Culture Le 29 décembre 2012

Booba. Grammaire du Futur [Partie 2]

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Booba. Grammaire du Futur [Partie 2]

Par­tie 1: « MONTE DANS LA DELO’, J’VAIS DANS LE FUTUR »

 

Partie 2: « VULGAIRE, FAUTES DE GRAMMAIRE »

DeLorean enclenchée. Avant d’entrer dans le vif du sujet, à savoir les textes de Booba dans son dernier album « Futur », précisons 2-3 éléments techniques propres au Rap. Basiques. À la différence du Chanteur, qui construit des mélodies et harmonies, le Rappeur construit un flow. Le flow est en fait la manière qu’il aura de scander ses textes, de débiter ses phrases. Quelle vitesse ? Quelles intonations ? Quelle rythmique ? Le Rappeur se pose ce type de questions pour essayer de faire en sorte que ses paroles collent le mieux à la musique, le beat. Avoir un bon flow est aussi important qu’avoir de bons textes, si ce n’est plus. Des lyrics bien écrits seront en effet inaudibles, une fois (des)servis par un flow inadapté.

On voit déjà revenir là les soi-disant « puristes », consternés par la première partie de cet article, et désireux d’en re-découdre. « Quoi ?! Le flow plus important que les paroles ?! Jamais ! Le Rap, c’est fait pour transmettre un message, revendiquer ! »… Salades. Le Rap est un genre musical. Qui dit musique, dit musicalité. L’impératif du flow s’inscrit donc dans la droite lignée du respect de cet art. Toutefois pas d’inquiétude, ô pourfendeurs de la mélodie et du rythme… Pour vous, il reste le Slam1.

Mais ne vous y trompez pas, cependant. Cette petite introduction sur l’importance du flow ne doit en aucun cas être entendue comme un mépris des belles paroles. Au contraire. Elle servira pour la suite de cette partie à expliquer certains choix faits par le rappeur Booba. Judicieux.

© Facebook officiel de Booba

Examinons les donc, ces fameux textes. Ou pas encore. On fera ici une dernière précision, et non des moindres. Le Rappeur, en plus de se chercher un bon flow, essaie d’écrire des punchlines. « Lignes coup de poing ». Une punchline, c’est ce genre de phases, de phrases, qu’on retient dès la première écoute. Boom. Pause. On rembobine. Et lorsqu’on est sûr de l’avoir bien comprise – car il y a des punchlines à retardement, celles qui font vraiment mal – on la poste alors sur Facebook. Sur Twitter. Booba, pour en revenir à lui, est l’exemple paradigmatique du punchliner en série. Comme dit dans la partie précédente, les réseaux sociaux sont constamment parsemés de citations de l’artiste.

Alors pourquoi « Grammaire du Futur » ? Parce que. Parce que, comme on l’a avancé, B2O a depuis quelques temps remanié la grammaire française à sa sauce, remixé la syntaxe. Rappel (ou information). Selon le Larousse, la grammaire est l’« ensemble des structures linguistiques propres à telle ou telle langue ; description de ces structures et du fonctionnement de cette langue »2. Le français ici. Et la syntaxe ? « Partie de la grammaire qui décrit les règles par lesquelles les unités linguistiques se combinent en phrases »3. Par « unités linguistiques », entendez des mots, ou groupes de mots.

Élie Yaffa, lui, des règles, il n’en a que faire. Petit retour en 2010. Album « Lunatic ». Dans « Killer », le Météore (autre de ses alias) dit : « Alors je ferme les yeux, je plane/ Traverse nuage de fumée, seul dans ma fusée ». Wow. On assiste là à une forme nouvelle de syntaxe, en musique. Certains mots ont été éliminés. En 2011, rebelote. Sur sa mixtape « Autopsie 4 », parlant de son meilleur ami décédé Bram’s (RIP), il scande : « On a perdu meilleur soldat, j’suis blasé de la life ». Encore. Puis encore. Petit à petit, B2O construit sa nouvelle grammaire. Une manière novatrice de composer ses phrases… Une « Grammaire du Futur ».

