International Le 29 juillet 2013

Noam Chomsky et la question du nucléaire iranien

4
4
Noam Chomsky et la question du nucléaire iranien

Noam Chomsky (© Tristan Irschlinger/Jet d’Encre)

 

Vendredi 26 juillet 2013, salle comble au Club suisse de la presse à Genève. Les journalistes helvétiques et internationaux se sont déplacés en masse pour accueillir celui dont nul ne peut contester le statut de figure intellectuelle majeure de notre époque. Illustre linguiste et professeur émérite au MIT, Noam Chomsky est aussi connu pour son parcours intellectuel engagé. Ce fervent défenseur de la liberté d’expression, à la fois idolâtré et haï, a toujours été mu par une volonté farouche de s’affranchir de la pensée dominante. C’est précisément cet esprit émancipateur qui l’a poussé à prendre fermement position dans le débat public, depuis les années soixante, en s’insurgeant avec constance contre la propagande médiatique et l’impérialisme sous toutes ses formes. À l’image de son œuvre bicéphale, après avoir endossé la casquette du linguiste la veille à l’Université de Genève, Chomsky s’est adressé vendredi passé au parterre de journalistes en sa qualité d’analyste des affaires internationales.

L’homme qui fêtera bientôt ses quatre-vingt-cinq printemps n’a éludé aucune question. Du conflit israélo-palestinien à la Syrie, en passant par l’affaire Snowden, tous les dossiers brûlants de l’actualité politique internationale ont été passés au crible. Parmi le florilège de sujets traités, l’un d’entre eux n’a pas manqué de retenir tout particulièrement notre attention: la question iranienne. Et pour cause, il y a de cela près d’un an, nous vous proposions sur jetdencre.ch une série de six articles, intitulée “Qui a peur de l’Homme perse?”, visant à déconstruire la psychose politico-médiatique autour du nucléaire iranien.

Partie 1: Introduction
Partie 2: Rétablir une certaine vérité
Partie 3: Non-aligné mais pas fou à lier
Partie 4: Vers un équilibre de la terreur au Moyen-Orient?
Partie 5: La théorie des dominos mise à mal
Partie 6: Quand les remèdes aggravent les maux

À bien des égards, l’intervention de Noam Chomsky au sujet de l’atome perse entre en résonance avec les arguments développés dans le cadre de nos écrits. L’opposition à une vision simpliste, manichéenne et diabolisatrice de la République islamique d’Iran véhiculée par la plupart des politiciens et des médias, ainsi que la construction d’une analyse exempte de préjugés et libérée de certaines idées reçues erronées – telles que l’existence prétendue d’un programme nucléaire de nature militaire et belliqueuse en Iran ou encore l’irrationalité présumée des dirigeants iraniens – constituent autant de points de convergence entre la série d’articles publiée sur jetdencre.ch et l’exposé de Chomsky. C’est pourquoi, nous voudrions ici vous proposer la lecture de ce dernier, en vous offrant sa retranscription ainsi que sa traduction en langue française.

 

Extrait de la conférence de presse de Noam Chomsky, “USA, Iran, Israël et le monde arabe: où en sommes-nous?”, le vendredi 26 juillet 2013 à Genève.

“La plus grande menace pour la paix mondiale” [selon la presse et la classe politique en général] est le programme nucléaire de l’Iran. Les implications deviennent claires lorsqu’on considère les moyens les plus évidents pour appréhender cette soi-disant “menace la plus grave pour la paix mondiale” et le destin que ceux-ci ont connu jusqu’ici (nous allons y revenir). Mais avant cela, il est utile de se poser quelques questions.

Qui perçoit la menace comme étant d’une importance cosmique? Et quelle est supposée être la menace? Malheureusement, ces questions sont rarement abordées, du moins dans les médias, bien qu’elles soient évidemment cruciales. Elles ont pourtant des réponses simples. La menace est avant tout une obsession occidentale, celle des États-Unis et leurs alliés. Les pays non-alignés, lesquels représentent bien entendu la majeure partie du monde, ont vigoureusement soutenu le droit de l’Iran à enrichir l’uranium en vertu du régime de non-prolifération.

Dans le monde arabe, l’Iran n’est généralement pas apprécié – comme régulièrement démontré par des études d’opinion –, mais il n’est pas perçu comme une menace. Ce sont plutôt les États-Unis et Israël qui sont perçus comme une sérieuse menace par la population, et cela dans une très large mesure, ce que les sondages ont continuellement indiqué pendant de nombreuses années.

