutent « l’ampleur et la nature exactes de ce phénomène » (cf. article), mais ne remettent pas en question son existence. Cela ne les empêche toutefois pas d’être de loin parmi les plus optimistes. Il en va de même pour l’article récemment publié dans « Nature climate change », qui parle d’une « surestimation » et qui ne remet en aucun cas en cause l’existence d’un changement climatique d’origine anthropique. La « pause » que vous mentionnez, qui en réalité un ralentissement, pourrait avoir un grand nombre d’explications, et elle n’a pour l’instant amené aucun scientifique crédible à remettre en cause l’existence du’un changement climatique causé par l’humain. Donc personne ne remet en cause l’existence de ce phénomène, mais on discute sa nature et son ampleur exacte, comme souligné dans l’article, au premier paragraphe.

Ensuite, laissez-moi simplement vous éclairez sur la citation de Scott Barret que vous semblez critiquer. Mais relisez-la d’abord : « Le chan¬ge¬ment cli¬ma¬tique glo¬bal peut être ou ne pas être le pro-blème le plus impor¬tant auquel nous avons à faire face aujourd’hui, mais c’est quasi cer¬tai¬ne¬ment le plus dif¬fi¬cile à résoudre pour l’humanité. » Le propos du Professeur Barret est on ne peut plus limpide : indépendamment de sa gravité, le changement climatique est un problème excessivement difficile à régler. Et c’est exactement là le champ limité que nous nous sommes fixés dans cet article. Nous présentons simplement des clés de compréhension permettant de mieux appréhender l’extrême difficulté de ce problème d’un point de vue politico-économique. Aucun alarmisme là-dedans, puisque nous ne nous penchons pas sur la gravité du changement climatique, mais sur le fait qu’il soit un problème très difficile à régler par nature. D’où l’utilisation de ce que vous appelez des « concepts sociologiques », qui sont en réalité à l’origine bien plus des concepts de nature économique si l’on pense aux prix nobel de Nash, d’Olson, et d’Ostrom sur la base des travaux d’Hardin. Mais le plus simple serait pour vous de relire le premier paragraphe, dans lequel notre démarche est exposée de manière transparente.

Voilà. En résumé : 1) Aucun scientifique sérieux ne remet en cause l’existence d’un changement climatique d’origine anthropique, pas même Knutti, van Stoch, ou d’autres. 2) Notre article (ainsi que la citation du Professeur Barret) ne saurait être qualifié d’alarmiste par une personne sensée, car il se penche sur la difficulté de régler ce problème, et non sur sa gravité.

Je vous souhaite un excellent après-midi.

Tristan Irschlinger

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Bernard C. Magnongui

B

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Romain

Salut,

Bravo pour l’article qui illustre à merveille ce qui sera, à mon avis, le problème de notre génération. Des jours je le vois comme une tâche insurmontable, tandis que d’autres je me dis que ça va être énorme et qu’on a de la chance d’être acteurs dans une époque charnière.

L’article met le doigt sur la clé du problème. En discutant du problème, trop souvent on l’entend que le progrès technologique viendra tout sauver. J’ai envisagé écrire un article concernant les limitations et améliorations technologiques qu’il est raisonnable d’espérer.. mais dieu! que c’est compliqué. D’ailleurs, est ce qu’une amélioration de l’efficacité énergétique engendrera une réduction des GES? En Chine, le vélo électrique, cet étendard vert, est partout. Mais il n’y a plus de vélo traditionnel, du coup l’amélioration de l’efficacité énergétique apportée par le vélo électrique conduit à augmenter les GESs (contrairement à la Suisse, l’électricité chinoise est lourdement empreinte de charbon).

Au final, on s’y perd de nouveau. Le mieux c’est de remettre l’église au milieu du village comme vous l’avez fait. Le problème se réglera par les relations internationales ou ne se réglera pas.

Vivement la suite!

