Critique Médias Le 16 janvier 2014

Bouteille à la mer d’un rêveur désenchanté

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Bouteille à la mer d’un rêveur désenchanté

[DR]

Mais dans quel monde du journalisme vivons-nous ? Un univers dans lequel futilité et vanité nous sont crachées au visage, jour après jour. Dans lequel la banalité et la médiocrité transpirent de nombre d’articles, émissions télévisées et autres sujets du 20h. Fort heureusement, et bien qu’elle soit très loin d’atteindre la perfection en termes d’indépendance des rédactions et de pluralisme des médias, notre Confédération helvétique semble au moins échapper aux « paniques médiatiques ». Ce qui n’est pas le cas pour tout le monde.

Chez nos voisins français, ces derniers mois ont été affligeants dans le traitement de l’information. Débutée par « l’affaire Leonarda », la buzzification de l’info a atteint son apogée avec le « cas Dieudonné », lequel a été remplacé il y a quelques heures – aussi vite qu’il a éclaté – par les déboires sentimentaux de François Hollande. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je précise qu’il existe bien entendu des exceptions à la règle (Dieu soit loué), bien que celles-ci soient proportionnellement infimes dans le paysage médiatique français.

Leonarda donc, du nom de cette jeune Kosovare, renvoyée manu militari dans son pays d’origine alors qu’elle participait à une sortie scolaire. Le tollé suscité par cette expulsion hors du pays des droits de l’homme d’une jeune fille de 13 ans faisait directement suite à une autre polémique concernant la situation des Roms en France, laquelle avait monopolisé le débat public pendant plusieurs semaines. Ou comment accuser de tous les maux de l’Hexagone une communauté qui n’existe pas, en dehors des classeurs administratifs. Et c’est ainsi que surgit le premier indice de la droitisation du gouvernement socialiste, élu entre autres pour combattre les « Kärcher » de Nicolas Sarkozy et sa politique d’immigration restrictive. En affirmant que « les Roms ont vocation à revenir en Bulgarie ou en Roumanie »1, Manuel Valls frappe un premier grand coup. Apparemment, un gouvernement de gauche a, selon lui, pour « vocation » de combattre la misère, les inégalités, l’intolérance et l’exploitation en favorisant l’insertion, la cohabitation et l’entraide : mais « là-bas », « chez eux » et non pas « ici », en France. Voilà la première brique du mur de l’émotif posée et les poussières des vraies problématiques de « sécurité » et du chômage balayées sous le tapis médiatique.

Ce même Manuel Valls que l’on retrouve sans surprise au centre du vomi médiatique engendré par le soi-disant « cas Dieudonné ». Cela fait maintenant exactement dix ans – depuis le 1er décembre 2003, date du sketch de l’humoriste-polémiste sur le colon sioniste israélien (le « colon », toujours utile de le souligner) présenté lors de l’émission On ne peut pas plaire à tout le monde animée par Marc-Olivier Fogiel – que les discussions et les débats sur le prétendu caractère antisémite des spectacles (ou des « meeting politiques », c’est selon…) de « Dieudo » pleuvent sur la toile. Plus de huit ans que des quenelles se glissent à tort et à travers – parfois subtilement, parfois grossièrement – sans que quiconque ne songe à s’y intéresser. Alors pourquoi subitement ce sujet devient-il le centre de toutes les attentions médiatico-journalistiques?

À l’heure de la crise économique, des délocalisations, de la suppression d’emplois en chaîne (que pensent les salariés de Goodyear, PSA Renault Citroën et autre ArcelorMittal des propos de Dieudonné à votre avis?), du taux de chômage des jeunes parmi les plus élevés d’Europe, des interventions militaires au Mali et en Centrafrique, d’une cote de popularité présidentielle aux abysses, du génocide du peuple syrien par son président, de la fraude fiscale massive dans la classe politique hexagonale, de l’impunité d’un sénateur corrompu et commanditaire d’assassinat, de la question des aides étatiques inégales à la presse ou encore de la percée du Front national dans certaines régions – liste non exhaustive –, le dossier brûlant du combo gouvernement-presse de France est incarné par l’interdiction ou non du spectacle d’un artiste controversé. Pauvre Hexagone.

Mais attention ! Ne me faites pas dire que le débat autour de la liberté d’expression n’est pas important et qu’il ne mérite pas d’être questionné par les médias: je revendique uniquement le rôle primordial et originel des journalistes dans nos démocraties, c’est-à-dire leur responsabilité envers le droit de savoir des citoyens pour que ceux-ci soient indépendants dans leur réflexion et libres dans leur choix. Il est donc de leur devoir de ne pas se laisser embrigader par l’agenda communicationnel de la classe politique, laquelle met au premier plan des sujets où l’émotionnel joue un grand rôle et délaisse volontairement les problématiques « réelles », qui nécessiteraient des mesures rationnelles. Pour ce faire, c’est aux journalistes de poser les bonnes questions, de traiter les sujets pertinents, de mentionner – certes – les autres, mais sans pour autant gratter chaque jour le moindre détail croustillant d’une affaire sans grand intérêt public.