Car oui, c’est clairement avec « Futur », son sixième album, que l’artiste instaure cette syntaxe de l’espace comme sa marque de fabrique. Sur trois-quarts des titres en effet, et plusieurs fois par morceau, le rappeur réinvente la langue française, et élimine les mots qui ne lui conviennent pas : les déterminants. Morceaux choisis. Dans « Caramel » :
« L’argent est gagné salement, les sommes sont colossales/
Chevaux noirs dans moteur allemand, ma rage est coloniale
 ».
Dans « Pirates » : « Menotté au radiateur, je ne sais que nier/
Pirate n’a jamais mal au cœur sur océan de billets
 ».
Et : « Combien ont voulu me dénoncer, m’arrêter dans ma lancée/
Car on sait qu’j’pèse comme fiancé de Beyoncé
 ».
La langue française est connue pour sa grande subtilité. Également son manque d’efficacité peut-être. Booba l’a bien compris, lui. Ainsi, lorsqu’il considère que les déterminants, ces petits mots non indispensables à la compréhension globale, pourraient nuire à son flow – question de syllabes, de rythme – ou qu’ils pourraient diluer l’impact d’une punchline – question de sens entre autres – il ne les utilise tout simplement pas.

Dans « 1.8.7 », où l’Américain Rick Ross l’accompagne, il clame encore:
« La drogue c’est compliqué donc je l’ai détaillée/
Criminel en stage enfermé dans cage d’escaliers
 ».
Comme en témoigne cette collaboration, le rappeur français a les yeux tournés vers les États-Unis. Il ne s’en cache pas. Il habite même une grande partie de l’année à Miami. Parler couramment la langue de Shakespeare l’a visiblement influencé. En anglais en effet, les déterminants sont beaucoup plus rares, voire inexistants. L’expression « Street is watching », par exemple, sonne beaucoup plus direct que la traduction française « la rue est en train de regarder ».

© Instagram officiel de Booba

Mais retournons à un peu de théorie. Selon le Bescherelle – référence en matière de langue française, qu’Élie Yaffa lui-même a pu citer par le passé4 – « le groupe nominal minimal est formé d’un déterminant et d’un nom »5. Hormis le nom propre, qui se présente souvent sans déterminant, le nom commun ne peut venir seul que dans certains cas. Lorsqu’il est attribut du sujet : « Sa fille est journaliste ». Lorsqu’il est apposé à un autre nom : « Booba, rappeur franco-sénégalais, […] ». Quand il est épithète et fait office d’adjectif : « un remède miracle ». Quand il est employé en apostrophe, pour interpeler quelqu’un : « Garçon, deux cafés s’il vous plaît ! ». Lorsqu’il est placé derrière certaines prépositions, et uniquement au sein d’un complément de phrase (ou complément circonstanciel) : « Il aime se promener sans but » ou « Il jardine avec plaisir ». Dans des locutions verbales encore, où le verbe et son complément forment un bloc et fonctionnent comme un verbe : « avoir tort ». Dans les énumérations et coordinations : « Talent, travail et chance sont la clé de la réussite ». Et dans certaines expressions figées enfin : « Il y a anguille sous roche »6. Bien…

La Grammaire du Futur de Booba, elle, ne respecte aucune de ces règles. Style télégraphique,  totalement épuré. Le rappeur choisit effectivement d’utiliser des noms communs délaissés de leurs déterminants, dans des cas de figure n’entrant dans aucune des catégories admises par le Bescherelle. Non. C’est droit au but. Zéro futilité. Zéro fioriture. L’esthétique y gagne. Le message est tout aussi bien compris, si ce n’est mieux. Dans « Kalash » par exemple, épaulé par le ténébreux Kaaris, B2O tire : « Wouallah j’suis frais, j’suis nickel/ Tirelire est pleine, j’ai haine habituelle ». Dans « Tout c’que j’ai » aussi :
« Faire du blé, c’est ça qu’on fait/
Crime paie plus que B.E.P., c’est ça qu’on sait
 ».
Dans « Futur » enfin, morceau éponyme, le Météore
« Traverse constellations, envoie MC’s en congélation »,
et « […] attaque comme lion croque à la ge-gor ».
Bien reçu. Cette illustration démontre une dernière fois l’efficacité et la beauté d’une telle construction syntaxique. Précisons ici que la liste des citations invoquées n’est point exhaustive, et que l’album regorge de ces punchlines grammaticalement novatrices.

