Société Le 6 juillet 2014

L’ambiguïté du Libre-arbitre ou le paradoxe du Destin

4
4
L’ambiguïté du Libre-arbitre ou le paradoxe du Destin

– Croire au destin est d’une naïveté totale! Nous ne sommes pas de vulgaires pantins contrôlés par je ne sais quelle force supérieure. En tout cas moi je n’y crois pas. Je me sens libre de mener ma vie comme je l’entends. J’ai choisi mon logement, mon travail et ma femme.

– C’est ce que tu crois! Mais en réalité ce sont aussi ton bailleur, ton employeur et ta femme qui t’ont choisi, et non le contraire. Tout ne dépend pas de toi.

– Oui mais au final, c’est quand même moi qui ai accepté de signer le bail, le contrat de travail ou le contrat de mariage.

– Effectivement. Mais le choix de ton logement s’est fait par rapport à tes capacités financières ou le lieu de ton travail par exemple. Et ce dernier s’est imposé en fonction de ton éducation ou de tes capacités. Tous ces facteurs sont prédéterminés.

Quant à l’amour, c’est une question d’atomes crochus. Et ceux-ci font partie de ton patrimoine génétique héréditaire. En d’autres termes, tout est écrit dans tes gènes.

– Là tu vas loin! Je maintiens que je reste malgré tout maître de mes décisions, tout comme je choisis les habits que je porte et la nourriture que je mange chaque jour.

– Il faut comprendre que beaucoup de choix du quotidien sont gérés par notre inconscient. C’est-à-dire que la question du choix ne se pose même pas et nous agissons par réflexe ou par instinct. Maintenant il peut arriver que l’on se mette à réfléchir consciemment quant au meilleur choix à faire. Or dans ces moments-là, nous sommes fortement influencés par notre culture, notre background, la publicité ou l’effet de groupe. Il faut se demander jusqu’à quel point nous avons le plein contrôle de nos pensées.

Si l’on élargit notre perspective et que l’on observe le mouvement des planètes, on constate qu’elles sont réglées comme des montres suisses. Et si l’on se penche sur la vie des fourmis, force est de constater qu’elles agissent également selon un schéma déterministe. Alors pourquoi ne serait-ce pas le cas pour les êtres humains sans même que nous en ayons conscience?

– Parce qu’on ne peut pas comparer l’être humain aux fourmis ou aux planètes. Nous, nous sommes doués d’une conscience et du libre-arbitre. Cela n’a rien à voir. Je ne peux pas croire que ma vie soit écrite à l’avance de A à Z.

– Je dirais qu’elle ne l’est pas complètement. Disons qu’il y a une sorte de schéma avec les endroits, les personnes, les événements, les options et les occasions avec lesquelles tu créeras ton expérience.

– Peu importe! Même si c’était vrai, au final je serai toujours libre de saisir les opportunités ou non. Comme disait Erasme: “L’homme ne naît pas libre, mais il le devient”.

– Je ne dis pas le contraire. Mais il faut plutôt s’imaginer que la vie est comme un jeu vidéo de type « Grand Theft Auto »:

Au début tu ne choisis ni ton personnage, ni ses paramètres, comme la date ou le lieu de sa naissance, ses traits physiques et comportementaux, sa famille ou l’environnement dans lequel il va évoluer. Tu ne choisis pas non plus les personnages qui seront sur ton chemin. En revanche, tu peux choisir de suivre le scénario qu’ils te proposent ou non. Libre à toi de mener ton aventure comme tu le souhaites, mais toutes les possibilités ont déjà été écrites.

Donc oui, tu as la possibilité de décider un certain nombre de choses, mais il n’y a pas de hasard. Le libre-arbitre est une illusion qui nous permet de choisir différents chemins, mais ils vont tous dans la même direction.

– Et à ton avis, qui est-ce qui définit ces paramètres?

Qui écrit les scénarios?

Même en admettant qu’il y ait un certain nombre de paramètres prédéfinis ainsi qu’un schéma de vie pré-écrit, on peut considérer que nous en sommes les uniques responsables.

C’est-à-dire que chaque être humain aurait choisi de vivre la vie qu’il vit à l’instant avant son incarnation. Donc le libre-arbitre existe bel et bien, il est total et intemporel.