Finalement, le gouvernement ou les médias ; c’est un peu l’histoire de la poule ou de l’œuf. Il y a sans aucun doute une concomitance d’intérêts ; les uns tirant profit de sujets « vendeurs », les autres repoussant les nécessaires actions concrètes pour se cacher derrière l’ombre de la polémique du moment. Pour autant, mes inquiétudes se sont confirmées il y a de ça quelques heures, quand j’ai appris – comme tout le monde, et surtout comme le confirme Google après avoir tapé « Hollande » dans la barre de recherche… – que le président français fricotait en catimini avec une actrice dans un appartement à deux pas de l’Élysée. Tel un vrai James Bond présidentiel, celui-ci pensait être à l’abri des paparazzi en quittant les lieux sur un scooter, le visage caché par un imposant casque noir. Si on laisse de côté le masochisme de cet homme – qui avait vraiment besoin de telles révélations pour remonter dans les sondages – le ramdam médiatique autour de la conférence de presse de ce mardi 14 janvier est emblématique. En résumé, les débats engagés par les travailleurs de l’information ne tournaient pas autour des éventuelles questions traitant des problématiques dont je proposais une petite liste ci-dessus (précisons ici qu’il en a toutefois été longuement, et logiquement, question pendant cette conférence de presse), mais bien de savoir quand allait être traitée la « cocufication » de Valérie Trierweiler (au début ou à la fin de la conférence ?) et surtout qui allait oser le premier en parler au président (un média français ou étranger ?), le tout dans une sorte de macabre réjouissance. Pathétique.

Laissez-moi cependant nuancer mon propos. Il y a très peu de « domaine privé » dans cet exemple ; quand on choisit d’être candidat à la présidence d’un pays et que l’on est ensuite élu, on n’est plus un « citoyen comme les autres ». Sans tomber dans le voyeurisme, ce genre de cas est fondamentalement d’intérêt public, ne serait-ce que pour l’escorte (réduite) accompagnant le président à l’appartement rue du Cirque, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Ce dilemme privé-public tiraille les journalistes, ce n’est pas nouveau ; ici, ce qui me dérange tient plus dans les moyens utilisés que dans les fins impliquant le traitement de cette affaire.

À la lecture de ce billet, on me traitera probablement de naïf, on me dira que tout ce processus a été ainsi depuis la naissance de la presse écrite, que c’est la faute du « système », qu’il faut obligatoirement réagir sur un sujet dont tout le monde parle, et que je tombe donc moi-même à présent dans le piège, que je mélange tout, que je n’ai qu’à rehausser le niveau, que – « crois pas ! » – je finirai probablement moi aussi comme eux, qu’après tout, c’est le monde dans lequel nous vivons et qu’il est impossible de le changer… et autres simagrées socialement acceptées. On me dira probablement également qu’un humble apprenti journaliste ne doit pas dénigrer ainsi son hypothétique futur métier, sans savoir que c’est précisément parce que je l’aime profondément que je le critique. On me dira « laisse tomber, travaille dans une banque ou devient fonctionnaire, c’est tellement moins compliqué » ! On me dira que c’est la vie, et que parfois la vie est injuste, absurde même, que les choses ne sont pas toujours comme on veut, qu’il faut se battre pour qu’elles le deviennent, en oubliant que parfois cela ne sert à rien.

On dit aussi que la conscience des êtres humains est conditionnée par les évènements qu’ils vivent au jour le jour. Peut-être est-ce là l’origine de mon pessimisme et de mon désabusement, de ma rancœur âcre et mon cynisme exacerbé dans ce texte; moi qui ai plutôt tendance à voir le verre à moitié plein.
L’avenir nous (me) le dira.
En attendant, je lance cette bouteille à la mer et j’attends.

 

Commentaires

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Sylvia R.

Ta réflexion est intéressante et je partage une grande partie de ton constat. Entre ignorer et choisir de lire autre…

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Stefan Renna

Cher Damien, merci tout d'abord pour ton commentaire. Les Roms ne sont effectivement pas une communauté, comme tu le…

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Stefan Renna

Merci Nassim, un doc qui en dit effectivement long sur les relations médias-gouvernement-entrepreneuriat en France! À bientôt

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Sylvia R.