Ainsi, on conclura cette seconde partie en réaffirmant que Booba révolutionne la langue française. Oui Monsieur. Efficacité et compréhension facilitée, esthétique et rythmique. Le parlé de Molière en ressort certainement gagnant. Sans appel, dans le domaine musical du moins. Ajoutons à cela que B2O a beaucoup d’influence sur les jeunes (et moins jeunes) dans leur quotidien, c’est indéniable. Combien de « Morray », de « IZI », n’entendez-vous pas tout autour de vous ces derniers temps? À l’école, probablement que les professeurs de français ne seront pas ravis de découvrir des dissertations remplies de phrases sans déterminants. Dans un autre registre en revanche, à une époque où les réseaux sociaux gouvernent, cette Grammaire du Futur permet notamment aux utilisateurs de Twitter d’économiser de précieux caractères. Et par la même, de ne plus malmener l’orthographe, trop souvent reléguée au second plan. Puis, qui sait ? Dans quelques années, toujours plus pressés, on écrira et parlera peut-être tous comme ça…

Bref. Ce n’est pas tout. Dans la prochaine partie de cet article – la troisième – on reprendra encore les textes de Booba. L’on s’attaquera cette fois non plus à sa grammaire en général, mais à ses figures de style, plus précisément. Métaphores, « métagores », comparaisons, allitérations, assonances, ou encore Supa Dupa Flow. Rendez-vous donc dans deux jours pour toujours plus de punchlines du « Futur »… Le Rap, c’était mieux après ?

 

Par­tie 3: « GROS CHÈQUES, MALGRÉ ÉCHEC SCOLAIRE »

 


[1] Cette invective ne vise bien sûr pas les Slammeurs. Respect à eux!

[2] LAROUSSE, Définition: Grammaire, accessible à http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/grammaire/37802#37745 (consulté le 27.12.12)

[3] LAROUSSE, Définition: Syntaxe, accessible à http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/syntaxe/76217 (consulté le 27.12.12)

[4] “J’passe sous les échelles, un flingue caché dans l’Bescherelle”. Album “Ouestside”, titre “Gun in Hand” feat. Akon, bridge de fin.

[5] BESCHERELLE, La Grammaire pour Tous, Hatier, Paris 2012, p.47

[6] ibidem, pp. 35-44 et pp. 74-75

Commentaires

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Jowow

C'est pas parce'que des rappeurs utilisent des «beaux» mots qu'utilisaient les poètes qu'ils sont meilleurs lyricalement. Je suis sur que…

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Jowow

Je ne doute pas qu'un livre de booba serait mieux écrit qu'un texte de rap d'Antonin Artaud

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Julien

BOOBA, GRAMMAIRE DU PASSE... L'absence de déterminant devant un nom, avant d'être un trait caractéristique d'une prétendue…

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Julien

BOOBA, GRAMMAIRE DU PASSE…

L’absence de déterminant devant un nom, avant d’être un trait caractéristique d’une prétendue grammaire du futur, (mais pourquoi pas), c’est l’héritage verbal inconscient, comme souvent les rappeurs, de structures langagières propres aux poètes du Moyen Age, et plus généralement à l’ancien français.

Ainsi, une phrase comme « j’pose mes couilles sur la table comme sel et poivre », n’était la grossièreté particulière du bonhomme, aurait pu s’entendre il y a quelques siècles. Non seulement l’ancien français, c’est-à-dire grosso modo le français parlé jusqu’à la moitié du seizième siècle, au moment de La Deffence, et Illustration de la Langue Francoyse de Du Bellay, mais aussi l’occitan, langue des troubadours, portent de telles constructions sans déterminants.