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Victor Santos Rodriguez

Salut Romain,

Merci mille fois pour ton commentaire, très intelligent et aussi enthousiasmant! Je pense également que nous devons prendre cet incroyable défi proposé par l’Histoire comme une chance unique pour notre génération!

Ce serait absolument formidable que tu puisses écrire sur le sujet! Le cas des vélos en Chine que tu évoques en tant qu’exemple est passionnant et je serais ravi d’en connaître davantage.

N’hésite surtout pas à nous contacter si la plume te démange 😉 Prends bien soin de toi Romain. À tout bientôt.

Victor SR.

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Yann K

Merci pour cet article tout aussi somptueusement écrit que brillant sur le fond qu’il aborde. Il permet, notamment, de mieux cerner les points d’achoppements de ce complexe problème qu’est le changement climatique.

Néanmoins, je reste sur ma faim, ou dans le désespoir, c’est à voir. Vous nous montrez brillamment à quel point le problème est complexe – tragédie du bien commun, dilemme du prisonnier, inconsistance temporelle – tout est passé au crible. Le seul espoir donné, en l’espèce la probabilité tangible d’événements destructeurs comme remise en question, est vite remis en place par un solide argument.

La démonstration d’impossibilité est telle qu’on aurait presque envie de ne même plus se demander « mais alors comment ? », sans compter que l’article prochain viendra alourdir votre assertion centrale.

Pourtant, c’est bien la question du « comment » que le monde entier se pose. Un journaliste demandant aux passants « pensez-vous que ce problème est difficile à régler ? » se verra selon toute vraisemblance répondre par la positive. En ce sens, votre article enfonce une porte ouverte, même si avant de régler un problème, il faut en cerner les origines. Mais si ce même journaliste se mettait à demander aux gens leurs solutions, probablement que chacun y ira soit de ses accusations « c’est le capitalisme », « c’est le Nord », « c’est le Sud », « c’est les Etats » ou de ses solutions rocambolesques « il faut la décroissance », « abattre le patronat », « forcer les Etats », et autres fantaisies qui n’arriveront jamais, sans jamais offrir des solutions envisageables voire réalisables.

Retour à la vraie question, donc, comment ? Je ne sais pas. Mais je n’ai pas l’impression que c’est impossible qu’il n’y paraît. Il y a toujours les sauts technologiques, absolument imprédictibles (et sur lequel beaucoup semblent pariés). Il y a aussi ces changements à l’échelle micro : on n’a jamais trié autant que maintenant, ni été autant sensibilisé à la cause environnementale. Jamais, non plus, l’entrepreneuriat « vert » n’a été aussi développé. Sans compter que clairement, le monde se développe, et les pays développés étant statistiquement plus sensibles à leur impact sur la planète, celui-ci diminue marginalement.

Ajoutons encore que, les matières fossiles étant fossiles par définition, elles finiront bien par s’épuiser un jour – un effet qui se sent déjà dans l’augmentation des prix, et donc des incitations aux économies d’énergie – même au niveau de la politique économique nationale. Enfin, ajoutons que tous les Etats ne sont, heureusement, pas rationnels : on pourrait argumenter que la Suède s’impose des critères bien au-delà de ce que son intérêt matériel le demanderait.

Ceci ne sont que des pistes, des idées, et probablement qu’aucunes en elles-mêmes n’auront le poids pour faire pencher la balance. Mais elles ne sont pas uniques, fort heureusement, et qui plus est, peuvent être couplées… Il y a là donc des opportunités exceptionnelles de recherche, d’analyse, de travail.

Tout cela n’enlève rien à la qualité exceptionnelle de votre article, et cette réaction à chaud en est bien la preuve : il inspire ! Merci !

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Victor Santos Rodriguez

Cher Yann,

(Je réponds ici en mon nom. Je laisserai le soin à Tristan de compléter et nuancer mon propos, s’il l’estime opportun.)