Ta réflexion est intéressante et je partage une grande partie de ton constat. Entre ignorer et choisir de lire autre chose, je ne sais pas ce que je préfère… Quoi qu’il en soit, il y aura toujours une place – même réduite – pour le journalisme indépendant, engagé ou non. À Genève, ça commence par un C. 😉

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Nassim

Doc à voir pour tous les lecteurs de cet article.
http://www.youtube.com/watch?v=fshz0kJEkBE

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Stefan Renna

Merci Nassim, un doc qui en dit effectivement long sur les relations médias-gouvernement-entrepreneuriat en France!
À bientôt

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Damien

Cher monsieur, si j’ai lu votre article avec intérêt j’aimerais émettre deux remarques (sujettes au débat bien entendu).
Tout d’abord, vous semblez confondre deux choses lorsque vous écrivez ceci en parlant des Roms : « une com­mu­nauté qui n’existe pas, en dehors des classeurs admi­nis­tra­tifs ». Les Roms vivant ou séjournant sur le territoire français, ne sont ni une « communauté » (La Constitution de 1958 proscrit l’emploi de ce terme dans une nation une et indivisible, même s’il est très souvent – trop – repris par les journalistes), ni une « catégorie administrative ». Vous pensez sûrement ici (mais je peux me tromper) aux « gens du voyage », catégorie administrative créée en 1969 avec laquelle on confond souvent les Roms (dont seulement 15% de ceux qui vivent en France ont un mode de vie itinérant et donc se rapportant à la catégorie juridico-administrative des « gens du voyage » : http://www.vie-publique.fr/chronologie/chronos-thematiques/roms-gens-du-voyage.html).
Ensuite, je partage votre constat quant à l’homogénéisation du paysage médiatique français, journaux et journalistes entonnant tous les mêmes airs. Mais je pense que cela n’est pas tant dû au suivisme des rédactions pour les communiqués d’un gouvernement qui imposerait son rythme médiatique, qu’à la futilité qui sommeille en nous (à des degrés divers je vous l’accorde). Je me rappelle de cette anecdote racontée par Nicolas Demorand, président du conseil de surveillance de Libération, à l’antenne de France Inter : « grâce à la mise en ligne de nos articles nous pouvons savoir quels sont les articles qui ont été le plus lus en fonction du nombre de clics qu’ils ont reçus. Oh surprise ce jour-là, parmi tous les articles du jour, c’est le portrait de Nabila qui a décroché la martingale »… Pour moi donc, on parle trop du journaliste aux bottes du pouvoir, mais le vrai danger c’est le journaliste qui ne surferait plus que sur cette futilité inhérente à chaque être humain… Et n’oublions pas comme le dit l’adage « qu’un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse »…

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Stefan Renna

Cher Damien, merci tout d’abord pour ton commentaire.
Les Roms ne sont effectivement pas une communauté, comme tu le dis très justement. Le fait d’écrire « qui n’existe pas » allait dans ce sens. Ce mot est directement utilisé par certains journalistes comme tu le fais à nouveau justement remarquer, mais également sous-entendu par certaines politiques (Valls in primis) quand ceux-ci parlent de « différences culturelles » qui seraient incompatibles avec le mode de vie des autochtones. Les Roms (originaires de Bulgarie ou Roumanie en majorité) ont effectivement peu de choses à voir avec les « gens du voyage » (de nationalité française), mais c’est chose courante de mettre tout le monde dans le même sac d’où les « classeurs administratifs ». Mais je reconnais n’avoir pas forcément été très intelligible sur ce coup.
Concernant ta deuxième remarque, rien à dire, je suis tout à fait d’accord avec toi.

Meilleures salutations

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Lionel R

En même temps comment la presse française peut-être indépendante du pouvoir politique quand les « aides à la presse » se chiffrent en milliards d’euros ?

Finalement, John Swinton était le seul journaliste conscient de sa situation, en 1883 déjà :

« There is no such a thing in America as an independent press, unless it is out in country towns. You are all slaves. You know it, and I know it. There is not one of you who dares to express an honest opinion. If you expressed it, you would know beforehand that it would never appear in print. I am paid $150 for keeping honest opinions out of the paper I am connected with. Others of you are paid similar salaries for doing similar things. If I should allow honest opinions to be printed in one issue of my paper, I would be like Othello before twenty-four hours: my occupation would be gone. The man who would be so foolish as to write honest opinions would be out on the street hunting for another job. The business of a New York journalist is to distort the truth, to lie outright, to pervert, to villify, to fawn at the feet of Mammon, and to sell his country and his race for his daily bread, or for what is about the same — his salary. You know this, and I know it; and what foolery to be toasting an « Independent Press »! We are the tools and vassals of rich men behind the scenes. We are jumping-jacks. They pull the string and we dance. Our time, our talents, our lives, our possibilities, are all the property of other men. We are intellectual prostitutes. »