Selon moi, donc, il s’agit non seulement d’une grammaire du passé, mais en plus d’une prosodie et d’une rhétorique du passé : les rappeurs, Booba en particulier, reprennent des figures de rimes inventées et utilisées par les troubadours et les Grands Rhétoriqueurs, comme je l’ai montré dans mon livre, Le rap ou l’artisanat de la rime, stylistique de l’egotrip, sorti chez l’harmattan en 2008.

Voilà donc pour alimenter un peu le débat autour de ces chroniques par ailleurs très vivantes,

Peace, Julien.

PS : une étude sur le sujet : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lgge_0458-726x_1991_num_25_102_1596

le texte original et intégral de la Deffence : http://books.google.fr/books?id=KbPTAAAAMAAJ&pg=PA234&lpg=PA234&dq=texte+original+du+bellay+deffence&source=bl&ots=PPTZwULtyL&sig=FFeR72q8RNzJqyXecqTpQUntIfI&hl=fr&sa=X&ei=WO1TUfe6Lcz_rAe13oDoDw&ved=0CDcQ6AEwAQ#v=onepage&q=texte%20original%20du%20bellay%20deffence&f=false

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Doum’s chady momo sissoko

superbe articl morray

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Mus

Moi j’suis pas connus et c’est la grammaire générale, la poésie et la philo qui m’ont inspiré à produire ça entre autre. J’ai aimé Kalash (« j’parle comme un romanichelle »)

1. Vous parler à l’infinitif
2. Vous faire reconsidérer le verbe,
3. Au delà des conventions
4. Juste dire. Toi, comprendre tenter
5. Saint axe blasphémée. Autre grammaire
6. Autre logique. Désordre. Autre ordre
7. Générale : interroge le langage
8. Quoi ? vous. Écouter. Lire. La subir
9. Les mots comme des couleurs
10. Les voire les yeux fermés
11. Ouvrir des images cachées
12. Les voir s’embrasser, combinaison impossible
13. Séparer l’indivisible
14. le rendre visible
15. Rendre compact le séparé
16. Te dire tu sans prévenir
17. Au vers quatre m’en rendre compte au
18. Blanc. Oublier mon propos
19. A quel vers ?
20. Écrire, y revenir
21. Penser à la prose (une)
22. émralaM
23. Auteur du sonnet
24. Au deux sons revenants
25. Relire
26. Répondre à Dixneuf
27. Lui murmurer Quinze
28. Trouver. Poursuivre,
29. Développer, illustrer :
30. Te faire sentir l’odeur d’une couleur
31. Les représentations, le paradoxe
32. Jouer avec
33. Plaisir de le lire
34. Volupté vrai de l’écrire: poésie.

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Jiutsu

Article très interessant

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idrisssalam

Pour comprendre ou saisir ou décrire ou analyser ou…qe tu sois commentateur ou journaliste, « lève la tête et tu verras voler sa plume » car qi sera le mieux placé pour nous expliquer ses textes, et  » si tu vois pas cqil veut dire morray ferme ta gueule  » ..! Avec tout le respect qj’vous dois .. salam et longue vie b2o

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Mehdi

Superbe article, superbe analyse. Izi

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Bim

Bonsoir,

article sympa. Hâte d’être dans deux jours ( deux jours sacrément long pour le coup 😉 )
Bonne continuation.

Bim

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sun onesti

j’ai vraiment aimer l article du grand art !

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do’h !

La partie 3 est un peu en retard non ?
Me tarde de lire la suite, c’est super bien écrit ça offre une autre approche sur les textes de B2O .

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ThmsVsn

Je n’y vois pas de la fainéantise, simplement une manière de mieux faire percuter les mots sur l’instrumental, pour que la punchline frappe encore plus fort

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mohammed

خطير أنت يا « بوبا »

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christ

J’adore, j’adore, j’adore!! c tellement rare des articles d’une telle beauté sur cet artiste qu’est B2O, mais c surtout que c vrai quoi!