– C’est une façon de voir les choses. Pour ma part, je ne pense pas qu’il faille croire ou non au destin, mais plutôt accepter que tout ne dépend pas de nous. Nous avons et vivons ce que nous méritons. Les choses se déroulent comme elles doivent se dérouler et c’est plus apaisant de penser ainsi. Cela éloigne les: “Pourquoi ça n’arrive qu’à moi? Si seulement j’avais été là! Je n’aurais pas dû faire ça! …” Etc… Je me dis simplement que chaque chemin est le bon, ou que,

comme le disait Bouddha…

“Le chemin est le but”.

Commentaires

image-user

Paradox

Bonjour, je me suis longtemps posé la réflexion autour du paradoxe du destin. Tout d'abord si on parle…

Lire la suite
image-user

Michael Maccabez

Il me semble que tu traites ici plutôt de la question religieuse, ou au moins spirituelle, de la prédestination, plutôt…

Lire la suite
image-user

Michael Maccabez

Hello, mais ne crois-tu pas qu’il soit possible d’avoir, dans une certaine mesure, la possibilité d’un choix ? Si nous…

Lire la suite

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *
Jet d'Encre vous prie d'inscrire vos commentaires dans un esprit de dialogue et les limites du respect de chacun. Merci.

image-user

Michael Maccabez

Il me semble que tu traites ici plutôt de la question religieuse, ou au moins spirituelle, de la prédestination, plutôt que de celle, philosophique, du libre arbitre. Ou alors je ne saisis pas comment tu peux conclure qu’on a certes des choix, mais qu’ils vont « tous dans la même direction ».

Par ailleurs j’ai beaucoup de mal avec l’esquisse de morale de la fin. « Nous avons et vivons ce que nous méritons. Les choses se déroulent comme elles doivent se dérouler » me semble d’une part très chrétien, et d’autre part extrêmement dérangeant si tu penses notamment à des victimes de catastrophes. Les Syriens, ils l’ont mérité pour toi ? Tout se déroule comme ça « doit » se dérouler ? D’où tu tires le caractère déontique de ce qu’il se passe ?

Répondre
image-user

Adriano Brigante

L’illusion du libre-arbitre naît de l’impossibilité pratique d’examiner la chaîne infinie de causalité qui mène à nos choix. Cette impossibilité conduit également au fait que le « destin », s’il est déjà « écrit », ne sera jamais « lisible » à l’avance.
Autrement dit, le libre-arbitre n’existe pas et le destin existe. Mais dans la pratique, nos vies se déroulent en tous points comme si le libre-arbitre existait et que le destin n’existait pas.

Répondre
image-user

Michael Maccabez

Hello, mais ne crois-tu pas qu’il soit possible d’avoir, dans une certaine mesure, la possibilité d’un choix ? Si nous sommes entièrement déterminés, comme tu sembles le soutenir, nous ne choisissons jamais rien, bien que nous en ayons l’impression. Mais il suit de ça que la responsabilité morale est tout aussi illusoire que le libre arbitre. En d’autres termes, est-ce que tu m’en voudras si je te marche sur le pied, ou est-ce que tu considèreras que je n’y suis pour rien ?

Répondre
image-user

Paradox

Bonjour,
je me suis longtemps posé la réflexion autour du paradoxe du destin.
Tout d’abord si on parle de destin, il n’y a pas à se demander qui l’a écrit car c’est pas logique, c’est l’entièreté du monde/univers depuis le big bang et même avant qui fait « que ».
Ensuite concernant l’illusion du libre arbitre apparait également l’indéterminisme de certains choix, un exemple serait de jouer à pile ou face, je choisis au pif pile, c’est un choix et pourtant il n’y a aucun critère déterministe qui me pousse à choisir pile ici (par contre si je continue à jouer il y aura du déterminisme).
En bref l’indéterminisme apparait rarement et surtout ponctuellement mais existe, ce qui remet en cause la notion même de destin mais aussi celui du libre arbitre en même temps car mon choix ici n’est pas déclenché en mon âme et conscience mais par le plus grand des hasards.
Pour la suite il sera toujours possible de faire des études sur la population mais ça n’expliquera en rien mon choix initial.
ça c’est vraiment un truc marrant avec le hasard car à grande échelle on sait le mesurer à l’aide de proba etc mais à l’échelle d’un événement seul on pourra jamais le comprendre.

Répondre