Tout d’abord, merci infiniment pour tes gentils mots à l’égard de l’article. C’est vraiment sympa d’avoir pris le temps de le lire et le décortiquer de manière aussi détaillée. Le fait que notre travail t’ait inspiré une telle réflexion me remplit de joie et de motivation pour continuer à écrire.

S’agissant plus précisément de ce que tu reproches à l’article, je ne sais pas trop quoi te répondre. Notre déclaration d’intention est, me semble-t-il, claire et explicite, en ce sens que nous nous proposons, dès le titre, d’expliquer pourquoi le défi climatique est si ardu, et non pas comment est-il possible de le résoudre. Toute prescription normative est d’emblée évacuée.

Je ne pense par ailleurs point que nous enfoncions des portes ouvertes, en tout cas pas pour tous. Car nombreux sont ceux qui n’ont pas eu la chance d’étudier ce sujet en profondeur ; pas tout le monde a la possibilité de faire des études ou même le temps de lire abondamment sur ce genre de thématiques complexes au sortir du travail. Et pourtant, cette question est, à mon sens, d’une importance fondamentale pour chacun d’entre nous, tant elle nous touche toutes et tous directement et frontalement.

Comme évoqué dans l’introduction, l’idée est donc simplement de proposer quelques clés pour mieux comprendre la difficulté des problématiques liées à la protection du climat et une certaine inaction (mesures à moult égards insuffisantes) en découlant. En soi, cela me paraît plutôt intéressant, en particulier pour les non-initiés. Nulle prétention d’exhaustivité, de même qu’une transparence absolue quant aux limites de notre démarche.

Le choix du sujet d’un article ainsi que son degré de spécificité/technicité dépendent fondamentalement du public auquel on s’adresse. Nous avons fait le choix délibéré d’écrire pour une audience large, pas nécessairement spécialisée. (Ce qui est par ailleurs assez en adéquation avec la philosophie générale de Jet d’Encre.) Ainsi, d’un point de vue logique, commencer par l’explication me semble justifié. Je crois en effet, et cela revient très justement dans ton commentaire, qu’il est difficile de parler de solutions – en saisir le sens et les implications, les critiquer, en proposer ! – sans comprendre les racines profondes et structurelles du problème. D’où notre modeste tentative d’apporter quelques éléments généraux, à la fois théoriques et empiriques, de compréhension.

Et oui, tu as parfaitement raison, le tableau est plutôt sombre, mais n’est-ce pas à bien des égards le reflet de la réalité ? En tout cas, tu proposes de nombreuses pistes de résolution intéressantes. Merci ! J’espère que nous aurons la possibilité (le temps) de nous pencher là-dessus prochainement.

Un grand merci encore une fois pour ton intérêt pour l’article. Je te souhaite une excellente fin de semaine Yann.

Victor SR.

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Tristan Irschlinger

Merci bcp pour ton retour Yann!

Je souscris volontiers à tes observations, ainsi qu’à la réponse de Victor. Tu soulèves des éléments particulièrement intéressants, qui résident toutefois hors du champs limité que nous nous sommes fixé dans cet article. Mais c’est bien là l’un des buts de notre démarche : tenter de fournir des éléments d’explication quant au blocage auquel on assiste, afin de susciter une réflexion concernant de potentielles pistes de dépassement dudit blocage.

Merci encore amigo! 🙂

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Victor Santos Rodriguez

Chère Sara,

Merci infiniment pour vos encouragements! Ils nous remplissent de motivation.

Nous espérons pouvoir publier le prochain article d’ici la rentrée.

Excellente continuation!

Victor SR.

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Sara Felini

absolument brillant! comme à votre habitude.. mercipour ce travail remarquable. quand sortira la suite?

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Tristan Irschlinger

Chère Sara,

Un immense merci pour ce retour positif!

Meilleurs salutations,

Tristan Irschlinger

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