Toutefois, dans le discours occidental, il est communément avancé que les arabes soutiennent la position étasunienne vis-à-vis de l’Iran, mais il est important de garder en tête que cela ne concerne pas les populations, mais les dictateurs. En effet, ce sont les dictateurs, les États pétroliers, qui expriment leur soutien à la politique américaine. Les populations, elles, sont considérées comme une sorte de désagrément sans importance. Ainsi, on dit que les arabes apportent leur soutien, ce qui signifie en fait les dictateurs.

De même, il est relativement commun d’entendre parler de “la confrontation entre la communauté internationale et l’Iran” (je me réfère ici à la littérature académique actuelle). En l’espèce, l’expression “communauté internationale” a en quelque sorte une signification spéciale. Elle fait ici référence aux États-Unis et quiconque s’avère actuellement entretenir de bonnes relations avec eux. C’est ça la “communauté internationale”. Dans ce cas, il se trouve que c’est une petite minorité des pays du monde, et des peuples du monde, mais évidemment si on pondère les postures politiques en fonction du pouvoir, cela devient rapidement une majorité. Voilà pour ceux qui pensent qu’il s’agit d’une menace.

Prochaine question: quelle est la menace perçue? Il y a une réponse censée faire autorité. Elle est donnée par le Pentagone et le renseignement américain. Ceux-ci font régulièrement des présentations au Congrès, des rapports annuels à propos de la situation sécuritaire globale, et bien sûr ils couvrent l’Iran. On peut les lire sur Internet. Ils concluent que l’Iran ne représente pas une menace militaire. Ses dépenses militaires sont très faibles, même par rapport aux standards de la région, et bien entendu minuscules comparées à celles des États-Unis. Il ne détient qu’une capacité très limitée à déployer des forces militaires. Il a certes une doctrine stratégique, mais celle-ci est défensive. Elle est conçue pour dissuader une invasion suffisamment longtemps pour que la diplomatie puisse s’enclencher.

Qu’en est-il des armes nucléaires? La communauté du renseignement américain affirme ne posséder aucune preuve que l’Iran développe des armes nucléaires. Et elle estime que même si tel était le cas, cela ferait partie de sa stratégie de dissuasion défensive. Aucune personne rationnelle ne peut penser que l’Iran utiliserait l’arme nucléaire ou même l’opérationaliserait; le pays serait annihilé.

Il est difficile d’imaginer un pays, dans le monde entier, ayant davantage besoin d’un moyen de dissuasion que l’Iran. L’Iran a été tourmenté par l’Occident – les États-Unis et la Royaume-Uni – sans répit, sans le moindre jour de répit, depuis 1953 lorsque les USA et le Royaume-Uni renversèrent le régime parlementaire et installèrent le Shah au pouvoir. Cela continua d’abord sous le régime brutal du Shah, et ensuite avec l’agression meurtrière de Saddam Hussein, qui fut quasi immédiatement soutenue par l’Occident – les États-Unis et d’autres États occidentaux. En fait, c’est dans une large mesure l’intervention américaine jusqu’en 1987 qui induisit l’Iran à la capitulation. Et rapidement après, le président entrant, le président George Bush numéro un, invita des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis pour un entraînement de pointe en matière de production d’armement atomique. Cela représente une menace extraordinaire pour l’Iran, surtout si l’on pense à ce qu’il venait de se produire.

L’Irak devint très vite un ennemi, mais entre-temps l’Iran faisait l’objet de sévères sanctions, s’intensifiant à l’initiative des États-Unis jusqu’à aujourd’hui, et s’appliquant également aux pays tiers en cas de violation des sanctions étasuniennes. L’Iran est constamment et assez ouvertement menacé d’une attaque militaire, et c’est précisément là la signification de l’expression “toutes les options sont ouvertes”. Cela constitue une menace d’attaque, et elle s’avère être en violation de la Charte de l’ONU, mais c’est en quelque sorte considéré comme sans importance.

Il est néanmoins compréhensible que les USA et Israël perçoivent un moyen de dissuasion iranien comme une menace, une menace intolérable. Cela limiterait en effet leur aptitude à contrôler la région, par la violence si nécessaire, comme souvent auparavant, et c’est là l’essence de la menace iranienne telle qu’elle est perçue.