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dats

uesh c’est pour quand la partie trois ?

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JC

L’article est intéressant mais exagéré (ou est-ce du second degré !?!?).
Il n’y a pas de révolution de la langue française dans les textes de Booba.
Supprimer les déterminants pour donner plus d’impact aux mots, d’autres l’on fait bien avant lui.
On doit pouvoir trouver des dizaines d’exemples dans la musique autant que dans la littérature françaises (déjà Gainsbourg dans Marilou Reggae), si en plus c’est inspiré du nouchi, argot de Côte d’Ivoire, il n’y a vraiment rien d’innovant.

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J:C>

L’article est intéressant mais exagéré (ou est-ce du second degré !?!?).
Il n’y a pas de révolution de la langue française dans les textes de Booba.
Supprimer les déterminants pour donner plus d’impact aux mots, d’autres l’on fait bien avant lui.
On doit pouvoir trouver des dizaines d’exemples dans la musique autant que dans la littérature françaises, déjà dans Marilou Reggae de Gainsbourg…

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Mike

Qu’on aime cette manière d’écriture de Booba ou non, il faut surtout souligner que l’auteur de l’article a rédigé une très bonne analyse de sa technique d’écriture, ce qui est très rare quand il s’agit de Rap dans les médias grand public (voire de certains sites s’autoproclamant « spécialisés »), eux qui réduisent cette musique à de la sous-culture comme le dirait l’autre guignol de chroniqueur dont je tairais le nom (car je ne l’aime pas). Juste pour cela je lui dis Bon Job et j’attends le contenu de la partie 3.

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yaya

Je sais pas ce que t’as fumé mais j’en veux deux comme ça

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n10

Très bon article, je suis tombé dessus par hasard, alors que je suis sortis de ma phase b.2.o.b.a intense. Lire cette analyses lucide et prometteuse conforte ma vision de l’artiste. Je pensais aussi qu’il était définitivement bon avec la langue Française, et vous confirmer mes soupçons, mais vous savez l’écrire, le présenter avec fraîcheur et sans prétentions, mais avec fond.

Comme tout phénomène médiatique seul le temps donnera raison aux écrits sur le rappeur et au rappeur lui-même.
Mais l’effet du style et des paroles de Booba sur la jeunesse et les moins jeunes qui l’écoute n’est pas du tout négligeable et cantonné aux cours de récré.

La qualité de l’article m’a donné envie de lire la suite, et le blog! Beau boulot.

Salutations des Pays-Bas.

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A.K.A

À mon avis,je ne le vois pas bouger les bornes de la langue française,mais les bornes du rap français,oui. Ce rapeur évolu et assume vraiment,avant il parlait de la misère des quartier etc… Maintenant il trouve toujours de quoi écrire même en étant riche,il s’adapte à ça. Et puis ça m’a toujours étonné des voir des français dire que c’était mieux avant… etc… Comment voulez-vous que vos rapeurs ne puissent pas évolué,si vous écoutiez au moins le rap américains vous remarquerai que c’est le seul rapeur qui fait la fierté de la france, je parle du vrai rap. Moi je trouve encore innovant ça façon de faire des rimes à partir des mots qu’il renversse comme te-por ou ge-gor. Si aujourd’hui au congo nous écoutons les rap français c’est vraiment grâce à lui et ici il est comme un roi de rap français. pour moi les rap c’est comme l’art de la peinture parfois un tableau peut paraître vulgaire pour l’apprécier faut avoir un oeil artistique pour comprendre qu’on fond du tableau y a une idée artistique pas forcément un grand message.

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CBB

A noter que tout ce qui est dit dans cet article a été dit sur le site l’abcdrduson depuis plusieurs années
Moi je dis que un journaliste voulant parler de rap correctement, et en trouvant de bons axes pour son articles n’a qu’a lire l’abcdr et le forum …
Par contre l’abcdr n’avait pas non plus fais référence a cette façon de parler tres africaine,et surtout ivoirienne ( cf le nouchi) qui supprime les déterminants

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CBB

En fait booba en supprimant parfois les déterminants LE LA etc., dans ces phrases ne fait qu’utiliser une façon de parler tres courtant en Afrique francophone, et surtout en Cote d’Ivoire.