Aujourd’hui, et Jet d’Encre en est une preuve, internet permet la diffusion des idées sans aucune censure et en toute liberté. Mais jusqu’à quand ? L’Etat n’a qu’une seule envie : réguler, taxer et contrôler cet espace de liberté intolérable…

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Stefan Renna

Cher Lionel,
tu pointes là clairement une des causes principales, selon moi, du dysfonctionnement médiatique en France: les aides à la presse. Il serait d’ailleurs vraiment intéressant d’en faire un article 🙂
De plus, les tentatives de l’État de faire censurer la toile représentent clairement un fait inquiétant, je te rejoins également sur ce point.
Finalement, même si John Swinton pointait déjà il y a 130 ans des problématiques toujours actuelles, je ne pense pas qu’il ait été le seul conscient de la situation à son époque. J’en veux pour preuve cette citation de Joseph Pullitzer, journaliste et entrepreneur qui déclarait en 1903: « la certitude qu’un journaliste de bonne réputation refuserait de diriger un journal représentant des intérêts privés opposés au bien public suffirait à elle seule à décourager une telle entreprise. » (cité par Edwy Plenel dans « Le droit de savoir », page 82). Tout en étant entrepreneur, celui-ci n’hésitait pas à dénoncer l’évasion fiscale et à mettre en garde contre les « dangers de la ploutocratie et de la démagogie ». Bref, un exemple qui montre bien, à mon avis, que tout n’est pas question d’argent et de pouvoir, mais bien de civisme et d’amour pour la démocratie.

Merci pour ton commentaire et au plaisir de te relire!

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Andrea

Bel article, toujours un plaisir de te lire et crois-moi ça me coûte de dire ça à cause de l’équipe de football que tu supportes. Maintenant j’ai deux questions pour toi. La première est ce que l’emploi du terme « génocide » est utiliser volontairement? Deuxièmement, je partage tout à fait ta critique mais pour toi, aurais-tu une solution à proposer afin de pousser un peu plus ton raisonnement?

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Stefan Renna

Salut Andrea, merci pour ton commentaire et tes compliments.
Oui, je pense que l’emploi de ce mot est légitime au regard des massacres perpétrés intentionnellement par le gouvernement syrien ces derniers mois et si l’on définit le mot par des « actes destinés à détruire, tout ou en partie, un groupe de population » qui serait composé ici de tous les opposants au régime de Bachar el-Assad (rebelles et civils confondus). Toutefois, je suis aussi conscient de la portée du mot et de son emploi à travers l’histoire.
Ensuite, je dois t’avouer que si j’avais une solution, je serais probablement pas en première année de master mais j’occuperais un poste du type « président du monde » ou quelque chose dans ce style… Plus sérieusement, le ton général de mon texte et son désabusement avoué montrent bien que l’avenir semble, a priori, pas très rose. Mais l’espoir fait vivre. Peut-être faudrait-il tout tenter pour innover, créer, prendre des risques afin de proposer de nouvelles choses. C’est, je pense, ce qu’a su faire un journal comme Mediapart avec une réussite de jours en jours plus palpable. C’est ce qu’essaye de faire également en quelques sortes Jet d’Encre, à un niveau très clairement moindre. Les deux cas sont bien évidemment totalement incomparables, mais je t’en parle pour te montrer cette idée de tenter des trucs, s’y investir et y prendre surtout beaucoup de plaisir. C’est peut-être ça la « solution », joindre l’utile à l’agréable…mais là on repart dans ma naïveté que j’évoquais à la conclusion du texte.
Finalement, et pour faire un parallèle que tu ne manqueras pas de trouver pertinent, peut-être qu’il faudra à l’avenir de plus en plus revenir aux origines du métier (moi le premier). C’est-à-dire « aller voir », se déplacer sur place et non pas rester dans sa tour d’ivoire dans laquelle on s’enferme pensant qu’Internet peut faire tout le travail. Car comme tu le sais si bien, la vérité provient toujours du terrain.

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XXX

Les médias de masse sont utilisés à des fins de pouvoir pour orienté le souverain que d’un certain angle… Face à son ombre si on veut être plus restreint. Je pense, en partie, que ce dispositif nous fait perdre graduellement, si ce n’est pas encore le cas, notre souveraineté, le pouvoir du peuple face aux institutions. Car ces médias de masse n’ont aucune éthique mise à part celle du rendement… L’information n’est qu’un produit marchand!

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Stefan Renna

Je partage votre constat sur la marchandisation de l’information pour les médias de masse. Le balancement vers le divertissement est bien engagé; il y a toujours moins de public qui achète un journal et toujours plus d’audience qui le consomme. Les taux de rentabilité exigés par les grandes entreprises de presse (15% pour Tamedia en Suisse, par exemple) n’en sont finalement que la matérialisation…
Le salut viendra-t-il du Web?

Merci pour votre réaction,
Au plaisir

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