Il est indéniable que le régime clérical soit une menace pour son propre peuple; on peut difficilement le mettre en doute. Mais il est malheureusement loin d’être le seul. Cependant, croire que la répression interne est une préoccupation importante, ou une préoccupation tout court, pour les grandes puissances irait bien au-delà de la naïveté.

Quoiqu’on pense de la menace, la prochaine question est la suivante : existe-t-il des manières de l’atténuer? Et oui, il en existe un bon nombre. La manière la plus significative et raisonnable serait d’établir une zone exempte d’armes nucléaires dans la région. Ceci est fortement préconisé par le mouvement des non-alignés (en particulier par les États arabes, notamment l’Égypte, lesquels ont été en tête de file pendant des années en avançant cette option) et en fait par la plupart des pays du monde.

Les États-Unis et leurs alliés affichent un soutien formel envers cette option-là, mais se sont montrés très peu coopératifs, ce qui est particulièrement flagrant en ce moment. Sous l’égide du traité de non-prolifération, une conférence internationale devait être tenue en décembre dernier en Finlande pour faire avancer de tels plans, mais Israël refusa d’y participer. Une question se posait alors : l’Iran y participerait-il? Au début du mois de novembre, l’Iran surprit beaucoup de monde en acceptant d’y participer sans préconditions. Mais les États-Unis annoncèrent rapidement que la conférence était annulée, en fournissant des raisons qui étaient celles d’Israël. “La conférence, déclara Washington, est prématurée tant qu’il n’existe pas d’arrangement sécuritaire régional”. Les États arabes, la Russie et le Parlement européen ont appelé au renouvellement immédiat de l’initiative, mais sans les États-Unis, rien, rien n’est possible.

Les détails à propos de tout cela sont obscurs. On n’a pas de preuves documentées, et il n’y a pas eu d’investigation aux États-Unis. Vous pouvez me dire ce qu’il en a été ici [s’adressant aux journalistes et au public]. Aux États-Unis, la presse n’a pas investigué. En fait, elle n’a pas rapporté ne serait-ce qu’un seul mot à propos de tout ça – silencieuse –, de sorte que la population en sache quelque chose. Remarquez d’ailleurs que c’est l’effort le plus raisonnable et en fait pragmatique pour appréhender ce que la presse elle-même décrit comme “la menace la plus grave pour la paix mondiale”. Littéralement, pas un seul mot.

Mais certaines choses sont plutôt claires. Une chose qui est certaine est que les États arabes et d’autres ont appelé à des actions en vue d’immédiatement éliminer les armes de destruction massive, et ce en tant qu’étape sur le chemin de la sécurité régionale. Mais les États-Unis et Israël, eux, renversent le processus, et exigent d’abord une sécurité régionale, c’est-à-dire la sécurité pour Israël, comme prérequis à l’élimination de ces armes. Il y a donc une impasse. En toile de fond réside le fait qu’Israël soit le seul État à avoir un système d’armes nucléaires avancé dans la région et soit le seul à refuser de rejoindre le Traité de non-prolifération avec l’Inde et le Pakistan, lesquels bénéficient également du soutien américain en ce qui concerne leurs arsenaux nucléaires.

Le lien entre le conflit israélo-palestinien et “la menace la plus grave pour la paix mondiale” est donc plutôt clair: aussi longtemps que les États-Unis et Israël persistent à bloquer un règlement diplomatique du conflit israélo-palestinien – le consensus international sur une solution à deux États –, tant que c’est bloqué, il n’y aura pas d’arrangements sécuritaires régionaux, et donc aucun pas vers l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires, qui atténuerait, voire même éliminerait, ce que les États-Unis et Israël affirment être “la plus grande menace pour la paix mondiale”. Le lien est donc plutôt clair et explicite.

Il faut également noter qu’avec le Royaume-Uni, les États-Unis ont une responsabilité particulière de consacrer des efforts en vue d’établir une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient. La raison en est que lorsque les États-Unis et le Royaume-Uni planifiaient d’envahir l’Irak, ils essayèrent de fournir une fine couverture légale à cela. Et cette couverture légale consistait en une résolution du Conseil de sécurité, la résolution 687 de 1991, qui exhortait l’Irak à éliminer son programme d’armes de destruction massive. Ne nous inquiétons pas ici de ce qu’il est advenu de cette requête. Mais si l’on s’intéresse à la résolution 687, elle contient un autre paragraphe, le paragraphe n°14. Ce dernier en appelle à des “étapes sur la voie de l’établissement au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes de destruction massive”. Ce simple fait oblige les USA et le Royaume-Uni, encore plus que tout autre État, à entreprendre sérieusement cette initiative. Mais évidemment, de telles considérations sont totalement balayées du panorama médiatique et académique où que ce soit.