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tim

Article bien vu et bienvenue ! Oui, les auteurs de rap développent des choses intéressantes du point de vue du style, n’en déplaise à ceux qui ne peuvent se défaire de leurs a priori négatifs… Matisse disait qu’il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir.

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Masse critique

Je suis d’accord avec certains commentaires: on peut aimer le flow et l’imagerie lyricale de Booba, de là à faire en faire une montagne sur le fait qu’il laisse tomber certains déterminants, ça me paraît un peu exagéré. Tout au plus a-t-il « inventé » une forme de syllepse qu’il utilise à outrance, alors de là à parler de révolution de la langue française…
D’ailleurs, pour révolutionner quelque chose, il faut d’abord en comprendre les règles à la perfection. Or je n’ai pas l’impression qu’on puisse dire que Booba est un virtuose de la langue française. Observez bien toutes les phrases citées en exemple dans l’article: sujet, verbe, complément d’objet. Parfois un petit complément de lieu, pour faire bonne mesure, mais c’est à peu près tout. C’est quand même d’une pauvreté rhétorique assez effrayante, eu égard aux innombrables figures de style que la langue française offre à ses locuteurs. Et je ne parle même pas du vocabulaire.

Alors que les exemples de belles plumes dans le rap français ne manquent pas:

– Hamé : « A l’envol premier des éperviers / s’est avancé le printemps des bombardiers […] Il se peut que s’embrasent ruelles et caveaux de sable / pour qui veut la preuve qu’un char est cassable »

– Fabe : « Des mères-filles deviennent veuves quand s’abat la nuit / quand lame à la main, au nom de l’ami, la mort en veut à la vie »

– Shurik’n : « Les murs, témoins de l’étreinte plus brève que tendre / capturent son regard rêveur, seul remède contre la démence / Sorti par la fenêtre, un cri sans bruit hante les rues sans vie / Sorti par la fenêtre, un cri court dans la nuit »

– et bien d’autres : Akhenaton, Rocé, La Rumeur, Oxmo, etc…

Alors je concède bien volontiers que Booba a un certain talent et que ses textes plairont à certains. Mais chantez ses louanges en vantant ses dons d’écriture, je trouve ça un peu surfait.

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Chew

-Al : « Le drame de la France, ce n’est pas J.-M. Le Pen, c’est l’ombre des blagues d’Hortefeux qui plane sur ses plaines. »

-Casey : « Sonne le gong, car mon gang gronde/j’ai la langue crade, donc c’est la pente raide pour les grandes ondes/mon crâne reste la centrale de la gangrène, puisque la douane contrôle les rimes sur la bande son… »

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Blackie

Si vous voulez de la richesse lyricale, écoutez Temps mort, vous savez son premier album solo

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Jowow

C’est pas parce’que des rappeurs utilisent des «beaux» mots qu’utilisaient les poètes qu’ils sont meilleurs lyricalement. Je suis sur que tu ne comprendras pas la moitié du vocabulaire de booba tellement il utilise de l’argot particulier.

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Caelestis Genetic

Il ecrit comme moi Booba, c’est bizarre, ou du moins on ecrit de la meme facon, et l’article, wow, c’est d’la poesie, dommage que ce soit ecit en tout petit ca m’a donne mal a la tete!