 

Extract from the press conference of Noam Chomsky, “USA, Iran, Israel and the Arab World: Where are we?”, Friday, July 26th, 2013 in Geneva.

“The greatest threat to world peace” [according to the press and the political class in general] is Iran’s nuclear programs. The implications become clear when we consider the most obvious ways to deal with the alleged gravest threat to world peace, and their fate so far (I will come back to that in a moment). But before doing so, it is useful to ask a couple of questions.

Who regards the threat has of cosmic importance? And what’s the threat suppose to be? Unfortunately, those questions are rarely asked, in the media at least, but they are obviously critical. And they all have simple answers. The threat is overwhelmingly a Western obsession (the United States and its allies). The non-aligned countries, which are of course most of the world, have vigorously supported Iran’s right to enrich uranium as a sign of the non-proliferation regime.

In the Arab world, Iran is generally disliked – regular polls show that consistently –, but it is not perceived as a threat. Rather, it’s the United States and Israel that are perceived as a serious threat by the population, that is by very large margins, as consistently shown in polls for many years.

Now, in Western discourse, it is commonly claimed that the Arabs support the US position regarding Iran, but it is important to bear in mind that the reference is not to the populations, it’s to the dictators. And the dictators, the oil-states, they do voice support for the US policy. The populations are considered a kind of an irrelevant annoyance, so we say the Arabs support, meaning the dictators.

Also, quite standard is the reference to “the stand-off between the international community and Iran” (I am quoting from the current scholarly literature). Here, the phrase “international community” has a kind of special meaning. It refers to the United States and whoever happens to be going along with it for the moment. That’s the “international community”. In this case, it happens to be a small minority of the countries of the world and the people of the world, but of course if you weight political stands by power, it quickly becomes a majority. That’s who thinks it’s a threat.

Next question is: what is the perceived threat? There is an authoritative answer to that. It’s given by the Pentagon and the US intelligence. They give regular presentations to Congress, annual presentations on the global security situation – of course, they cover Iran. You can read them on the Internet. They conclude that Iran is not a military threat. It has very low military expenditures, even by the standards of the region, of course minuscule as compared to the United States. And it has very limited capacity to deploy force. It has a strategic doctrine, but the strategic doctrine is defensive. It’s designed to deter an invasion long enough for diplomacy to begin.

What about the nuclear weapons? The US intelligence community reports that they have no evidence that Iran is developing nuclear weapons. But they say that if it is, that would be part of their deterrent strategy. No one rational thinks that Iran would ever use a nuclear weapon or even arm one; the country would be vaporized.

It’s hard to think of a country in the entire world that needs a deterrent more than Iran does. Iran has been tormented by the West – the United States and Britain – without respite, without a single day’s respite since 1953 when the US and Britain overthrew the parliamentary regime and installed the Shah. First, this continued under the brutal regime of the Shah, and then under a murderous attack by Saddam Hussein, almost immediately with Western support – US and other Western support. In fact, it was largely US intervention by 1987 that induced Iran to capitulate. And shortly after that, the incoming President, President George Bush number one, invited Iraqi nuclear engineers to the United States for advanced training in nuclear weapons production. It’s an extraordinary threat to Iran, if you think of what had just happened.

Iraq of course soon became an enemy, but meanwhile Iran was subjected to harsh sanctions, intensifying under US initiative up to the present. Also, third countries sanctions, so other countries are sanctioned if they violate the US sanctions. Iran is constantly subjected to the threat of military attack, quite openly, and that’s the meaning of the phrase “all options are open”. That’s a threat of attack, and that happens to be in violation of the UN Charter, but that’s kind of considered irrelevant.

It’s nevertheless understandable that the US and Israel would regard an Iranian deterrent as a threat, an intolerable threat. It would limit their ability to control the region, by violence if necessary, as they often used. And that’s the essence of the perceived Iranian threat.

That the clerical regime is undoubtedly a threat to its own people, that’s hardly in doubt. But regrettably, it is very far from alone in that regard. However, it goes well beyond naiveté to believe that its internal repression is much of a concern, if any, to the great powers.