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brams vegas

exellent article, booba est décrit comme un poéte par la nouvelle revue française,incroyable pour un rappeur:
« Booba a ainsi d’ailleurs été sacré par Thomas Ravier, un auteur de la Nouvelle Revue Française dans un article qui l’érige au rang d’écrivain, le comparant à Celine ou Antonin Artaud. »

IZI

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Masse critique

Faudrait lui faire écrire un livre, pour voir. Ce serait marrant mais Thomas Ravier risque d’être très déçu…

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Blackie

Demande à un poisson rouge de grimper aux arbres pendant que t’y es…

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Jowow

Je ne doute pas qu’un livre de booba serait mieux écrit qu’un texte de rap d’Antonin Artaud

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mauvais oeil

je vois pas pourquoi on parle d’innovation ou de grammaire du futur, le rap depuis sa création a toujours été un flow « anticonformiste » que ce soit dans la façon d’écrire, les thèmes abordés ou la façon de chanter. l’habitude d’avaler ou d’éliminer certains mots inutiles dans les raps n’est pas né avec B2o. Je pense qu’il est est un peu exagéré cet article mais bon B2o a du succès qui ne voudrait pas s’intéresser à lui?

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Belgarion

Bon article, il serait intéressant d’avoir l’avis de Booba sur la question.

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Yhs

c’est tres bien écrit, j’aime cette manière d’analyser le « Rap »…ça aussi c’est une révolution….c’est un travail d’orfèvre**bravo**

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hassanito

Carameeeeeeel mmmm

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thib

« Les poètes n’ont jamais été faits pour subir la loi des grammairiens, mais pour imposer la leur ». Bref, un peu ridicule tout de même cet article, cette « innovation » de Booba est certes intéressante mais ne méritait pas, à elle seule, autant de lignes.

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Ayeni

Le style du journaliste est original ! L’analyse de la syntaxe française confronté à l’usage que fait booba de la langue est pertinent. Je pense que le jouranliste pointe du doigt, à raison, la collaboration avec rick ross, et plus généralement l’influence qu’exercent les Etats-Unis sur l’artiste, car elles sont à mon sens à l’origine de la suppression de ce déterminant : l’habitude de parler anglais m’a presque empêché de remarquer la suppression du déterminant à l’écoute de Futur !

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simplice ebata

Trop fort le bonhomme, il devrait faire des plateaux télé pour parler de ce genre de chose c’est a dire la musique et non pas parler de trucs stupide

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Virgile

C’est juste super bien écrit. Félicitations !

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Chew

Ouais, l’article est bon.
Après, je trouve que c’est lui faire bcp trop d’honneur. Où l’auteur y voit une révolution de la langue, j’y vois plutôt de la fainéantise: Question de point de vue.

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La faucheuse

Ecrire « bcp » comme ça c’est de la fainéantise! Produire des textes de qualité en revanche c’est une autre paire de manches! Voyons si t’es pas manchot! Produit des albums fait toi connaître au lieu de vilipender bêtement derrière ton écran de pc…

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Chew

Pourquoi forcément des albums?
Passe-moi ton mail, je t’envoie certains de mes articles. Tu me donneras ton avis.

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Mr_Mechant

On dit « devant ton écran de pc », pas « derrière », car derrière il aurait beaucoup de mal à voir ce qu’il tape… >_>

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Momo

Bravo au journaliste c’est tres tres bien ècrit!!!!!!!!¡!¡!

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last_move

tres bon article, etant un grand passionné de rap et surtout de plume, je trouve que booba est l’un des tous meileurs « lyriciste » (du mot anglais Lyrics), il a reinventé la punchline a la francaise (sur mauvais oeil, temps mort).
« le Rap­peur, en plus de se cher­cher un bon flow, essaie d’écrire des pun­chlines. « Lignes coup de poing ». Une pun­chline, c’est ce genre de phases, de phrases, qu’on retient dès la pre­mière écoute. », les rappeurs peuvent faire des morceaux supers bien ecrit sans punchline, un rappeur ne cherche pas forcement a faire des punchlines…
D’ailleurs concernat « Futur », booba s’y attarde bcp trop en repetant trop souvant le meme style de punchline ego-trip, qui n’est pas souvent efficace, et qui rendent cet album moins bon lyricalement…
tout ca pour dire qu’outre la grammaire, rien de bien « folichon » dans cet album.
« la vie ca fait mal dès que ça commence pour ça qu’on pleure tous à la naissance », booba Temps mort.

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pacaddict

Ca fait un peu novlangue quand même, pas sûr qu’on y gagne…

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sawya

Super article, hâte de lire la suite !

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