Whatever one thinks of the threat, next question is: are there ways to mitigate it? And, yes, there is a fair number of ways you can think of to mitigate the threat. The most significant and the most reasonable would be to move towards establishing a nuclear-weapons-free zone in the region. That’s strongly advocated by the non-aligned movement, particularly by the Arab states, which have been in the lead for years, especially Egypt, and advancing this option, and in fact by most of the world.

The United States and its allies do voice formal support for this, but they have hardly been cooperative, and that’s very clear right now in fact. Under the authority of the non-proliferation treaty, there was to be an international conference last December in Finland to carry forward such plans that Israel refused to attend. The question was: would Iran attend? In early November, Iran surprised a lot of people by agreeing to attend without preconditions. The United States quickly announced that the conference was cancelled, and it provided reasons, namely Israel’s reasons. “The conference, it said, is premature until there is a regional security agreement.” The Arab states, Russia, the European Parliament called for an immediate renewal of the initiative, but without the United States, nothing, nothing is possible.

Details about all of this are murky. We don’t have documentary evidence, and there has been no inquiry in the United States. You can tell me about that here. In the United States, the press has not inquired. In fact, it has not reported a single word about all of this, silent, so the population knows anything. And notice that this is the most reasonable and indeed practical effort to address what the press describes as “the gravest threat to world peace”. Literally, not a single word.

But some things are pretty clear. One thing that is clear is that the Arab states and others have called for moves to eliminate weapons of mass destruction immediately as a step towards regional security. The United States and Israel reverse the process, and demand regional security, which means security for Israel, as a prerequisite to eliminating such weapons, so there is an impasse. In the not very remote background of course is the understanding that Israel has an advanced nuclear weapon system alone in the region and is alone in refusing to join the non-proliferation treaty along with India and Pakistan, which also have US support for their nuclear arsenals.

The connection of the Israel-Palestine conflict to “the gravest threat to world peace” is therefore quite clear: as long as the United States and Israel persist in blocking a diplomatic settlement of the Israel-Palestine conflict – the international consensus on a two-state settlement –, as long as that’s blocked, there would be no regional security arrangements, and therefore no steps towards establishing a nuclear-weapons-free zone, which would be mitigating and perhaps ending what the US and Israel claim to be “the greatest threat to world peace”. So the connection is quite clear and explicit.

It should also be noted that along with Britain, the United States has a special responsibility to devote efforts to establishing a Middle East nuclear-weapons-free zone. The reason is that when the US and Britain were planning to invade Iraq, they tried to provide a kind of a thin legal cover for it. And the legal cover was a reference to a Security Council resolution, resolution 687 of 1991, which called on Iraq to eliminate its programs of weapons of mass destruction. We don’t have to worry about the fate of that plea. But if you look at resolution 687, it has another paragraph, paragraph 14th. It calls for “steps towards the goal of establishing in the Middle East a zone free from weapons of mass destruction”. That alone obligates the US and Britain, even more than others, to undertake this initiative seriously. But of course this is totally wiped out of commentary media and scholarship anywhere.

Commentaires

image-user

Victor Santos Rodriguez

Salut Arkan, C'est vraiment sympa de ta part! Très heureux de constater que ce travail en intéresse plus d'un.…

Lire la suite
image-user

Victor Santos Rodriguez

Chère Dana, Merci infiniment pour vos gentils mots! Ils nous remplissent de motivation pour continuer! Bien à vous.

Lire la suite
image-user

Arkan

fantastique travail, merci mille fois!

Lire la suite

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *
Jet d'Encre vous prie d'inscrire vos commentaires dans un esprit de dialogue et les limites du respect de chacun. Merci.

image-user

Arkan

fantastique travail, merci mille fois!

Répondre
image-user

Victor Santos Rodriguez

Salut Arkan,
C’est vraiment sympa de ta part! Très heureux de constater que ce travail en intéresse plus d’un.
J’espère que Jet d’Encre aura bientôt la chance de publier un de tes articles 😉
Excellente continuation.

Répondre
image-user

Dana Ferrer

Quel travail monstre! Merci aux gardiens genevois du savoir 😉

Répondre
image-user

Victor Santos Rodriguez

Chère Dana,
Merci infiniment pour vos gentils mots! Ils nous remplissent de motivation pour continuer!
Bien à vous.

Répondre